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 Le journal du Vieil Explorateur

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Monica
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MessageSujet: Le journal du Vieil Explorateur   Mar 03 Fév 2009, 22:58

Bonjour à tous.

ce sujet sera sans doute ma première expérience RP en forum. Elle aura pour sujet le périple de Monica, mon héroïne avant sa première rencontre avec Elladan Gil Celeb.

je ne sais absolument pas ce que ça va donner, je ne sais pas non plus si je pourrais le terminer ce jour ci ( dans ce cas j'éditerai ) et je ne sais non plus si il est bien placé. quoi qu'il sen soit, je me lance.


Le journal du Vieil Explorateur



Chapitre 1 : Shing Jea



Après une dispute avec le chef du Clan de la Tortue, encore une fois au sujet des éternelles tensions ... que dis-je tensions, conflits, entre Luxons et Kurzicks, j'avais décidé de quitter pour quelques temps les vagues bleues et figées de la Mer de Jade, ma patrie, pour prendre du repos dans les vallées verdoyantes de l'île de Shing Jea. Mais mon intention n'était pas tellement le repos en soi, j'y retournais aussi pour étudier un peu et parfaire mes connaissances en matière de sorts de soin. Je m'étonnerai toujours de la quantité d'informations, de livres, de parchemins, toutes ces connaissances rassemblées au monastère.
Un matin, j'ai longuement prié Dwayna et Balthazar afin qu'ils bénissent mon parcours et me protègent jusqu'à ma destination insulaire. Puis je suis partie sans en dire un mot aux miens, il faut dire que j'en avais après tout le monde ce jour là. Peu importe. J'ai quitté Cavalon peu après l'aube, et je me suis mise en route. J'ai longuement marché le long des vagues de jade, des rocs acérés, et des récifs coralliens que j'avais parcouru dans ma prime jeunesse, de nombreux souvenirs traversaient mon esprit alors que je faisais route vers le nord, vers la terre. Les embruns fouettaient mon visage, infiltraient mes narines, et le vent soufflait à mes oreilles durant toute ma traversée. J'étais seule et une sorte de plénitude m'envahissait à chaque pas. Je me sentais calme.

J'ai ainsi traversé tout Cantha depuis Cavalon, en passant par le Temple de Thanakai où je me suis arrêtée quelques jours prier pour le repos des esprits. J'ai traversé les bidonvilles de Kaineng, manquant plusieurs fois de me faire attaquer dans des coupe-gorges ... les rues sinueuses de la vieille ville ne sont pas sûres ...

Arrivée à la place du marché, j'ai retrouvé mon vieil ami Jin Nizuka par hasard. Le bougre était fort content de me voir ! Je ne peux me rappeler le nombre de fois où je l'ai tiré d'un sacré pétrin, en effet il a le don de s'entourer de malfrats peu recommandables, et de s'embarquer dans des situation qui finissent souvent par nuire à son intégrité physique ...



- Monica ! Je suis si heureux de te revoir ! Cela fait un bout de temps que nous ne nous sommes pas vu, hein. La dernière fois, me semble-t-il, c'était lorsque l'officier Xunkao de la Fraternité de Jade voulais me pourfendre lors d'un duel, sous prétexte que je l'avais offensé... me dit-il pensif.

- Jin, toi ici, je n'aurais jamais pensé te revoir en vie après t'avoir laissé seul tout ce temps dis-je en lui souriant et pour ce fameux Xunkao, je me souviens que si je ne t'avais pas enchanté depuis les gradins, tu aurais sans doute trépassé sous ses coups, bougre d'âne ! Mais que t'était-il arrivé ce jour-ci pour que tu l'insultes comme ça ?

- Je ne l'avais pas insulté, j'ai juste fait remarquer que sa moustache était d'une laideur sans pareil sur son visage de boeuf unicorne ! Bref, passons. Qu'est ce qui t'amène à Kaineng ?

- J'ai rendez-vous à l'embarcadère, un navire de pêche m'attends, le fils d'un membre de mon clan accepte de me déposer à Shing Jea pour que j'y étudie répondis-je.

- Tu ... Tu te rends au Monastère de... Shing Jea ? balbutia-t-il en me dévisageant.

Un sourire éclaira finalement son visage maigre, et ses sourcils fin se soulevèrent d'un coup.

- Je viens avec toi !

- Oh que non, tu ne viens pas lui dis-je d'un ton sévère seuls les étudiants, les moines et les professeurs sont admis sans avoir au préalable obtenu une autorisation du ministère.

- Ecoute Monica il se rapprocha de moi, me pris par l'épaule et m'entraina en marchant vers un endroit moins fréquenté J'ai comme une .. enfin un problème. Je sais, j'aurais encore droit à une leçon de morale de ta part, mais j'ai ... comment dire ... " emprunté " de l'argent à un membre des Am Fah que j'ai connu au marché, afin d'acheter des coupons lunaires en grande quantité pour la fête du nouvel an. Or j'ai ... euh ... je ne peux pas le rembourser à temps.

- Tu as encore tout dilapidé aux jeux. Ai-je raison ?

- Tu me connais drôlement bien dis-donc.

- Trop, peut-être... bon je veux bien t'emmener avec moi, je vais voir ce que je peux faire lui ai-je lancé nonchalamment, en soupirant.

- J'allais justement te le demander.

- Tu le dis toi-même ; je te connais bien lui dis-je avec un clin d'oeil.

Ainsi, deux jours plus tard je m'embarquais en direction de Shing Jea avