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 [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.

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MessageSujet: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Mar 04 Nov 2008, 14:50

Une journée grise et froide, comme depuis qu'elle avait posé le pied dans ces maudites montagnes. D'abord, un relief escarpé, des pentes impraticables, des chutes de neiges... puis des trolls, des avicaras et des nains ! Elle était épuisée, et sans le soutient moral de son compagnon à quatre pattes, elle se serait certainement laissé tomber dans la neige, pour que le froid gèle ses blessures et tout son corps.
Il lui tardait que cette année s'achève. 1078. Aussi désespérante que toutes les années précédentes. Sauf celles où elle était enfant, avec ses parents, ses frères et soeurs et ses amies. Mais voilà, elle était la plus petite de la famille, la cadette. Ses aînés étaient tous devenus des réguliers de l'armée d'Ascalon, et s'étaient tous fait tués sur le chemin d'une nouvelle affectation. Peu après, ses parents s'étaient suicidés, ensembles, plaidant le fait d'avoir tout perdu. Mais ils n'avaient pas tout perdu, ils avaient encore la petite Maelynn, désormais seule dans un monde bien dangereux. Heureusement elle a pu compter sur le meilleur ami de son père, un vieillard un peu croulant du nom de Vareck. Jamais marié, la vie de cet homme se résumait à élever des orphelins de la guerre des guildes. Il est mort dans la fournaise, un immense météore ayant écrasé sa maison comme un vulgaire insecte. Maelynn était loin de la cité ce jour là. Elle était dans une caserne de recrues, à Rin. Vareck lui avait donné une épaisse armure de guerrière, gravé du nom d'une de ses anciennes « filles ».

Le froid était vraiment mordant. Elle décida de s'arrêter sous une cavité rocheuse, pour s'y blottir avec son félin et retrouver des forces. Son armure était lacérée dans le dos, et si elle devait en croire les lancements qu'elle éprouvait, sa peau devait l'être aussi. Les avant bras de fourrure aussi étaient bien entamés. Il faut dire que depuis que son bouclier avait été pulvérisé en milles morceaux par le bras énorme d'un Troll, elle se défendait comme elle pouvait. Cette armure, avec son félin, était tout ce qui dirigeait sa vie. En effet, elle avait décidé de quitter sa terre natale pour retrouver la première propriétaire de celle ci. Maeglynn Valandril. Pourquoi ? Elle ne le savait pas trop. Un espoir fou que le fait d'avoir deux prénoms si proches et d'avoir partagé une page d'histoire commune rapprocherait peut être les deux jeunes filles... jeune fille, cette Maeglynn ne devait plus vraiment l'être désormais. Mais que faire d'autre, vers qui d'autre se tourner ? Quand elle parlait de Valandril à Ascalon, on lui disait d'aller voir ailleurs. Certains prétendaient que c'était une famille d'explorateurs héroïques, véritables légendes de guerre. D'autre disaient que c'étaient des traitres qui avaient fuit le combat en compagnie de Rurik, il y a quelques années.
Elle voulait aller en Kryte, pour quitter la Tyrie. Et l'inévitable étape restait les Cimefroides, qu'elle avait choisit de traverser seule.
Et maintenant, elle ne se faisait plus aucun espoir, elle allait sans doutes mourir avant l'Arche du Lion.

Un bruit d'acier la tira de sa torpeur. Courbaturée, elle se leva et sortit de sa cachette. De la hauteur où elle était, elle identifia vite l'origine du fracas. Un homme grand aux cheveux longs croisait le fer et le feu avec une patrouille du Sommet de Pierre. Il semblait peiner à chaque mouvement, mais il avait visiblement un très haut niveau de bretteur. Le fer et le feu... son arme... une épée incendiaire, comme celle qui équipe les gardes de la famille royale d'Ascalon ! Un compatriote !
Hache en main, elle accouru pour lui venir en aide, mais une faiblesse dans ses jambes engourdies lui fit dévaler la pente comme une grosse boule de neige.

Quand elle rouvrit les yeux, l'homme était penché sur elle. Il lui posa une série de questions sur sa santé et son état, d'où elle venait et où elle allait. Il n'attendait même pas les réponses pour enchainer. Il la ramena dans sa petite grotte, où il soigna sommairement la blessure qu'elle avait dans le dos. Sa respiration était difficile, et son visage était entaillé par endroits. Il était en panique, ne s'arrêtant jamais de parler ou de bouger, jonglant avec toutes les fioles et petites boites accrochées à ses différentes ceintures. Tantôt il en buvait une, tantôt il en étalait le contenu sur la jeune peau meurtrie de Maelynn. Puis, il stoppa, net. Ne bougeant plus, ne parlant plus, ne respirant plus, il avait l'oreille tournée vers l'extérieur. Il prit la main de Maelynn et lui murmura :


« -Je ne pas rester ici, je ne peux pas vous emmener, je ne peux pas vous donner un de mes onguents ou il vous tuera. Il est devenu fou. Vous devriez vous en tirer, j'aurais aimé pouvoir passer plus de temps à soigner un si beau visage. »
Puis plus rien. Il était partit comme une rafale de vent.

Elle ne savait même pas si elle devait croire ce qu'elle venait de vivre ou mettre tout sur le compte d'une hallucination. Non, c'était la réalité, elle se sentait mieux. Et surtout, une immense silhouette se tenait à l'entrée de sa grotte. Dans un bruit métallique, l'individu s'approcha pour pencher une tête casquée sur elle. De ses gantelets d'acier, il la releva sans ménagement.


« -Qui es tu ? Tu as vu un homme passer par ici ? Bien sur que tu l'as vu ! Il n'a même pas effacé ses traces de pas ! Où est il allé ?! OU EST IL ALLÉ ??! »

Elle n'eut pas le temps de répondre, elle chuta à nouveau. L'homme se débattait violemment. Le félin de Maelynn l'aurait sans doutes déchiqueté si il n'avait pas cette impénétrable armure. Le colosse finit par jeter la bête sur un rocher et, sans attendre qu'elle se remette, lui ouvrit le ventre d'un revers de son immense épée. En larmes, Maelynn n'eut que le temps d'émettre un « non » étouffé avant de recevoir un immense coup de pied dans l'abdomen. La brute la prit par le col, et la souleva. Elle vit son visage, son casque s'était brisé dans la bataille. Comment un jeune homme si beau, au visage si doux, put lui enfoncer son épée dans le ventre jusqu'à ce que toute sa moitié apparaisse de l'autre côté, noire de sang et la retirer aussitôt pour s'enfuir en courant ?

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Sam 15 Nov 2008, 23:51

Une douce chaleur lui caressait le visage. Ses sens lui revinrent. Elle était couverte par une fourrure épaisse, mais allongée sur un parquet peu confortable. Elle ouvrit les yeux pour contempler la pièce dans laquelle elle se trouvait. La chaleur venait d'une cheminée massive mais au foyer très près du sol. Elle était chez un nain. Une silhouette s'approcha d'elle, une silhouette de petite taille, mais très fine. C'était une jeune femme, comme elle, visiblement d'origine canthienne.

"Ca va bien ? Vous pouvez parler ?"

Après un moment de concentration, Maelynn pu répondre.

"-J'ai mal... j'ai... j'ai terriblement mal...
-Oui. Ne vous inquiétez pas, c'est normal. Enfin, normal, je me comprend. Vous avez eu une chance inouïe, je suis passé juste après votre agression, et j'ai pu arrêter votre hémorragie à temps. Vous n'avez aucune fractures, et mes prières ont remis votre nuque à neuf ! Hélas, votre blessure au ventre est impressionnante. J'ai du faire quérir un collègue qui a plus d'expérience dans la guérison... Votre armure est fichue. Pardon, je ne me suis pas présentée ! Je m'appelle Anthéa. Vous êtes... Ma...Maequelque chose Valandril ? Excusez moi mais l'inscription sur votre haubert est presque illisible...
"

Maelynn mit un moment à répondre. Elle du se remémorer son agression et se ressasser tout ce que venez de lui dire la moniale.

"-Je m'appelle Maelynn. Je n'ai pas de nom, cette armure ne m'appartenait pas.
-Elle appartenait sans doutes à la femme de celui qui vous a agressé ?
-N... Non... Enfin... je ne sais pas... je ne sais pas...
-Je comprend, vous êtes encore sous le choc, c'est naturel. Je ne me suis encore jamais fait agressée par un nain de 2mètres, moi !
"

Voyons que son trait d'humour n'avait qu'un effet négatif sur la convalescente, Anthéa entreprit de vérifier l'état de sa blessure. La dénudant lentement de sa couverture, elle lui ôta l'énorme bandage qui lui ceinturait l'abdomen pour dévoiler une cicatrice aussi longue que profonde.

"Bon. Ça a l'air d'aller. Il faudrait que vous vous retourniez maintenant."

La moniale grimaça à la pensée de la douleur qu'a du causer cette immense lame glacée déchirant le corps de part en part. Puis elle remit Maelynn dans une position confortable pour lui poser une question qui lui brûlait les lèvres.

"-L'homme -car nous l'avons vu s'enfuir, moi et ma patrouille- qui vous a agressé, était il de la famille de cette Valandril ?
-Comment pourrais je le savoir ? Je n'ai rien vu venir...
-Pardon... que vous est il arrivé exactement ?
-Ce n'est pas ce colosse qui m'a massacrée, ce sont les nains. L'humain n'a fait que m'achever... si je peux dire... j'ai voulu aider quelqu'un dont j'ai croisé la route... mais c'est finalement lui qui est venu à mon aide. Très sommairement. Il était très pressé, comme si il avait la mort aux trousses, ou un rendez vous avec le salut.
-Il aurait pu rester un peu plus...
-En tout cas je n'avais jamais vu cet homme. Ni celui qui m'a agressé. Il portait un casque, mais il a été brisé par... Mon animal... Où est il ? Où est mon félin ?
"

La respiration de Maelynn s'accéléra et elle entra en sueur. Elle connaissait bien la réponse.

"-Calmez vous ou vous allez tomber dans l'inconscience à nouveau ! lui ordonna la moniale en appliquant une main sur son front bouillant. Écoutez... je vous aiderais à retrouver votre agresseur, je vais contacter des amis, j'ai un frère très influent et il faut que cette brute réponde devant la justice. On a récupéré son casque et on sait où il va. Ne cherchez pas à me remercier, je n'ai d'autre à faire en ce moment..."

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Dim 16 Nov 2008, 16:15

Quatre jours s'étaient écoulés depuis sa blessure, mais elle continuait de la faire souffrir, malgré les bons soins des moines. Maelynn progressait donc en queue de colonne, se tenant le ventre en grimaçant. Devant elle, le petit groupe d'Anhtéa avançait prudemment, de crainte de réveiller la "ruche". Ils venaient d'essuyer un assaut surprise de la part des féroces Avicaras, quelques heures plus tôt... mais cet assaut avait été si mal contenu que plus de discrétion s'imposait.

Un vieux mercenaire guidait la troupe. Il semblait savoir ce qu'il faisait en pistant l'agresseur... Maelynn ne savait comment réagir à un tel élan de générosité. Une petit dizaine de héros vouaient leur proche avenir pour la venger. Elle espérait qu'aucun n'allait payer le prix fort. Elle avait par contre appris à leur faire confiance.

Les restes du casque de l'inconnu n'avait pas révélé grand chose... si ce n'est qu'il était riche, et sans doutes d'origine Canthienne, en tout cas affilié à une maison Kurzick... Maelynn n'arrivait pas à se rappeler de ses traits exacts, à part le fait qu'il était très beau.


"Mes amis, nous allons arriver en territoire Norn."

Les mots du mercenaire déclenchèrent une vague d'excitation et de crainte dans le groupe. Ces hommes et ces femmes n'avaient jamais foulé la neige des hautes Cimefroides, ni jamais rencontré un de ses mystérieux habitants. Très vite, une construction immense se laissa apercevoir entre les collines. Le groupe pressa le pas vers ce refuge, le premier depuis des nuits ! Le mercenaire leur avait fait prendre un chemin très peu fréquenté et assez escarpé, pour éviter les créatures dangereuses ; hélas il évitait également les derniers avant postes Nains.

Heureusement, la tactique du guide fonctionna à merveille, et c'est le cœur battant qu'Anhtéa et Maelynn franchirent l'immense seuil de cette tour qui semblait défier les étoiles, pour se retrouver dans une foule hétéroclite de combattants de tous poils et de tous horizons.
Le mercenaire prit rapidement congé, et pendant que le groupe se dispersait pour chercher renseignement et provisions, les deux jeunes femmes s'assirent à une table pour se reposer.


"-Cet endroit est extraordinaire ! Regardez tous ces gens ! Ça me rappelle mon pays. Que font ils tous ici à votre avis ?
-Peut être que certains se cachent...
"

Sur ces mots, Maelynn avait coupé court à ton enthousiasme de la part de la moniale. Pourtant, le sourire lui revint vite en voyant s'approcher Lilia, son amie Envouteuse. C'était une jeune fille qui n'avait pas encore ses 20 ans mais qui était déjà vraiment très belle, sans doutes la plus belle de tout le groupe, et la mieux habillée. Elle arrivait avec de bonnes nouvelles.

"-On a retrouvé la trace du gros poisson. Il est passé par ici avec un tel raffut que tout le monde l'a remarqué. Et ce il y a à peine une demi journée. Il a agressé l'armurier avant de s'excuser et de lui laisser une énorme bourse pleine de lingots de platine. Beaucoup plus que le prix convenu pour nettoyer et réparer son... elle jeta un regard furtif à Maelynn. Son immense épée. Il poursuivait bien quelqu'un... Anhtéa, je peux te parler euh... seule à seule ? demanda la jeune fille visiblement gênée."

La moniale acquiesça de la tête et se laissa entrainer par son amie en aparté.


"-Tu... tu penses qu'elle pourra nous suivre ?
-Pourquoi demandes tu ça ? Enfin... je pense que oui... je ne sais pas trop, en fait... où devons nous aller ?
-Nous devons traverser le territoire Norn sur toute sa longueur. Notre homme pourchasse quelqu'un qui se dirige vers les nouveaux territoires Azura, je crois.
-Azuquoi ?
-Je ne sais pas ce que c'est non plus, mais c'est à l'Ouest. Dans la verdure.
-C'est précis... on va devoir encore recruter un guide hors de prix.
-Ce n'est pas sûr... on va demander à l'Avant Garde d'Ebon.
-Qu'est ce que c'est encore ?
-Une unité de combat d'Ascalon.
-Des amis à toi donc ! Mais je suppose qu'ils ont mieux à faire...
-Pas si je leur montre le sceau de ma mère, c'est une marque d'honneur dans mon pays. Une très vieille marque d'honneur, mais ça peut marcher.
-Bien, bien... mais je ne t'ai jamais vue aussi persévérante qu'aujourd'hui ! Tu l'aimes bien, cette guerrière.
-Ce n'est pas ça. Je t'ai dit que notre poisson était à la poursuite d'un autre individu. Un vieil individu aux cheveux longs et à la barbe blonde, un rôdeur répondant au nom de Fëanor Valandril.
-Mince ! Mais ça correspond tout à fait à la description de ton... mais, comment sait tu tout ça ?
-Il est très connu chez les chasseurs Norns. Tu te rends compte Anhtéa ? Nous allons peut être retrouver mon père !
"

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Mar 18 Nov 2008, 15:04

Ils n'avaient mis qu'une journée à traverser cette portion des territoires Norn, avec l'aide de ceux ci et d'un éclaireur de l'Avant garde d'Ebon. Ils avaient pu éviter de rencontrer les bisons, les minotaures, les géants et autre guivres qui pullulaient sur ces landes glacées. La verdure redonna du cœur aux aventuriers, qui n'avaient vu que neige et eau gelée depuis des semaines. Mais c'était hélas le moment de la séparation avec leurs guides. Les Norns avaient à chasser, et l'agent d'Ebon n'avait fait le sacrifice de son poste uniquement à la vue du joyau que lui avait montré Lilia. C'était une pièce de métal gravée aux couleurs d'une guilde du royaume d'Ascalon. Une guilde ancienne, le groupe n'a pas plus en savoir plus. Pourtant, à la vue de l'émotion provoqué chez l'éclaireur, elle avait sans doutes son importance.

"-Bien, nous voilà à nouveau perdus. déclara Anthéa en observant les silhouettes de leurs bienfaiteurs s'éloigner.
-Le chic pour remonter le moral toi...
-J'aimerais que nous descendions plus bas dans la vallée, j'ai encore froid ici.
-C'est une bonne idée, Maelynn, mais j'angoisse un peu pour la suite des évènements. Où allons nous chercher ? Nous ne savons rien de ces.. azuras. Vraiment, Lilia, tu veux pas rappeler ton copain d'Ascalon ?
-Il doit avoir autre chose à faire que de se promener avec trois jeunes folles qui ne savent pas -et n'ont jamais su- où aller.
-Si seulement les autres n'avaient pas décidé de rester à l'Oeil du Nord... quand je pense que.. !
-J'ai froid.
" déclara une dernière fois Maelynn pour couper court à ce qu'elle sentait être un grand étalage d'émotions inutile.

Ainsi, les trois compagnes entamèrent la descente vers l'inconnu. Tout leur semblait étrange. Lilia et Anthéa avait passé une majorité de leur vie en Canthe, entre les murs de la grande cité. Maelynn n'avait connu presque qu'un Ascalon dévasté, et la neige qui a bien failli lui servir de tombe.
Cette partie de la Tyrie était verdoyante et immense. Entre montagnes et petits lacs, des plantes s'épanouissaient au point de devenir énormes. Maelynn était même resté figée à la vue pour la première fois d'une de ces fleurs colorées faisant bien 3 fois sa taille.
De telles découvertes furent propices à des discutions animés de plaisanteries qui firent un grand bien au moral de la guerrière. Mais elles progressaient lentement et la nuit tombait, il fallait trouver un abris.

Elles ne trouvèrent rien de mieux que le sommet d'une colline, à côté d'un pont. C'était là un lieu de passage et les petits animaux nocturnes n'oseraient pas trop s'approcher. Il fallait l'espérer... mais ce pont étant effectivement fréquenté, puisque plusieurs torches usées n'attendaient que d'être allumées. C'est avec cette maigre protection que les filles s'installèrent pour dormir.


"-Je crois que... Oui, c'est bien ce qu'il me semblait. Cela fait des jours que nous sommes ensembles, Maelynn, mais on ne connait presque rien de toi. remarqua Lilia.
-Moi non plus je ne connais rien de vous.
-C'est vrai. Tu connais mon prénom
-Et le mien !
-Oui. Mais pas nos histoires. Et bien il n'y a rien d'extraordinaire. Nous ne faisons pas partie des héros et nous ne serons probablement jamais des légendes. On se connait depuis quelques années à peine. On s'est rencontré à Kaineng, alors que je cherchais quelqu'un et qu'elle euh...
-Moi je m'ennuyais.
-Voilà.
-Et cette personne que tu cherchais... tu la cherches toujours, non ?
-Oui. C'est... ce serait mon père. Enfin, je crois. Je le souhaite.
-Tu cherches ton père ? Il vous a abandonné, toi et ta mère, ou quelque chose comme ça ?
-C'est exactement ça. Mais ma mère m'a toujours répété que c'était sa faute à elle, et qu'elle avait des choses à se faire pardonner. Il parait que mon père est très vieux, et y a des chances qu'il soit déjà mort et enterré. Si c'est le cas, je veux voir sa tombe.
-Mais, tu n'as pas de pistes ?
-Si, tellement ! Ce vieillard est une énigme. Voilà plus de 2 ans que je le cherche ! Je suis partie seule de chez moi à mon quinzième printemps. D'Ascalon à Shing Jea, en passant par la Kryte, la mer de jade et les terres du sud, tout le monde semble le connaître ! Mais personne ne sait où il est. Aujourd'hui je sens que je me rapproche...
-Et moi, ça fait deux ans que je passe mes journées à la rassurer et à l'encourager ! Je lui dit que cet homme doit être un grand chef, ou un héros reconnu, si tant de gens le connaissent.
-Ooooooooh Anthéa merciiiii !
fit l'envouteuse, se jetant dans les bras de son amie en faisant semblant se pleurer de joie."

La vue de ces deux êtres complices faisant le pitre en ces moments tumultueux réchauffa le cœur de Maelynn presque autant que leur feu de camp. Mais une dernière question lui taraudait l'esprit.

"-Dis moi, Lilia. Ton père, tu dois au moins connaitre son nom. Et logiquement, tu as le même, non ?
-Non. Je n'ai pas vraiment de nom, par choix. Ma mère se nommait Lireil Coeurfendre, dans son enfance. Mais, je n'ai plus confiance en ma mère. Tout comme je n'ai pas confiance en mon père. Je me suis donc construit mon petit nom à moi. Coeurascalon. En hommage à mon pays dévasté et à l'époque où ma confiance envers maman était intacte. J'ai l'impression d'avoir été trompée toute ma vie. C'est peut être ce qui m'a poussé à apprendre à manipuler l'illusion et la domination des esprits...
-Je vois... mais, excuse moi si j'insiste, tu n'as pas répondu à ma question.
-Elle s'est encore emportée !
-Très drôle Anthéa ! Quant à mon père, son nom est sur ce médaillon, tiens, regarde.
"

Maelynn avait ce fameux bijoux dans les mains. Il n'avait vraiment rien de commun. Du métal assez brut, un peu oxydé, une pièce lourde et trop grosse pour être un pendentif. Les gravures étaient soignées et profondes. C'était de toutes évidence un objet conçu pour résister aux épreuves du temps. Un objet de transmission militaire sans doutes. Maelynn avait déjà vu ce type de symbole. C'était un sceau de guilde, qui parfois pouvait servir de clef, comme on lui avait montré à la caserne. Il y avait des noms marqué. Un en particulier attira l'attention de la jeune guerrière.

"-Je vois deux noms qui sont gravés différemment des autres... Thaoth Ardor et... je connais le second !
-Valandril ?
-Oui ! C'est lui que tu cherches ?
-Il semblerait...
-Tu as une soeur ?
-Non, mais lui en avait une. J'ai toujours ignoré son nom. Une guerrière, comme toi. Ma mère m'en a parlé souvent, c'était la fierté de mon père. Il me semble qu'elle est morte.
-Mais alors... c'est l'armure de ta tante que je porte ! Elle s'appelait Maeglyn presque comme moi ! Tu dis qu'elle est morte... alors nous recherchons la même personne !
-Fëanor Valandril...
"

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Mar 27 Avr 2010, 10:37

Des mois ont passés depuis l'arrivée des trois amies en territoire Norn. Hélas, rien de bon ne leur était encore arrivé. Pire, elles étaient tombées dans un piège odieux. En montrant le médaillon de sa mère, celui du maître de guilde des Légendes du Royaume, Lilia Coeurascalon avait déchainé d'anciennes rancunes. En effet, beaucoup de temps a passé et a effacé de la mémoire des soldats les actions héroïques de cette organisation pour la moins secrète... Mais un souvenir est resté dans la garde d'Ebon. Le souvenir de soit-disant héros prétentieux, qui prétendaient faire le travail de l'avant garde mieux que l'avant garde, et ce en restant près du roi pour le protéger. La couronne avait alors octroyé bien des honneurs à ces gens là, et tout cela pour quoi ? Pour que la guilde éclate sans raisons, que ses dirigeants fuient le royaume vers la Kryte et les continents étrangers.
Ainsi, pour avoir bafoué la couronne et Ebon, les noms de Valandril, Ardor et Denacre furent proscrits dans cette partie du grand nord.

Et ce fut à ces trois jeunes filles de le payer.

Elles furent mises au fer pour être transférées vers Ascalon. Les "Légendes" avaient disparues avec de l'or, beaucoup d'or qui aurait pu être bien utile dans cette guerre sans fin.
Hélas, comme un malheur n'arrive jamais seul, le groupe de prisonniers fut attaqué par une patrouille Charr, comme cela arrive très souvent. Avant qu'ils puissent comprendre, la moitié des gardes et des prisonniers furent criblés de flèches enflammés. L'autre moitié ne put que fuir.

Maelynn, dont les bras et les jambes étaient les plus solides, parvint à s'échapper le plus rapidement, persuadée que ses amies la suivrait. Apeurée, paniquée, elle ne s'arrêta pas à temps pour attendre les appels au secours. Elle resta prostrée dans un abris pendant presque une heure, sans pouvoir reprendre son souffle.

Ayant retrouvé ses esprits elle ne tarda pas à se lancer à la recherche de ses amies. Il n'y avait personne aux alentours. Retournant sur les lieux même du massacre, elle ne put que contempler avec horreur ce spectacle de bois brûlé, d'animaux éventrés et d'hommes et de femmes inanimés baignant dans le sang et le feu. Ce feu tombé tout droit du ciel qui grignotait lentement les chairs des morts... une odeur insupportable pour la jeune femme. Une odeur insupportable pour n'importe qui.

Après s'être remise du choc, elle prit sur elle pour enterrer les malheureux. Pas de traces de Lilia, ni d'Anthéa. C'était bon signe ! Mais il fallait agir vite. Maelynn manque d'expérience, mais elle a fait ses classes et a vu la fournaise. Elle sait très bien ce qui arrive aux prisonniers des Charrs.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Mer 28 Avr 2010, 10:10

Que faire, que faire ? Elle n'était pas du tout à la hauteur pour une telle tache !

-Allons Maelynn... réfléchis ! Tu as toujours trouvé la solution, même si ça n'a que rarement été la meilleure... Réfléchis, réfléchis !

La jeune guerrière était là à tourner en rond nerveusement, au milieu des plaines dévastés d'Ascalon.

-Ascalon... Rin... Oh par tous les dieux ! La situation est encore pire que ce que je pensais !

Sans plus attendre une seconde, elle se mit à détaler en suivant le chemin le plus proche. Elle montait les basses-terres de Diessa, elle venait de les reconnaitre. Il est vrai qu'elle avait réussi à s'endormir pendant le long voyage de la caravane des prisonniers, il fallait bien profiter du repos imposé !
De par ce fait, depuis l'embuscade elle n'avait toujours pas analysé sa position géographique.
Et cette dernière était plus qu'inquiétante.
Tout le monde sait ce qu'il y a non loin du Tribunal de Grendish, juste en dessous des grands lacs du Gosier de Dragon. Le Corridor de la Flamme. Dans deux cents ans encore, cet endroit empestera la chair humaine carbonisée. Il lui fallait donc agir au plus vite !

Ses foulées la menèrent très vite dans le territoire sécurisé du Tribunal. Elle allait tenter le tout pour le tout : hurler, s'égosiller en galvanisant des soldats et des aventuriers courageux pour les lancer avec elle dans une croisade vengeresse sur les lieux sacrificiels Charr et tenter de sauver ses amies. C'est le coeur plein d'entrain et de douce folie qu'elle franchit la lourde grille en acier. Elle ne prit même pas le temps de respirer :


-PERSONNE ?!

Son exclamation fit sursauter le couple de sentinelles et la poignée de civils qui se trouvait près des statues. Tous la regardaient maintenant avec l'air interrogatif. La jeune Maelynn était planté à l'entrée, les deux bras maintenant encore la grille, la bouche grande ouverte.
Personne... ce n'était pas vraiment le cas. Mais en tout cas pas cette armée impatiente d'en découdre qu'elle imaginait. Penaude, elle se fit toute petite pour refermer discrètement derrière elle puis alla s'isoler dans un coin.

Dès lors, comment faire ? Elle devait y aller, coûte que coûte. Seule, elle périrait à coup sur. Mais tant pis, elle n'avait rien à perdre et elle devait sauver les deux seules amies qu'elle avait sur le monde.
Mais si, justement, elle avait quelque chose à perdre : sa quête. Retrouver la propriétaire de sa vieille armure, la soeur du même homme qui s'avère être le père -supposé- de Lilia. Que dirait ce Valandril si Maelynn, en mourrant, lui faisait perdre tout espoir de revoir ou d'attendre parler de sa fille ? Oh, probablement rien après tout. Il ne savait même pas qu'elle existait. Ni Lilia, ni Maelynn, ni Anthéa, ces trois jeunes femmes aux destins intimement entremêlés.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Jeu 29 Avr 2010, 11:25

Pourquoi faisait il si froid ?

Maelynn grelotait sous un ciel de flammes et de cendres. C'est typique de cette région du monde, depuis que les mages Charrs ont déchainé la mortelle puissance des cieux et que les météores ont engloutit le paysage ascalonien, le ciel était immanquablement pourpre. Ou ocre, sanglant, rougeâtre, et la clarté du soleil toujours dissimulé derrière une certaine opacité. D'où que l'on trouve, en levant la tête, on pourrait jurer d'être encerclé par un incendie. Et pourtant, il faisait souvent froid.
Par chance, on lui avait donné une étoffe assez fournie. Assez usé et déchiré par endroit, l'habit clair témoignait pourtant encore d'un certain soin et de belles dorures. Une prisonnière lui avait donné, la voyant greloter dans la caravane, et il ne s'agissait ni plus ni moins que d'un uniforme du Blanc-Manteau de Kryte. Maelynn le savait bien mais n'en n'avait cure. Depuis que son armure avait été fracassée par son agresseur, elle n'avait qu'un maigre vêtement court dont la seule réelle utilité était la capuche. Alors, qu'il s'agisse du blason du Blanc-Manteau, de l'empereur canthien ou de celui d'Adelbern, cela n'avait aucune sorte d'importance tant que les longs nouages de tissu la protègerait un tant soit peu du climat.

Penser à cela n'avait duré qu'une seconde dans l'esprit de la jeune femme : le temps lui était compté. Le temple Charr n'était pas loin et elle s'était trop reposé. Elle était décidé.

Quittant l'avant-poste, la main fermement agrippée à une hache emprunté sur un corps, les larmes commençaient à lui venir et déjà, elle sentait la poigne glacée de grenth lui serrer la gorge. Alors qu'elle arrivait à la grille, celle ci s'ouvrit franchement. Une dame entra. Une belle dame, habillée de manière exquise et suivie par un impressionnant cube de métal étincelant articulé sur pattes : un chevalier.
Maelynn resta un moment interdite, regardant passer les deux inconnus. Ils semblaient avoir essuyé quelques combats, mais n'était qu'à peine poussiéreux. La guerrier comprit vite. En effet, il n'y a quasiment que des Charrs dans la zone et, elle le savait bien, elle même ne ressortirais pas indemne d'un combat contre une telle créature. Elle aurait des cicatrices, un casque fendu, une lame brisée et un corps meurtri couvert de sang. De moins si ledit Charr était accompagné, comme c'était souvent le cas.

Pas de toute : il s'agissait là d'un bretteur exceptionnel, effectuant sans doutes quelque mission d'escorte pour la noblesse.
Dès lors, son esprit se mit en route pour trouver la solution : comment faire pour que ce héros l'accompagne et l'aide à se venger ? Tout en pensant, elle eu un geste machinal. Elle fit signe aux deux individus de se rapprocher, et ce avec insistance. Sans en avoir conscience, avec sa mauvaise mine et son visage encapuchonné, elle ressemblait à une diseuse de bonne aventure ou à un de ces marchands escrocs qui vendent de la marchandise au rabais.
Malgré cela, et après s'être consulté mutuellement du regard, la femme approcha, suivie de son protecteur.


"-Bonjour, nobles gens... je... je savais que vous répondriez à mon appel... j'ai besoin d'aide, et vous m'avez l'air plus que qualifiés... je vous le demande humblement. fit Maelynn en courbant l'échine
-Qu'est ce qui vous fait dire ceci ? Et puis, qui êtes vous jeune fille ? demanda calmement la Dame"
Devant le regard inquisiteur du guerrier, l'intéressée fit ce qu'elle jugea elle même être une bêtise.

"-Excusez moi. elle retira sa capuche lentement avant de continuer. Je m'appelle Maelynn Sylvelame. Je suis... un agent de l'avant garde d'Ebon. J'étais en mission en Kryte mais je profite aujourd'hui de ma permission pour accomplir une... vengeance. J'ai pour projet d'infiltrer le Corridor et d'en remmener... quelque chose."

Quel mensonge énorme ! Elle aurait voulu fermer les yeux et revenir en arrière. Ces deux là n'avaient pas l'air nés de la dernière pluie, allaient ils croire qu'une frêle jeune fille était un agent infiltré d'Ebon ? Et puis, elle ne connaissait rien de l'avant-garde, mis à part qu'ils n'ont que faire des Krytiens ! Mais c'était tout ce que lui avait dicté son esprit pour éviter les questions sur son uniforme.

"-Enchantée, Maelynn. Je suis Alnuma de Larthmir, et voici mon grand et fort protecteur. répondit la Dame en désignant l'homme imposant qui avait ouvert si fermement les grilles du Tribunal. Celui ci pourtant, ne fit pas un geste avant qu'Alnuma ne le regarde avec insistance. Il prit alors la parole, mais ne se présenta pas.
-Vous êtes tout de même bien loin de votre poste soldat. Mais, nous avons tous quelque chose à venger ici."

Ça a marché ! Maelynn aurait voulu crier de joie mais ne pouvait que cacher la pression qui pesait sur ses épaules. Cet homme était assurément un gradé, un maitre. Sa façon de parler et son armure en témoignait.
Mais, au fait, pourquoi Sylvelame ? Peu importe, il fallait agir.

Il suffit de quelques mots en plus pour convaincre Dame Alnuma et son chevalier. Ils payèrent un mercenaire guérisseur qui attendait près d'un sanctuaire, et prirent la route.

Mis à part quelques dévoreurs et une fosse à goudron, ils n'eurent aucune difficulté à atteindre la vallée du Temple de la Flamme. Il n'y avait pas grand monde en ces lieux maudit. Maelynn eut d'énorme montées d'adrénaline en affrontant les patrouilles Charrs. Elle ne faisait qu'esquiver les coup au début. Les sifflements des lames ennemies étaient réellement impressionnants : un Charr est une immense bête féroce, parfois caparaçonnée et toujours hargneuse. Chaque revers pouvait lui faire sauter la tête.
Heureusement, le Maitre les abattait un par un avec aisance et Alnuma de Larthmir dominait largement leurs esprits, les désarmant ou les faisant tomber à la renverse parfois. Certains semblaient ivres sous le joug des sorts de l'envouteuse, et Maelynn en profitait pour leur ouvrir le ventre d'un coup de sa lourde hache.
Plus ils avançaient, plus ils allaient vite. Les vétérans étaient bien échauffés et la jeune femme était de plus en plus enragé. A chaque giclée de sang, elle voyait les visages de ses amies et redoublait de vigueur. Elle n'avait jamais vu des Charrs tomber si "facilement". Les compagnons essuyèrent pourtant quelques coups très brutaux, mais rien de grave grâce à l'intervention du guérisseur.
Quelque chose était anormal. Ces guerriers félins n'étaient pas bien solides ni très entrainés. Normalement, quand un sacrifice a lieu au temple de la Flamme, c'est toute une armée rugissante et acharnée qui investit le lieux. Maelynn ne réfléchissait pas beaucoup à la question. Ils étaient arrivés.

Après avoir parcouru la zone et semé une légère panique, ils avaient atteint les lieux de crémation. Rien. Il y avait des cendres dans un autel, mais aucun reste fumant. Le visage de Maelynn s'assombrit. Elle prit sa vieille gourde, sèche depuis des jours, et rassembla les cendres à l'intérieur. Était ce là tout ce qui restait d'Anthéa et de Lilia ? De leurs esprits complices et affûtés ? De leurs corps jeunes, beaux et plein de vigueurs ? Des cendres...

Sans doutes encore sous l'adrénaline des combats qui -pour elle- venaient d'être épiques, la guerrière n'accusa pas le choc immédiatement. Elle prit le temps de saluer ses deux bienfaiteurs qui, elle venait de le remarquer, étaient en fait déjà dans le subtil jeu de la séduction. Elle apprit que le guerrier était un proche de la couronne. Ils la saluèrent et repartirent, à peine essoufflés.

Ce n'est lorsqu'elle rejoignit le tribunal de Grendish que Maelynn réalisa : Anthéa, la jeune moniale guillerette, et Lilia, la belle envouteuse qui n'avait même pas 18 ans, étaient décédées. Son esprit s'embrouilla, prit de panique, il harcela la jeune fille d'images sordides. Elle revoyait ce qui aurait pu être la mort de ses deux amies sur le bûcher, hurlant de douleur, ne pouvant supporter de sentir leurs chairs rongées par le feu. Elle voyait aussi l'espoir d'achever sa quête brûler avec elles.
Elle ne put que s'effondrer à côté d'une statue divine, et pleurer.

Au bout de quelques minutes, une main se posa sur son épaule.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Ven 30 Avr 2010, 11:49

Maelynn ne se raidit même pas, elle qui avait pourtant horreur qu'on la touche. Son corps tout entier était secoué par les sanglots et elle n'avait guère ses réflexes habituels.
La main resta un moment posée là, douce, chaude, rassurante. Ce n'est que lorsque la guerrière commença à se calmer que l'homme prit la parole.


-Allons, allons... ma jolie damoiselle... vous avez assez pleuré sur cette stèle. C'est mon tour maintenant ! plaisanta t-il.

Le yeux baignés de larmes, Maelynn tourna lentement la tête puis se redressa.
Cet inconnu qui venait maladroitement d'essayer de la consoler était un jeune homme assez grand, au visage glabre, avec de long cheveux roux maintenus par large bandeau de cuir qui lui traversait le front. Son visage était très fin et chaleureux. Il portait dans le dos, attaché par une bandoulière à son armure de cuir clouté, un arc et un carquois vide.


-Je me présente, je suis Maldred. Maldred Pourpremine. Il se pencha vers la jeune fille et déclara d'un air complice. Les gars m'ont appelé comme ça... vous croyez que c'est à cause de mes cheveux ?

Maelynn le regardait sans vraiment le voir, toujours sous le choc des derniers évènements. Elle voyait les lèvres de l'archer bouger, mais n'entendait presque aucun son, comme si elle avait la tête à moitié plongée sous l'eau. Ce qui ne retenait visiblement pas son interlocuteur. Dans un flou sonore qui la rendait mal à son aise, Maelynn ne perçu que quelques mots.

-Mais alors.... pleure comme ça ? ..... avons tous ...... de pleurer ...... Moi, c'est ...... Mais vous, alors vous ..... belle comme ..... aujourd'hui, je ne croise que.... filles ! ...... D'abord .....Morgana...... puis la ..... du temple ..... et ..... comment déjà.......ascalon ! Lilia Coeurascalon ! ....... roux, comme moi ...... presque amoureux ...... quand je pense que .....

C'est comme si on avait frappé d'une violente gifle ses tympans. Maelynn ressentit si vite sur la terre ferme qu'elle en avait la tête retournée, et son audition redevint parfaite comme par enchantement.

-'ttendez, 'ttendez... Aaaaaattendez ! coupa t-elle. Vous avez dit quoi là ?
-Euh, et bien, je disais que j'avais déjà promis mon cœur à une autre et que...
-Non, non, non ! Le nom !
-M... Morgana ?
-Pas celui là, Imbécile !


Maelynn tenait le jeune homme par le col, les deux poings serrés. C'est le désespoir qui lui avait fait faire un tel geste, et elle se reprit immédiatement. Après un court silence, elle libéra Maldred et inclina la tête.

-Je... je vous prie de bien vouloir... m'excuser. Je viens de subir une épreuve très difficile et... j'avais cru entendre... bah, laissez tomber, ce n'est pas la peine.
-Je le sais bien.
fit l'archer, qui avait repris tout son sérieux. Ecoutez. Venez avec moi. Nous avons installé un petit feu sur l'aplomb de la colline, derrière ces murs. Nous sommes là, réunis, pour boire un coup et parler avec notre cœur. Il n'y a que des gens comme vous. Comme vous, et moi. Vous n'êtes pas obligé de prendre part à la discussion, mais au moins vous profiterez de la chaleur.

Maelynn le suivit sans rechigner. C'était soit ça, soit se laisser mourir en s'attachant elle même à un bucher Charr !
Le Tribunal était un endroit très réduit. Ils franchirent les murs par le trou béant qui devait autrefois être une porte, ou une herse, et tombèrent de suite sur le feu de camp. Maldred alla s'assoir, sous les regards de l'assemblée. Certains étaient interrogatifs, d'autres un tantinet inquisiteurs, mais tous étaient mélancoliques.


-Dites bonjour à notre nouvelle camarade d'infortune : euh... vous ne m'avez même pas dit votre nom, mademoiselle !
-MAELYYYYYYYYNN !


Ce déchirement aigüe appartement à une des deux personnes qui faisaient dos à l'entrée. La guerrière n'avait qu'à peine eu le temps de la reconnaitre quand elle se jeta dans ses bras. Les restèrent un moment serrées l'une à l'autre. Dans cette étreinte, Maelynn pleura de nouveau, mais de joie cette fois.

-Ooooooh, Maelynn ! Ma chérie je suis si contente... on te croyait perdue avec Anthéa !
-Lilia... Par Balthazar, Dwayna, Mélandru, Grenth et Lyssa réunits, j'ai vraiment cru vous avoir perdu à jamais ! Anthéa va bien aussi alors, mais où est elle ?!
-Juste là derrière, dans les réserves, elle soigne un blessé.


En se retournant, Maelynn tomba nez à nez avec son amie moniale. Celle ci avait entendu le cri strident de Lilia -tout le royaume devait l'avoir entendu ?- et pris à peine le temps de finir son incantation pour venir les rejoindre.
Les effusions de joies reprirent de plus belle, ce qui réchauffa un peu le cœur des gens présents, Maldred le premier.

Les trois filles avaient décidé de rester à Grentdish jusqu'au lendemain, histoire de se remettre des dernières émotions et de se raconter tout ce qui s'était passé. Après l'attaque de la colonne, les Charr transportèrent les survivants -du moins, ceux qui étaient en état de marcher- jusqu'au Corridor. Nombreux et confiants, ils n'avaient employé aucune discrétion pour atteindre le corridor. C'est Maldred Pourpremine, un jeune sergent de l'armée du roi, qui avait mené une embuscade avec ses camarades. Cachés dans les collines, ils avaient réussi à grand renfort de flèches à repousser les bêtes jusqu'au territoire du Tribunal de Grendish, où une petite garnison les attendait. Ainsi, ils avaient sauvé les prisonniers sans aucuns problèmes. Il y eu deux pertes, deux prisonniers ligotés qu'un Charr Guerrier-Lame avait sauvagement abattu en voyant que la situation était perdue. Par chance, Anthéa et Lilia ne furent même pas blessées. Une longue veillée au coin du feu était de rigueur avant d'entamer la journée suivante.


Maintenant qu'elles s'étaient retrouvées, Lilia, Maelynn et Anthéa purent reprendre leur quête. Voyager vers le Nord leur avait semblé à toutes la solutions. L'échec cuisant qui en était ressortit leur firent prendre une autre route : celle de la cité d'Ascalon.
Elle partirent avec Maldred et ses hommes, qui devaient rallier la cité pour prendre une courte permission et recevoir de nouveaux ordres. Les voyages se passa sans encombres. Avant de le départ du défunt Prince de la couronne, aucun chemin n'était sûr. Mais, maintenant et à force de combats incessants, les ascalonniens avaient pu isoler quelques petites routes pas toujours aisément pratiquables.

Une fois arrivés, les filles durent se séparer du reste de la troupe et ce au très grand regret des soldats. Trois si belles jeunes femmes, non enfermées dans une armure de fer, qui marchent et plaisantent à vos côtés, ça change un peu le quotidien. Avant de partir, Maldred remit une lettre a Lilia. C'était assurément une lettre d'amour, mais elle était destinée à quelqu'un d'autre.


-Au cours de mes voyages, j'ai rencontré cette sublime créature. Une femme un peu sauvage... toujours sur le qui-vive, elle se bat comme un félin. Ah... quand elle fait tournoyer sa crinière rousse autour de ses grand yeux si bleus... elle ferait une parfaite madame Pourpremine ! Hélas, je suis parfois un peu pataud, et je n'ai pas pu lui déclarer ma flamme avant de revenir ici. Je ne pense pas que son cœur soit déjà prit... non je suis même certain qu'il m'appartient ! Hélas, je suis bloqué ici pour un bout de temps. Je n'aurais jamais de permission assez longue pour tenter de la retrouver. Voyez vous, je ne sais même pas où elle peut être... on s'est séparé quand elle allait aux cimefroides du Sud. Mais aujourd'hui, qui sait, elle est peut être sur un autre continent ! Je n'ai que sa description physique, ce croquis que j'ai fait et son prénom : Morgana. Je vous demande l'impossible et vous avez fort à faire, mais je vous en conjure, si jamais le hasard le veut...

Les trois amies acceptèrent avec grand plaisir, attendries par cet amour un peu fou.

Maldred était partit, il était temps pour elles de se mettre au travail ! Elles allaient passer quelques jours dans les ruines de la cité et dans les avant postes alentours, à fureter à droite à gauche, interroger des gens et récolter le maximum d'informations possibles sur feu la guilde des Légendes, et feu la guilde des Colporteurs d'Ascalon. Et surtout sur le présumé chef de ces anciennes organisations et père de Lilia.

Après plusieurs jours, elles n'avaient récolté que quelques ragots inintéressants, et beaucoup de rapports de commerces poussiéreux témoignant de l'activité florissante de l'age d'or des Colporteurs d'Ascalon. Le nom de Valandril ne disait déjà plus rien à personne. Ou presque. Elles croisèrent des aventuriers et quelques civils bourrus qui le connaissait. Paradoxalement, pour eux, Fëanor Valandril était un héros, que ce soit pour les services qu'il avait rendu, pour les cartes qu'il avait dessiné ou les gens qu'il avait sauvé.
Un homme encapuchonné les avait même mis sur une piste.


-Fëanor... Fëanor Valandril... ainsi il existerait vraiment ? Je croyais que ce n'était qu'un pseudonyme adopté par une compagnie de cartographes pour faire vendre leur produit. Vous comprenez, faire passer ces plans et repères pour l'œuvre d'un seul maître, ça impressionne. Regardez moi ça, soupira t-il en sortant de son manteau des rouleaux de parchemins qu'il déplia sur une table. Des cartes qui couvrent la totalité du continent ! Et avec une précision à faire peur ! J'ai les même pour Cantha et Elona ! Quel homme aurait pu, au cours d'une seule vie, explorer un si grand univers ? Ça alors, c'est pas croyable... Tenez ! Prenez les ! Celles ci sont vierges, j'ai les miennes chez moi et elles sont couvertes de mes notes ! Mais, m'est avis que votre bonhomme est une légende plus qu'autre chose, ou un spectre ! Ha ha ha ha ha !

Le soir du même jour, Maelynn, Anthéa et Lilia s'étaient installées au Sanatorium de Sardelac pour se reposer et examiner ces cartes. Il fallait être chevronné pour les lire, car rassembler tous les détails d'un monde sur un bout de tissu, ca donne un sacré fouillis ! Par chance, celles ci n'étaient ni usées ni recouvertes de légendes personnelles, elles étaient neuves et propres. Maelynn était littéralement fasciné par ces parchemins.

-Ma chérie, tu ne vas pas les regarder toute la nuit quand même ? lui plaisanta Lilia.
-Elle cherche peut être le pays des rêves ? rétorqua Anthéa en riant.
-Les filles, je crois qu'il s'est moqué de nous, elle n'est pas neuve cette carte. Il y a l'emplacement de plusieurs îles et domaines de guildes, et on voit bien que ces détails on été rajoutés. Mais ce qui m'intrigue le plus, c'est cette croix au sud des Cimefroides, entre la limite de la chaîne de montagne et le sud ouest du royaume d'Ascalon...
-Montre ?
-Là.
dit Maelynn en désignant le petit symbole. C'était une sorte de T majuscule stylisé en marqueur de carte. Et il y a un petit rond ici, non loin du fort Ranik.
-C'est drôle... c'est presque...

Lilia avait marqué un temps d'arrêt et piqua la carte des mains de la guerrière, pour se concentrer sur ce point.

-Mais oui, cette carte est assez précise pour que je l'affirme ! C'est pile l'emplacement de la maison de ma Maman !

A la lumière du feu, de nouveaux symboles apparurent un peu partout sur la représentation de la Tyrie.

-Que Dwayna m'en soit témoin, vous voyez ce que je vois ?!
-Oui, il semblerait vraiment que cette carte ai appartenu à quelqu'un avant nous, regardez tous ces marqueurs qui apparaissent en transparence ! C'est astucieux de...
-Non, non !
coupa Anthéa. Je parle de ça là, en bas : les inscriptions !

En effet dans le coin inférieur droit de la carte avait été minutieusement gravé quelque chose qu'il était impossible de lire tel quel. C'était la lumière projetée par le feu au travers de la peau tendu -car il s'agit bien d'un carré de peau précieusement tannée, et non de parchemin ordinaire- qui pouvait rendre la lecture possible :


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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Dim 02 Mai 2010, 17:05

Fort Ranik. Voilà encore un impressionnant vestige d'un glorieux passé. Cette forteresse et l'aqueduc qui lui était adjacent avait toujours intrigué Maelynn. Il fallait avoir déjà vu l'endroit tel qu'il était avant pour être frappé par la métamorphose : le terrain, le vallon et les petites collines ont tous été comme rasés ou déplacés par une main divine. Celle de la fournaise. Mais -là où des cités comme Rin ou Ascalon étaient méconnaissables- les deux édifices n'avaient pas bougé d'un pouce. A quelques détails près, ils étaient plantés là, puissants, comme si ils voulaient défier pour toujours le destin. Le Fort était sans doutes la dernière vrai fierté d'Ascalon.
Et les Charrs le savaient bien...

Il y a toujours quelque chose d'imprévu à faire à Fort Ranik. Des patrouilles Charr à exterminer, des bandits à traquer, un force expéditionnaire de bêtes poilues à repousser...
Par chance, pendant le très court séjour des trois filles, aucun incident ne fut à déplorer.

Après leur récente découverte sur la carte qu'on leur avait donné, leur excitation et leur entrain avaient prit un sacré coup de fouet. C'est bien l'homme qu'elles recherchaient qui avait tracé ces symboles : c'était sa propre carte ! Leur destination était devenue très claire, et sans doutes l'aurait elle été même sans la carte : elles étaient en Ascalon, et Lilia voulait revoir sa mère.

Elles étaient déjà arrivées en vue de la modeste masure que Fëanor avait érigé entièrement de ses mains. Plus elles s'approchaient et plus elles étaient frappées par le charme du lieu. Sauf Lilia. Elle voyait bien que quelque chose n'allait pas. Les fleurs et l'herbe étaient là, véritable tache de peinture dans cette vallée de cendres* ; la maison tenait bien debout, le toit était en bon état, mais portes et fenêtres était lourdement barricadées. Le visage de la belle envouteuse s'assombrit.


"-C'est une splendide maison que tu as là ! Un peu petite mais, magnifique, on dirait qu'elle vient du passé, qu'elle a tout bonnement ignoré la fournaise ! s'enthousiasma Maelynn.
-Oui... répondit Lilia, visiblement sous le coup d'une déception. Mon père l'avait faite en ce sens...
-Qu'est ce qui se passe ? Ça ne va pas ? Il n'est rien arrivé à ta mère au moins ?
-Non, non, mais je suis déçue. Quand ma mère et moi barricadions ainsi les issues, c'était pour partir en voyage. Ce n'était pas vraiment des vacances, mais nous partions loin parfois. Elle a du donc partir, c'est dommage qu'on se soit manquées...
-Il vaudrait tout de même mieux vérifier de plus près non ?
"

Sur la suggestion de la guerrière, Lilia se mit à courir vers la maison. Elle se plaqua sur le mur pour s'arrêter et tenter de regarder par une fenêtre. En vain, tout était noir à l'intérieur, les poutres et planches de bois ne laissaient pas passer suffisamment de lumière. Les trois amies entreprirent alors de faire le tour, mais sans plus de résultat.
Quelques minutes plus tard, elles étaient déjà sur le chemin pour partir, quand une voix les interpella.
Il s'agissait d'un soldat de la garde régulière de Ranik, qui courait vers elles en vociférant de l'attendre. En arrivant à leur niveau, il leur délivra un message.


"-Mesdames... Madame... Lilia... Coeurascalon ? interrogea le garde essoufflé.
-C'est moi, qu'y a t-il ?
-Madame, vous êtes partie si vite du Fort ce matin ! Dame Liriel avait un message pour vous.

Sur cette déclaration, les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent.
-Elle vous fait dire qu'elle va très bien et qu'elle a décidé d'entreprendre un voyage en votre absence. Elle est partie dans les Cimefroides du Sud, accompagnée par un robuste et courageux guerrier. Il ne faut pas vous en faire. Ils sont partis voir une ancienne famille amie."
Il salua, et repartit.

Lilia ne savait pas comment réagir, et les filles non plus. Après un moment de silence, elles se remirent en route. Sa mère avait l'habitude de voyager, elle ne se faisait pas de soucis sur ce point.


"-Lilia ?
-Oui ?
-Dis, euh...
hésitait la moniale. Il me semble bien que tu n'as pas le même nom que ta mère, que Coeurascalon est celui que tu as choisi... mais comment ce garde et donc... ta mère je suppose, le savent ?
-Oh, rien de surprenant, ma mère a été la première à le savoir. Dans une famille sans homme, les femmes choisissent tout, et changent aisément de nom !
taquina l'envouteuse.
-Mais tu t'entends bien ou mal avec elle ? Je n'y comprends rien...
-Très bien, mais... pas aussi bien que quand j'étais petite.
-Moi, j'ai une autre question... je vois que tu es soucieuse, serait à cause de ce mystérieux personnage "robuste et courageux" qui est censé accompagner ta mère ?
-Tu as vu juste, Maelynn. Je pense savoir de qui il s'agit. Un homme venait souvent me voir, me garder parfois, quand j'étais enfant. Il s'entendait très bien avec ma mère, mais je le croyais disparu. Tout cela m'échappe, enfin bref, je ne suis même pas certaine que ce soit lui.

Et comme elle sentait bien que ses acolytes la regardait avec une insistance à la limite de la politesse, elle ajouta :
-Anthem. Il s'appelle Anthem. ** Écoutez les filles, je crois que ma mère est aussi à la recherche de mon père. Moi, je m'angoisse pour elle, quelque chose ne cloche pas.
-Alors, on a qu'à partir à la recherche de ta mère, maintenant !
-Je peux y aller seule, vous savez, je ne risque pas grand chose sur le trajet des Cimefroides.
-Tu ne connais pas les Cimefroides du Sud ! C'est radicalement différent du passage de Borlis ! Et puis je sais que tu crains que cette nouvelle quête nous retarde, mais je suis intimement persuadée du contraire !
-Comment ça ?
-Ta mère en sait certainement beaucoup plus que toi sur Fëanor Valandril.
"







*Voir le récit "La Formation d'Arthas"
**Anthem est le véritable prénom d'Arthas Celebrion avant que Fëanor le prenne sous son aile.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Lun 03 Mai 2010, 15:41

Traverser le Sud d'Ascalon n'était pas une chose drôle. Cela faisait longtemps qu'il n'y avait plus de vie amicale en ces terres. Plus de villes, plus de casernes, plus de hameaux... Il existait une route facile qui menait aux cimefroides avant, mais un très long canyon s'était creusé, faisait une barrière naturelle. Personne n'avait encore entreprit de faire un pont... il n'y avait plus vraiment d'intérêt à aller là, après tout. La Fournaise avait même avalé une portion de montagne.
Il restait donc deux manières de parvenir à ce point sur la carte... ce symbole en forme de "T" majuscule. Lilia l'avait reconnu, c'était un des trois sceaux gravés à l'arrière du blason de ses parents. Avec le fait que sa mère semblait se diriger vers le sud des Cimefroides, cela faisait la coïncidence nécessaire pour établir leur nouvelle route.

Elles avaient le choix. Soit passer par le passage de Borlis jusqu'au promontoire, et donc tenter de passer la porte de givre. Ensuite, prendre le tristement célèbre passage de Lornar, qui fourmille de nains et de créatures immenses. Puis, arriver au campement militaire de Deldrimor, mortellement entouré, ou alors faire un détour par les forges de Droknar. De là, tracer une ligne droite vers Ascalon et fouiller la zone frontière de la montagne pour espérer tomber sur l'endroit mystérieux.
La deuxième solution leur parut plus simple : contourner le canyon jusqu'à pouvoir le franchir, et se diriger tout droit -enfin, le plus possible- vers le "T".

Les trois amies ne savaient pas du tout comment procéder, ni vers où aller exactement et c'est pour cela qu'elles avaient fait confiance au hasard.

Le voyage fut long et éprouvant, peut être autant que de passer par les Cimefroides. Il fallait tout faire d'une traite, sans pouvoir faire le plein d'eau ou de nourriture, et en instaurant des tours de gardes toutes les nuits. Sans parler des dévoreurs qui surgissent du sol, crachant sable et poussière pour vous étriper dans la plus grande surprise, ni des groupes de Grawls qui défendent plus que farouchement ce qui est devenu leur nouveau territoire. Sans parler de patrouilles Charr qu'il fallait éviter et, heureusement, celles ci étaient extrêmement rares. Garder une permanente vigilance tout en éprouvant son corps est épuisant. Heureusement, Anthéa était une jeune moniale très douée. Elle était plus expérimenté que ses amies.

Née dans une famille de paysans sur Shing Jea, elle intégra naturellement l'académie de Togo. C'était une élève brillante, et sa maîtresse l'avait vite envoyée à Keineg, s'occuper des malades et des victimes de gangs dans un dispensaire de ce bidon-ville gigantesque. Elle avait vu le fléau de Canthe en première ligne : de braves hommes et femmes du peuple mourir et, avant même d'avoir été enterrés, devenir des monstres enragés et difformes dignes des pires cauchemars d'Abaddon. Son dispensaire avait été engloutit par ce fléau, et elle avait rejoint le centre de la cité impériale. La pagaille régnant entre les ministères et ses supérieurs, elle attendit plusieurs semaines de futurs ordres d'affectation. C'est là qu'elle rencontra Lilia Coeurascalon pour qui elle eut une véritable coup de foudre amical. Voyant que rien de bougeait, elle avait décidé de l'accompagner dans sa quête et quitta vite le continent, non sans s'être inquiété du sort de ses parents, qui menaient toujours une vie paisible chez eux.

Elle en avait donc vu plus que Maelynn et Lilia réunies, et ses talents de guérisseuses avaient été plus d'une fois salvateurs. Grace à cela et au courage de ses amies, elles étaient arrivées au Cimefroides sans incidents majeurs.
Contrairement à la guerrière, Lilia et Anthéa étaient plutôt bien équipées. Dans de grands sac à dos, elles avaient de quoi se changer et se couvrir, des provisions, les cartes, quelques broutilles et autres nécessaires de bricolage. Se sentant bête de dépendre des autres, Maelynn avait à maintes reprises porté les deux sacs sur son dos, sa constitution étant beaucoup plus robuste que ses consœurs.
L'envouteuse, qui avait d'excellent yeux et beaucoup de patience, les guidait, le nez planté dans la carte de son présumé père. Elle y tenait d'ailleurs déjà comme une relique de famille. Sans se l'avouer, elle éprouvait de la fierté pour ce travail d'orfèvre. Quand on la regardait de prêt, tantôt dans l'ombre ou dans la flamme, les reliefs et chemins principaux se dessinaient avec une exactitude bluffante et l'envouteuse était sûre que ce grand bout de peau refermait encore d'autres secrets.

Arrivées dans la zone recouverte du symbole, Lilia rangea la carte. Il fallait se concentrer sur le paysage désormais. Se séparant mais en faisant bien gaffe de rester en vue les unes des autres, elles arpentèrent la montagne à la recherche d'un édifice, d'une grotte ou même d'un arbre tordu différent des autres. Rien ne se présentait à leurs yeux après une demi heure de marche. Elles prirent une pause, marcher dans cette neige épaisse après le voyage qu'elles avaient subit, c'en était trop.

En rejoignant ses amies, Lilia, essoufflée, dérapa et se tordit la cheville. Anthéa était trop loin, alors elle s'auto-infligea une illusion, comme seuls les envouteurs savaient le faire. La douleur s'estompa d'un coup et la jeune fille sentit une vigueur de Lynx dans ses jambes, mais elle savait que cela n'allait pas durer, alors elle entama sa course à travers l'étendue de neige qui la séparait des autres. Hélas, son pied heurta un rocher, ce qui lui perdre l'équilibre et, surtout, la concentration nécessaire pour maintenir son pouvoir. La douleur lui revint encore plus forte qu'avant et la fit tomber à la renverse si violemment qu'elle ne put empêcher de dégringoler dans un roulé-boulé de douleur et de poudreuse.
Malheureusement pour son crâne et heureusement pour sa vie, un gros arbre la stoppa net. Abasourdie, elle entendait les cris des autres qui s'étaient lancées à son aide.

Elle essayait tant bien que mal de se relever, mais chutait à chaque fois, ravivant plus fort sa souffrance. Une main lui vint en aide. Une énorme main qui lui prit le bras et la souleva comme si elle était une plume soulevée par une brise. Une main qui faisait bien deux fois la sienne. Quand Lilia dévisagea son propriétaire, elle resta un moment interdite. C'était un homme de taille et d'allure colossale. Elle se tordait presque le cou pour le regarder dans les yeux. Certes, elle était jeune et frêle, et la plupart des hommes la dépassait, mais celui là était vraiment impressionnant. Il était protégé par une lourde armure du grand Nord, faite de fourrure, de plaques de fer et de cornes. En guise de protection supplémentaire, il portait une vieille cape rouge sombre et déchirée. Il porta ses bras vers sa tête, laissant voir des biceps de la taille d'un crâne. Dans un soupir, il dévoila son crâne chauve et prit la parole.


"-Vous devriez faire attention, jeune fille."

Elle ne sait pas ce qui l'impressionna le plus. La taille de cet homme ? Sa voix rauque et assez caverneuse pour faire pâlir le roi des nains ? Ou encore cette immense et profonde cicatrice qui lui traversait le visage ?

"-Ce sont vos amies là bas ?"

Elle ne réagit pas immédiatement, mais l'inconnu désignait bien les silhouettes d'Anthéa et de Maelynn, qui chargeait littéralement dans sa direction. La guerrière avait même brandissait sa hache, sans doutes croyait elle avoir à faire à un ennemi.
Un ennemi, peut être bien qu'il en était un ! Lilia eut un mouvement de recul, mais quelque chose l'arrêta.
Dans une rafale de vent qui fit mouvoir la cape du colosse, elle pu reconnaitre le sceau de la guilde de son père. L'immense blason d'or frappé d'une figure de rapace était à peine reconnaissable, mais elle n'avait aucun doutes.
Sans attendre, elle fit signe aux fille de s'arrêter. Elles obéirent mais, toujours les armes à la main, vinrent se placer à ses côtés. A la fois apeurée et excitée, les idées de Lilia commençaient à s'embrouiller quand elle posa la question :


"-Qui... qui êtes vous ?
-Tu as sa voix... c'est incroyable comme tu es devenue belle, plus belle encore que ta mère.
déclara posément l'inconnu. J'imagine que toi et tes copines êtes venus grâce à une carte de Fëanor... il n'y a qu'une seule façon de me trouver : il faut avoir une des ces cartes et que je veuille bien l'être. "
Le secret... la cape... le nom sur la pièce... tout cela forma une rapide équation dans la tête de l'envouteuse.
"-Le T... c'est pour...
-Thaoth Ardor, oui, c'est moi même.
"

Elle n'en revenait pas. Le maitre des "Légendes" était là, devant ses yeux. Le meilleur ami, le frère d'armes de son père.* Cela fait des années qu'il avait été déclaré mort.
Cette fois ci, Lilia le sentait, elles allaient toucher au but.



*Voir la biographie de Fëanor Valandril et La Formation d'Arthas.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Mar 04 Mai 2010, 10:43

Thaoth Ardor. Ce vieux guerrier était devenu une légende, au véritable sens du terme, dans les casernes d'Ascalon. Des quatre frères de l'époque de sa guilde, c'était bien lui le plus populaire.
De part sa taille et sa masse peu commune, on ne pouvait que le remarquer et il disposait d'une force presque surhumaine qui lui avait valu des faits d'armes remarquables. Sa technique paraissait simple : profiter de sa stature pour abattre chaque ennemi d'un immense revers de marteau, qu'il soit lourdement caparaçonné ou protégé par un enchantement. S'ils étaient plus petit que lui, il abattait ses adversaires par paquet, et s'ils étaient plus grand, il ne tardait jamais a leur briser les membres pour faire voler leurs crânes en éclats. Cela pourrait paraître basique, mais le guerrier était assez futé pour esquiver tout les coups, même avec sa corpulence il était d'une grande agilité.

Il avait rencontré Fëanor dans l'Ascalon d'autrefois, où le rôdeur lui avait sauvé la vie lors d'une lutte qui avait finie à main nues avec Charr. Il n'en fallait pas plus pour que ces deux hommes que la guerre de guildes avait dépossédé de leur vie pour se lier d'une amitié exceptionnelle. Ils ne comptaient plus le nombre de fois où chacun avait échappé à la mort grâce à une intervention de l'autre à la dernière seconde.
Après la fournaise, Thaoth retrouva son cousin Mort Linden et Fëanor son seul ami d'enfance Isil Denacre. Ensemble, ils avaient formé cette guilde d'espion qu'était les "Légendes du Royaume".
Réservé à une élite combattante, la couronne la chargeait aussi de mission de "diplomatie" peu scrupuleuses -comme l'amour que portait le Roi Adelbern pour les étrangers pouvait le faire penser. Par de nombreuses fois, au moins un des co-fondateurs se rebellait vertement contre les ordres du Roi. Mais, celui ci fermait les yeux au vu des actes héroïques et des vies sauvées par la guilde. Mais, avec le temps et la déchirure du prince Rurik, Adelbern ne supportait plus qu'on lui désobéisse. De plus, Fëanor et Thaoth eurent de nombreuses prises de bec avec des officiers aujourd'hui célèbres de la garde d'Ebon. Ceci rajouté à des départs de plus en plus fréquents des chefs, à un recrutement que ne suffisait plus pour compenser les pertes et à cette jalousie qui trainait de certains à l'encontre de la guilde, ne tarda pas à torpiller la réputation des Légendes.

Et puis, en un jour fatidique, Mort Linden sombra dans une profonde folie. Une découverte dans les fondations de l'île qui servait de base à la guilde qu'il avait lui aussi participé à fonder lui avait fait perdre la raison. Cédant à un démon qui lui avait demandé le sacrifice de tout son sang, il déchaina la fureur mort vivante qui engloutit le hall des Légendes. Tous les membres furent assassinés, certains encore dans leur sommeil. Seuls Fëanor, Thaoth et une jeune élémentaliste du nom de Vaenia Elwiniaen réchappèrent, et ce grâce au sacrifice de Tilmus, un des frères de Thaoth, qui retint les morts vivants hors de portée du bateau en disparaissant dans une immense colonne de colère divine.
C'est ce jour là que Maeglin Valandril, la jeune et très belle sœur de Fëanor, fut mortellement poignardée par le corps possédé de Linden.

Le haubert que portait Maelynn, voilà tout ce qu'il restait d'elle. Elle l'avait laissé chez le vieil homme chez qui Fëanor l'avait placé quand elle était petite. Ce même homme qui avait élevé Maelynn et qui, touché par la ressemblance entre les deux jeunes filles et sentant ses derniers jours venir, lui avait légué cette armure.


Tout ce récit, les trois jeunes filles venaient de l'entendre de la bouche du seigneur Ardor. Aujourd'hui encore, la voix rauque de ce vieux guerrier tout en superlatifs était parfois tremblante quand il évoquait ce lourd passé.
Lilia était littéralement pendue à ses lèvres tant elle pouvait, sans devoir fermer les yeux, deviner la silhouette de son père combattant aux côtés de ce grand vétéran. Plus que ça, elle savait qu'il était en vie. Pas une fois Thaoth le décrivait au passé, et il n'avait jamais évoqué le drame de son hypothétique mort. Sa quête n'était pas finie. Elle harcelait le guerrier de questions, auquel il répondait avec plaisir et nostalgie.

Pourtant, il restait toujours en retrait, et n'avait fait aucune effusion de joie en retrouvant la fille de son meilleur ami : quasiment sa nièce ! Peut être était il ainsi, l'oncle Thaoth, un peu bourru et réservé.

Anthéa, Lilia et Maelynn étaient restées un jour et une nuit chez Thaoth, dans son robuste chalet de montagne. Le lendemain, il prit leur carte et leur désigna un endroit où retrouver la trace de Fëanor à coup sûr. Un endroit secret dont tout le monde est censé ignorer l'existence. Mais, devant n'importe quel serment, les deux vieux filous n'avaient aucun secret l'un pour l'autre.
Sur la carte, c'était un endroit vierge et flou qui ressemblait à s'y méprendre à une étendue d'eau. En vérité, c'était une immense forêt gorgée d'énergie spirituelle et dont "ceux qui nient le plus son existence en sont peut être ses ardents défenseurs.", leur avait souligné le vétéran.

Non sans émotion, les jeunes filles quittèrent le domicile doux et chaleureux du guerrier. Lilia lui avait même sauté au cou avant de partir. Finalement, le plus troublé par ce séjour fut sans doutes Thaoth lui même.
Les jeunes filles l'ignorait, mais cela faisait plusieurs années que Thaoth n'avait pas revu son vieux frère. Il se persuadait qu'il était encore en vie, mais, dans le jours sombres, il en doutait. Il ne l'avait pas parlé de la tragédie des Colporteurs. Ce jour là, le vieil Ardor avait cru avoir tout perdu, et était resté quelques jours dans un état proche de la mort après la bataille où il s'était sacrifié. Seul, il avait combattu des centaines de pirates. Seul, il était tombé et son corps jeté à la mer. Sans l'intervention d'Arachnos Eldoras et de quelques survivants, il aurait servit de casse croûte à un poisson carnivore.
Il croyait ne plus avoir de patrie, d'amis et de famille, mais la présence de ces trois invités surprise lui avait fait retrouvé l'espoir.

Le cœur battant, il rentra chez lui. Il n'eut que le temps de fermer la porte avant qu'un violent coup derrière la jambe le fit chuter sur les genoux. Le mortel froid d'une lame acérée vint lui caresser la gorge, écorchant déjà la peau.


"-Cela fait des lunes que je te cherche, Thaoth. J'ai tué Fëanor et maintenant, c'est ton tour. Tu vas payer pour toutes les humiliations que tu m'as fait subir !"

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Sam 08 Mai 2010, 14:16

Depuis qu'elles avaient quitté le domicile de Thaoth, les filles avaient eu de la chance. Elles avaient intercepté une colonne d'aventuriers au campement militaire de Deldrimor et avaient pu remonter jusqu'au Promontoire en toute sécurité en leur compagnie. Lilia en avait profité pour tester ses talents d'envouteuse sur un jeune guerrier... ses talents d'envouteuse charnelle, et non spirituelle.
Car voilà une facette de Lilia qui restait totalement insoupçonnée pour Maelynn : elle était très jeune, mais déjà une croqueuse d'hommes. Anthéa en riait parfois, mais cela ne lui plaisait pas du tout.
Depuis qu'elle était devenue jeune fille, Lilia avait développé une obsession. Elle voulait dominer tout ce qui lui était inconnu et comme elle était très belle, elle avait commencé par utiliser ses charmes naturels sur les hommes et son charisme sur les femmes. Pour ce qui est des créatures hostiles et des animaux, sa mère l'avait mise sur la voie de l'envoutement par la magie. En s'immisçant dans les pensées, elle pouvait faire voir des choses qui n'existent pas ou infliger des maux atroces mais totalement illusoires. Parfois, elle utilisait ses propres maléfices sur elle, pour se donner de la force, de l'endurance ou pour ne plus souffrir d'une maladie. Voilà ce qui plaisait le plus à Lilia dans son art : l'immense palette de possibilité que lui offrent ses talents.
Toutefois, ceux ci sont dangereux et fastidieux à apprendre. Aussi se force t-elle un entrainement quotidien. Hélas, plus d'un beau jeune homme était tombé réellement et éperdument amoureux de la jeune envouteuse. Les plus chanceux ont eu un baiser. Les autres broieront encore longtemps du noir dans un coin de leur esprit.


Une fois au promontoire, deux choix s'offraient aux filles. Soit continuer vers le nord et traverser les impraticables sommets qui séparent les territoires Norn des nains, soit rejoindre l'Arche du Lion. Le nouvel amoureux transit de Lilia leur avait affirmé qu'il y a sous l'arche un tunnel magique qui permettait d'aller sur tous les continents, et même à l'Oeil du Nord ! Un chemin était solitaire, risqué et éreintant, l'autre était court et tranquille. Quelle ne fut pas la joie du jeune aventurier lorsque les filles prirent la décision de rallier l'Arche, car c'était précisément là où il se rendait.


Un fois arrivées dans la capitale de la Kryte, les jeunes filles prirent du repos en compagnie de leurs nouveaux amis. Tous connaissaient déjà les lieux. Le plus grand port de toute la Tyrie actuelle n'était plus ce qu'il était depuis l'ascension du Blanc-Manteau. Même si ils étaient trop jeunes pour l'avoir connu, ils pouvaient imaginer ce qu'était l'Arche du Lion avant. A la place des casemates, des petits châteaux, des maisons groupés à flanc de colline et des cabanes de pêcheurs. Ceux ci ont été complètement repoussé sur la plage, parfois même dans l'eau, vivant dans des petites maisons sur pilotis. Heureusement, la courageuse Garde du Lion faisait toujours respecter la loi, mais la surveillance du Blanc Manteau était de plus en plus sévère. Surtout en ces temps de crises.


Pendant que Lilia faisait ses adieux à son amant d'un jour sur les quais -celui ci était membre d'une guilde et avait pour mission impérative de voyager à l'étranger pour quelque besogne- Maelynn et Anthéa firent le tour du marché. Les étals étaient riches en poissons certes, mais aussi en produits utiles, en objet magiques dérisoires et en armement.
Soudain, un homme au visage dissimulé, semblant surgit de nulle part, vint murmurer quelque chose à l'oreille d'Anthéa. Avant qu'elle ne puisse répondre ou tenter quoique ce soit, il avait déjà disparu.

La guerrière, qui était à deux pas de là, la rejoignit très vite.


"-Qu'est ce que c'était ? Tout va bien ?
-Euh... oui, oui... tout va bien...
hésitait la moniale en scrutant la foule à la recherche de l'inconnu.
-Qui était ce ? Tu le connais ?
-Pas du tout ! Mes amis ont des meilleurs manières ! Qui plus est, je n'ai aucun ami. Je n'ai même pas vu à quoi il ressemblait, il était derrière moi !
-Je n'ai vu qu'une grande silhouette avec une capuche noire et un carquois dans le dos. Que voulait il ? Tu es sure qu'il ne pas touchée ? Ou volée ?

Fouillant sa tunique, Anthéa ne constatait rien d'anormal.
-Non, non, je crois pas... Il m'a murmuré quelque chose à l'oreille... je me demande comment il peut être au courant ?
-De quoi ?
-Il a dit : Rendez vous plage Est ce soir après le coucher du soleil. Je connais l'homme que vous cherchez.
"

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Jeu 29 Juil 2010, 11:50

Les filles étaient un peu fatigués de leurs récents voyages, aussi la décision de rester se prit elle naturellement. En effet, malgré les dangers que représente une réunion secrète avec des inconnus à propos d'un disparu, Maelynn et Lilia étaient convaincu que c'était la chose à faire, question de destinée. Après tout, même si les évènements n'ont pas toujours été réjouissants, depuis le début de leur quête elles ne faisaient que s'approcher d'avantage du but.

Et encore, elles ignoraient tout de leur chance. Fëanor était cartographe certes, et de par ce fait il avait du vendre un grand nombre de ses créations dans sa carrière. Mais un carte signée de sa main et avec un message caché en guise de légende, l'exemplaire était très rare, voire unique au monde !
Et Thaoth, le grand guerrier vétéran de mille batailles, personne ne l'avait vu depuis des années ! Pas même les derniers membres de sa propre famille ! Ni Fëanor qui portait était censé être le seul homme en toute la Tyrie à connaitre l'emplacement de sa demeure.
C'est comme si Fëanor voulait être retrouvé.

A la nuit tombée, et après un repas quelque peu frugal, les filles se dirigèrent vers la plage la plus à l'Est du territoire de l'Arche. Elles croisèrent quelques badauds et groupes d'amis qui profitaient de la fraicheur d'une belle soirée en bord de mer. Souvent, des feux restaient allumés bien après le départ de leurs créateurs, pour que d'autres puissent en profiter, et c'est ce que firent les trois amies. Le ciel n'était pas entièrement dégagé mais la lune éclairait assez bien les alentours. Elles n'avaient comme ambiance sonore que le doux clapotis des vagues, les craquements lointains des coques de bateau et les crépitements du feu.
Cette atmosphère de tranquillité fut bientôt perturbée par un crissement inquiétant : des pas approchaient a bonne allure, et des pas nombreux.
Maelynn n'eut que le temps de se lever les yeux pour apercevoir huit silhouettes inquiétantes commencer à les encercler.

"-Les voilà ! Ce sont elles, messieurs régalez vous de ces jeunes formes !"

Sur cet ordre lancé par un des inconnus, tous se ruèrent sur les filles. Le feu les dévoila un instant : ils avaient tous la peau mate, certains portaient une belle armure et d'autres des vêtements plus raffinés, mais tous d'ivoire et d'or. Avant de recevoir un violent coup sur la tempe, la guerrière regretta amèrement d'avoir perdu son uniforme volé du blanc-manteau.

Quand elle retrouva ses esprits, elle n'avait quasiment pas bougé. Deux hommes étaient à terre, l'un les mains brûlées et l'autre le visage figé d'effroi. Un des chevaliers courrait partout en criant des inepties et se tapait la tête contre le sol, sans que ses collègues ne puissent l'arrêter.

"-Tu vas payer pour ce que tu as fait à mes amis, envouteuse de pacotille ! Déshabillez là ! beugla l'homme casqué qui semblait être leur capitaine. Et toi là bas, regarde bien, car ça sera bientôt ton tour."
Maelynn sentit alors deux mains pataudes se crisper sur sa taille fine et commencer à la caresser. Elle se débattait du mieux qu'elle pouvait, mais en vain, un deuxième homme vint la tenir. En regardant dans sa direction, la jeune femme vit le corps tremblant et recroquevillé de son amie moniale, qui lui fit imaginer le pire.
Pendant ce temps, les autres agresseurs se léchaient presque les babines devant le corps de Lilia, peu à peu dévoilé par ses bourreaux qui lui arrachait ses habits. Un de ces porcs parvint même à dévoiler la belle poitrine rebondie de l'envouteuse.
Il agitait son nouveau trophée en dansant et riant, applaudit par ses camarades, quand tout à coup il hurla et tomba à terre, ses mains plaqués sur son crâne. L'homme casqué avait vite comprit et frappa le visage de Lilia d'une gifle cinglante.

"-Cesse tes maléfices, ma jolie ! Tu ne peux rien contre nous !"
Puis il la releva et commença à la palper brutalement.

Maelynn était folle de rage, si bien que les deux chevaliers qui étaient sur son dos avait beaucoup de mal à la retenir. Elle criait et se débattait comme un Charr en train de brûler vif, ses artères étaient exagérément dilatés et l'on pouvait croire que le sang allait lui jaillir par tous les pores. Anthéa terrassée et meurtire, Lilia presque entièrement nue et en sanglots, c'en était trop. Sans le poids de leurs armures, elle aurait certainement pu échapper à l'étreinte forcée de ses ravisseurs.

Lilia avait cessé toute lutte, et l'homme casqué l'arracha des mains de ses subalternes pour l'emmener sur son épaule.

"- Celle là est à moi ! Faites ce que vous voulez avec les autres ! désigna-t-il."
"-Tu n'iras nulle part, pauvre larve !"

Un silence lourd vint frapper la scène. Les rires et les grognement de rut des agents du Blanc-Manteau s'étaient tus d'un seul coup. L'atmosphère était revenu au simple clapotis des vagues et au crépitement du feu.

Jetant le corps de Lilia à terre, le chef brisa ce calme retrouvé :

"-Qui es tu pour te dresser contre l'autorité du..."
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, un violent coup de bouclier venait de lui briser la nuque. Sans attendre, ses sbires se ruèrent contre leur nouvelle cible, armes en main.
Maelynn ne distinguait pas encore son sauveur potentiel. Elle n'entendait que des bruits de lutte. Un mage à côté d'elle ordonna aux guerriers qui la tenaient de prendre vite part au combat, après quoi il éleva son corps et fit apparaitre une flamme entre ses doigts.
Libérée de sa prison, le premier réflexe de Maelynn fut d'aller auprès d'Anthéa. La jeune Moniale était consciente et éveillée, mais elle avait le regard dans le vague et tout son corps tremblait. Elle ne répondait pas. La guerrière arracha une vieille toile de tente à proximité et emmitoufla son amie avec. C'est alors que les bruits de lutte avaient cessé. Levant les yeux, elle aperçu une immense silhouette caparaçonnée s'avancer lentement vers le mage en pleine incantation, une nuée de corps derrière elle. Un grand jet de flammes s'échappa alors du dernier Blanc-Manteau restant, et la silhouette prit feu instantanément. Sans broncher, elle continuait d'avancer, jetant ses armes à terre.

"-C'est impossible ! pleurait l'élémentaliste en s'agenouillant. Pitié ! Pitié !"
Le nouveau venu le prit par les épaule, le releva et lui asséna un très violent coup de sa tête casqué. Dans un craquement horrible, le crâne du dernier de ces malotrus céda et son corps inerte chuta lourdement sur le sable.

Lilia avait ramassé les lambeaux de ses effets et avait rejoint en rampant ses deux amies, un bras sur sa poitrine dénudée. Elle s'était jetée dans les bras de Maelynn et avait laissé libre cours à ses pleurs.
La guerrière n'avait de cesse de trouver de nouveaux mots pour rassurer son amie sous le choc. Quand le pas lourd de l'inconnu s'approcha, elle la laissa aux côtés d'Anthéa et se dressa pour les protéger. Elle trouva en face d'elle un grand et beau jeune homme aux cheveux longs et aux traits d'une rare finesse. La vision de cet ange brun lui fit perdre un instant sa garde.

Un coup de pommeau assommant vint alors la frapper en plein visage. Avant de sombrer dans l'inconscience, elle entendit la voix déchirée de Lilia hurler un long et horrible "Non".

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Ven 30 Juil 2010, 23:37

"-Non... non... Quoi ! Quoi... assez... non, je... elle... laissez moi ! ... frère... viens m'aider, mon frère..."

Une horripilante petite goutte glacée vint mettre fin aux rêves enfiévrés de l'homme qui gisait contre une paroi rocheuse. Dans un spasme et un cri, il se frotta violemment le front et le visage, comme si l'eau lui rongeait les chairs. Il ouvrit les yeux et ne vit rien d'autre qu'une table, avec quelques ustensiles et des torches. La pièce était grande, vide et très froide. De l'eau ne cessait de perler des stalactites au plafond. Une grotte. Une grotte secrète sans doutes, austère et humide.
D'abord, il reprit conscience de son corps. Ses mains étaient écorchés, ses bras brûlés. Il releva la simple chemise qui habillait son torse pour dévoiler une immense cicatrice. Certes, il en avait beaucoup, et de toutes formes, mais celle ci était plus récente et atrocement mal soignée. Il ne pu s'empêcher de la toucher, ce qui lui fit hurler de douleur.

Ça y est, cela lui revenait. Il ne savait plus d'où il venait ni pourquoi son agresseur l'avait transporté ici. Mais oui, il était bien victime d'un bourreau. Un bourreau absent. C'était le moment de se sauver, il ne pouvait se supporter en cage. Hélas, ses jambes ne répondaient plus. Il tenta de se trainer le long du mur en vain. Déjà à bout de souffle et avec un gout de sang écœurant lui envahissant la bouche, il souleva la couverture miteuse qui protégeait ses membres inférieurs handicapés. Son estomac se noua violemment à la vue des grandes escarres de peau noircie qui courrait le long de son mollet gauche et de sa cuisse droite. Même ses pieds étaient atteints par la nécrose.

Il pourrissait vivant.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Sam 31 Juil 2010, 00:06

Rarement Maelynn n'avait connu de réveil aussi angoissant. Elle était pourtant très confortablement installée dans un lit de l'infirmerie de la garde du Lion. Un doux rayon de soleil venait caresser les draps et les tentures de la pièce. Dans cette atmosphère sereine, la guerrière courrait déjà pour sortir de sa chambre. Ou du moins tentait elle de courir car elle était encore engourdie de la veille. Elle ne tarda pas à trébucher et à tomber dans la bras d'un jeune prêtre qui passait dans le couloir.

"-Où sont elles ? Où sont mes amies ? Où sont les ordures qui ont fait ça ? Répondez ! REPONDEZ !"

L'homme avait beau lui conseiller de se calmer ou la rassurer, Maelynn rentrait dans un état d'hystérie profonde. Si bien que la tête commençait à lui tourner sévèrement. Lâchant la gorge du moine, elle s'appuya contre un mur et se laissa tomber les fesses par terre.
Après lui avoir laissé quelques secondes pour respirer et reprendre ses esprits, le jeune homme la releva avec une grande douceur.


"-Allons, allons mon amie. Votre amie Anthéa Satyrus va très bien. Nos gardes l'ont trouvé dans un état de choc maléfique. Sans doutes a t elle voulu tenter de vous protéger malgré les effets néfastes d'un mauvais sort de nécromancien ou de manipulation des esprits. Elle a du subir un retour de flamme très brutal, suit à quoi toute son énergie vitale s'est retrouvée enchainée et paralysée. Une vraie coquille vide pendant quelques minutes ! Quand à vous, nous vous étonnez pas si votre tête vous fait mal. Même très mal. Vous avez reçu un coup contondant très important. Il est nécessaire de retourner vous coucher ! Je vais faire venir votre amie."

Maelynn avait envie de poser mille questions, mais en effet son crâne lui faisait déjà souffrir le martyre. La vision brouillée, elle se laissa raccompagner par le prêtre médecin jusqu'à son lit. A peine fut elle allongée qu'Anthéa surgit dans la pièce.

"-Que Dwayna soit louée, Maelynn ! J'ai eu tellement peur ! puis elle s'adressa au jeune bienfaiteur. Merci, merci énormément pour tout ce que vous avez fait, je vais m'occuper d'elle maintenant."
Dans un sourire, l'agent du Lion s'éclipsa.
"-Maelynn, ma chérie... c'est horrible !
-Attends...
souffla la guerrière en se redressant sur son oreiller. Lilia... où est elle ? Qui était cet homme ?
-Je ne sais pas, mais il l'a enlevée ! Lilia a disparu ! Depuis cette nuit, il y a déjà une dizaine de gardes et de rôdeurs à sa recherche. J'attendais que tu te réveilles... pourquoi Mae' ? Pourquoi ont ils fait ça ?"


La jeune moniale éclata en sanglots sur le torse de la convalescente. Cette dernière lui caressait la tête d'une main et serrait extrêmement fort son poing de l'autre. Leur quête prenait une toute autre tournure.
Sa vengeance serait sanglante.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Mar 04 Jan 2011, 12:58

Jusqu'à présent, les jeunes femmes n'avaient pas été épargnées par les horreurs de la vie. Maelynn avait vu la fournaise et avait perdu sa famille, ses parents s'étant suicidés après la mort violente de tous ses frères. Anthéa avait encore ses parents, enfin du moins l'espérait elle, mais elle avait vu des choses ignobles en Canthe, des images qui rendent fou.
Mais elle n'avaient jamais été préparées à ce que la menace vienne de compatriotes. La guerrière était entrainée à combattre toutes sortes de bêtes et de monstres plus ou moins intelligents, et la moniale avait combattu le fléau de Shiro Tagachi.
C'était différent cette fois là... des hommes, des alliées, des gens qui marchent dans les rues de villes humaines fortifiées et sûres... Dans ses moments de désespoirs, Maelynn se demandait comment était il possible de combattre si le mal venait de l'extérieur et de l'intérieur. Comment, avec la guerre qui ravage encore sa patrie, des hommes peuvent ils s'entretuer. Cette injustice l'écœurait, elle ne pourrait plus se supporter longtemps en Kryte.

Et pourtant, il leur fallait encore parcourir les plages de l'Arche du Lion encore un peu. Il y avait eu meurtres et enlèvement la veille, et la caserne du Blanc Manteau était en effervescence. Les patrouilles étaient omniprésentes, de robustes hommes en armures blanches jetaient des regards inquisiteur sur chaque personne qui déambulait dans les rues. Ca et là, des disputes éclatait entre gardes blanc et gardes du Lion. Ces derniers faisaient tout pour contenir la véhémence et le zèle des adorateurs des Invisibles, qui n'étaient même pas chez eux.
Mais voilà, une escouade entière des leurs avaient été décimée, et un gradé avait été retrouvé le crâne entièrement et sauvagement éclaté. Le soir approchant, l'atmosphère se faisait de plus en plus lourde de tensions.

Pourtant, il fallait que les deux jeunes amies restent encore et qu'elles trouvent un semblant de piste. En effet, ce piège grossier dans lequel elles étaient tombées, croyant se rapprocher de leur but, n'avait eu que l'effet inverse. Mais il fallait être d'une totale discrétion. Car c'est bien cela qui a failli leur couter la vie. Arrivées à l'Arche, elles sillonnaient tous les commerces en posant toutes sortes de questions sur les indices qu'elles avaient pour retrouver Fëanor. Il était alors très facile pour un type malhonnête de les attirer où il voulait en leur promettant de les aider.

Et puis, il y avait cet homme.

"-Maelynn... ? "osa timidement la moniale après un long moment de silence paranoïaque.
"-Qu'y a t-il ?
-Tu sais... je suis très inquiète pour Lilia.
-Moi aussi ! C'est pourquoi nous devons agir très vite, ne pas perdre une minute !"
s'impatienta la guerrière en reprenant le cours de la marche.
"-Oui, oui, mais attends." fit la moniale en prenant le bras de son amie. "Cet homme. Notre... "sauveur", celui qui a enlevé ma chérie... Tu le connais ?"
Maelynn s'arrêta. Après tout, il lui fallait souffler un peu, sa blessure n'était pas encore refermée.
"-Non. Pas du tout, fit elle dans un soupir. Mais si tu veux mon avis, lui, il nous connait.
-Tu crois qu'il nous suivait ? Qu'il voulait Lili ?
-C'est ce que j'en déduis. Il ne nous a pas sauvé. Il n'a pas tué tous ces gens par sens chevaleresque. Non, il les a massacré parce qu'ils ont bien failli s'emparer d'elle avant lui. D'ailleurs, ils nous a laissé pour mortes.
-Et... tu penses que c'est lui ? Que c'est Fëanor ?
-Oulà ! Non ! Enfin, ça m'étonnerait beaucoup, il ne correspond pas du tout à la description qu'on m'en a faite. Et ce n'est pas non plus une sorte de chasseur de primes qui travaillerait pour lui... Non... le vieux bonhomme a beaucoup plus de... savoir vivre,
répondit Maelynn en se frottant le pansement qui lui tenait la tête. Non, vraiment, je ne..."

Un vent de panique lui fit stopper net sa phrase. Quelque chose se produisait. Plusieurs hommes armés se ruait tous dans une rue voisine. Les deux jeunes femmes jugèrent bon de suivre le mouvement, tout en rasant les murs. L'angoisse montait au fur et à mesure qu'elles se rapprochaient de la source de toute cette agitation. Elles retournaient sur les lieux du crime.

L'endroit n'avait pas encore été nettoyé, mais étant sous bonne garde. Les dépouilles étaient recouvertes de draps blancs frappés du sceau du Blanc Manteau. Maelynn grimaça de dégoût quand elle aperçu le visage figé dans la douleur d'un des gros bras qui l'avait retenu prisonnière. Le sable était maculé de sang et de boyaux. L'écume essayait même d'emporter un lambeau de tissu que les deux amies connaissaient bien : le haut de la robe de Lilia.
Très vite, des militaires éloignèrent les civils trop curieux, dont Anthéa et la guerrière.
Un homme prit la parole. A en croire par ses effets et l'allure de sa garde personnelle, c'était un confesseur. Il tenu un long pamphlet sur l'incompétence de la garde du Lion, sur l'horrible spectacle qui se déroulait en ces lieux, sur la volonté des Invisibles de reprendre l'Arche du Lion et d'exercer un châtiment sanglant sur l'auteur de ces crimes. Puis il agita les pièces à conviction. Il y avait le lambeau de la robe de Lilia, un lourd bouclier incroyablement usé et une épée d'une longueur et d'une largeur impressionnante.
La lame de cette dernière était gravée. Il y avait deux noms. Dans un sourire de fou furieux, le confesseur ordonna a toutes ses troupes de partir à la recherche de ces deux barbares qui avaient pareillement insulté la mémoire de Saul d'Alessio.
Maelynn et Anthéa durent se cacher pour éviter d'être piétinées dans la rage fanatique de la véritable armée qui se déployait en hurlant :

"-A mort Arthas Celebrion ! Mort aux félons ! A mort Fëanor Valandril !"

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Jeu 27 Jan 2011, 20:56

Un cri de douleur déchira le silence de la grotte.

Il savait qu’il ne devait pas y toucher, mais il n’avait pu s’en empêcher. Son doigt s’était enfoncé dans la chair noire de son mollet comme dans un vieux fromage et avait touché les muscles à vifs sous la nécrose.
Grimaçant et transpirant, l’homme était pourtant rassuré. L’infection était très récente et n’avait gagné que peu de peau. Passé l’engourdissement dont il souffrait, il pourrait marcher. Marcher et fuir hors de cet endroit infernal. Enfermé sans presque aucune lumière dans une grotte situé il ne savait où…Heureusement, il avait été mintes fois confronté à des situations de cet acabit et il parvint à garder son sang-froid. Ce n’est pas la survie en terrain hostile qui l’inquiétait, mais plutôt le joug qui planait sur lui. Il fallait partir maintenant, avant que son agresseur arrive, car il n’avait rien pour se défendre que son physique malade et épuisé.

Il ne tarda pas à se lever à nouveau et, avec l’aide des parois, se diriger vers ce qu’il espérait être l’air libre. Les lieux étaient réellement humides, il avait parfois l’impression de déambuler dans une immense éponge faite de roches. Par chance, des torches éclairaient tout le chemin. Le souffle lui faisait de plus en plus défaut, tant il claudiquait, glissait et trébuchait dans des flaques d’eau.
De l’eau… de l’eau partout. Elle ruisselait le long des pierres et creusait la roche. Son esprit s’éveillant peu à peu de sa langueur, la sensation de soif se mit à le harceler. Se laissant tomber un genou à terre, il joint ses mains pour apporter un peu du précieux liquide à sa bouche. Il la recracha aussitôt. Salée. Cette grotte était à moitié immergée sous la mer, ou pire, l’océan ! Priant pour que son instinct le trompe, il accéléra le pas.

Entre deux de ses respiration haletantes, il entendit un pas. Un pas lourd. Quelqu’un approchait. Il était fait comme un rat ! Piégé dans un couloir, handicapé des deux jambes et sans armes. L’être qui approchait était encore loin et marchait lentement. Le choc lent et cadencé de ses pieds sur le sol résonnait dans la grotte comme un glas.L’homme blessé reculait sans faire de bruit. De la corde, il lui fallait de la corde ! C’est là qu’il s’aperçut qu’un très long cordage était fixé entre chaque torche, faisant sans doutes office de rampe pour cheminer dans cet endroit glissant et accidenté. Tout en se maudissant de ne pas l’avoir vu plus tôt, il en arracha un segment. Il lui fallut quelques secondes pour préparer un piège sous forme de fil de détente de fortune, qui ne ferait aucun mal sur quelqu’un de très massif ou de lourdement protégé. Hélas, la lenteur et la lourdeur avec laquelle le danger avançait était de mauvaise augure. Mais ce n’était pas important, il fallait juste qu’il trébuche et que son attention soit divertie quelques secondes.

Caché derrière un rocher, dans l’ombre la plus totale, le blessé attendait sa chance. Son esprit était tellement concentré qu’il arrivait presque à oublier la douleur et la situation dans laquelle il se trouvait. Entièrement focalisé sur l’instant présent, il espérait avoir la détente musculaire nécessaire à un échappatoire rapide.
L’homme était là. Il pouvait le distinguer maintenant, c’était bien un être humain. Un colosse en armure de métal brillant qui transportait un grand sac sur l’épaule. C’était lui. Le bourreau qui le retenait enfermé. Il n’était plus qu’à une paire de mètres maintenant. Un pas. Un deuxième. Il était visiblement très chargé, pour avancer si lentement. Les mains du blessé se crispèrent sur leur appuis et ses jambes se tendirent, ce qui le transperça d’une intolérable douleur. Il ne put retenir un râle.
Aussitôt, il se lança en dehors de sa cachette. En entendant le cri, l’autre homme s’était arrêté, mais trop tard. La corde se tendit violemment sur son tibia mais n’eut que pour effet de le déséquilibrer. C’était la piètre diversion nécessaire au fugitif pour bondir et tenter le tout pour le tout.
Il devait repousser très loin les limites de son corps pour arriver à courir de la sorte. La douleur le torturait de plus en plus fort, au point de le faire hurler pendant plusieurs instants. Sa vue se brouillait et le sang battait horriblement fort dans ses tempes. En sortant de la grotte, ses jambes se dérobèrent et le firent tomber. Mais sa vie était encore en danger, alors il rassembla ses forces et se releva.Le spectacle qui s’offrait à ses yeux le terrifia. Reculant jusqu’à l’entrée de la prison dont il venait de s’évader, il s’appuya sur une paroi pour calmer la panique qui l’envahissait.

Une voix ne tarda pas à retentir derrière lui.
« - Fëanor ! Où vas-tu comme ça ? Tu es coincé ici ! »
Les mots ne faisaient que résonner lointainement dans sa tête, tant son esprit était choqué.
« - Oh ! Fëanor ?! Je dois achever ce qui a été commencé ! Tu m’entends ?! Je tiens ta fille ! TA FILLE !! »

Tout lui revenait maintenant. Il s’appelait Fëanor Valandril. L’épée de celui qu’il prenait pour son fils lui avait ouvert le ventre et il était retenu prisonnier dans le plus morbide des tombeaux. Une île où tous ses frères d’armes avaient été massacrés il y a très longtemps. Un immense caillou en plein océan où le corps de sa sœur gisait sans doutes encore.Il était debout dans ce qui était jadis sa forteresse : le Hall des Légendes du Royaume d’Ascalon, où les goules et les mort-vivants avaient dévoré jusqu’au trône sur lequel il siégeait autrefois.

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MessageSujet: Re: [Biographie] Maelynn Sylvelame. Anthéa Satyrus. Lilia Coeurascalon. Trois destins croisés.   Ven 28 Jan 2011, 20:47

Depuis que l’Arche du Lion était devenu un territoire militaire, les échauffourées étaient courantes entre les deux forces en présence. Mais depuis peu, la tension était monté d’un cran. Les jeunes filles ne savaient pas exactement pourquoi, mais c’est un climat de guerre qui s’installait peu à peu dans le plus grand port de la Tyrie.
La quête des jeunes filles avait prit une toute autre tournure. Une des leurs venait d’être enlevée et c’est maintenant une véritable petite croisade qui s’était levée contre l’homme qu’elles cherchaient. Ce déchaînement de force exagéré était une pratique commune pour le Blanc-Manteau, et peut être qu’elles allaient pouvoir l’utiliser à leur avantage.
En effet, l’armée du Blanc-Manteau est comme une pieuvre tentaculaire assise sur les quatre coins du continent, en autant d’espions, d’éclaireurs et de zélotes impitoyables. Bien plus efficaces que deux jeunes filles perdues loin de chez elles pour retrouver un fugitif ou un porté disparu.
Mais comment procéder ? Rejoindre leurs rangs était inconcevable, et elles n’avaient plus les charmes et talents magiques de Lilia pour extraire des informations d’un Chevalier peu discret.
Pour commencer, elles décidèrent de retourner dans la caserne du Lion. Elles avaient laissé la plupart de leurs affaires à l’infirmerie et la faiblesse recommençait à les gagner. Aussitôt furent elle arrivées devant les portes du bâtiment ami que le jeune moine qui s’était occupé d’elles les intercepta et les emmena dans une ruelle tranquille.


« - Je vous trouve enfin !
- Que se passe t-il ?
Demanda Maelynn qui avait déjà la boule au ventre.
- C’est la panique dans la caserne, un inquisiteur est venu en personne avec des ordres on ne peut plus haut placés. Il a obtenu le droit de fouiller les salles communes de la garde du Lion… le commandant est furieux ! Il s’arrêta un instant pour jeter un coup d’œil aux alentours. J’espère que personne ne vous a vu.
- Pourquoi ? Nous n’avons rien fait de mal,
commença à s’offusquer la moniale, c’est encore propos de l’autre soir ?!
- J’en ai bien peur… ils cherchent une certaine personne, apparemment la même que vous, et qui serait l’auteur du massacre.
- Mais, comment ça la même personne que nous ? On ne sait même pas qui est intervenu ce soir là ! Il a même enlevé notre amie !
Rétorqua la guerrière en frappant le poing contre un mur. »
Les nerfs commençaient à monter en elle et lui déclenchèrent une migraine. La voyant ainsi se tenir le crâne en grimaçant, le guérisseur lui mit une main sur l’épaule, que Maelynn renvoya nerveusement.
« - Je sais que c’est difficile… mais il faut vous calmer. Votre blessure est encore récente. Ahhh… soupira-t-il, si seulement je pouvais vous garder dans mon hôpital…
- Quoi encore ? Vous nous expulsez ? Et nos affaires… !
- Du calme !
Coupa le jeune homme en faisant signe de baisser d’un ton. Le Blanc-Manteau est tombé sur vos effets. J’ai eu le temps de rassembler l’essentiel… mais pas la carte. Je suis vraiment désolé, j’ai fait tout ce que j’ai pu…
- La carte ! Maelynn, ils ont la carte de Fëanor !
S’exclama Anthéa en secouant la guerrière par le bras. Espérons seulement qu’ils ne pourront… »

Mais la jeune fille ne finit pas sa phrase. Le regard triste de leur soigneur confirmèrent ses craintes.

« - Hélas, il est impossible de berner un Inquisiteur avec un simple tour de passe-passe. Ils ont découvert le secret du parchemin, lu la signature, et maintenant ils vous cherchent. Ils ne vous laisseront pas la vie sauve… on raconte des choses terribles sur l’inquisition. Ils vous feront basculer dans la folie en torturant vos corps et en mettant vos âmes à l’agonie.
- Il nous faut fuir.
Déclara simplement la guerrière qui s’était reprise. Très vite et très loin.
- Exact, et j’ai déjà tout préparé. Un esquif vous attendra. Cherchez Alton sur la plage Sud-Ouest. C’est un homme assez grand, très bronzé et couvert de tatouages. Il a vos descriptions et vous emmènera vers un lieu plus sur. Filez maintenant ! Je vais tacher de voir si je peux faire quoique ce soit pour retenir la suite inquisitrice dans la caserne.
- Pourquoi ? Pourquoi vous vous sacrifiez pour nous ?
Demanda Anthéa les larmes aux yeux en prenant les mains du moine.
- Vous êtes seules, perdues et victimes des hommes les plus abjects de toutes ces terres. Et puis vous êtes très jolies… Alors déguerpissez si vous voulez le rester !
»

Sur ces mots, les deux amies firent leurs adieux à leur sauveur providentiel puis rejoignirent la plage du rendez-vous. Par chance, elles n’eurent aucun ennui en route. Les patrouilles étaient déjà dans les rues mais faciles à éviter. Elles retrouvèrent très vite Alton, qui les fit embarquer sur une coque branlante à moitié remplie de caisses destinées à recevoir du poisson.
Elles voyagèrent ainsi, dans de grandes caisses malodorantes et recouvertes d’une grande bâche moisie par l’humidité, le long des côtes d’Alessio. Arrivées au niveau du récif sacré et des côtes de la Raie, elles purent s’extirper de cet abri de fortune et finir à l’air libre leur traversée jusqu’au havre des pécheurs.

Le ciel était bleu, la mer était calme. Les rivages étaient paisibles et une brise fraîche leur apportait les sons d’insectes et les chants d’oiseaux du bord de mer.
Tranquilisée, Maelynn ferma les yeux et émit un long soupir. Un de ces soupirs qui eu le pouvoir d’enlever, ne serait ce que l’espace d’un instant, tous le poids qui pesait sur ses épaules. Elle avait vu à quel point l’homme pouvait être cannibale et fratricide.
Maintenant, elle revoyait le bien et l’espoir.

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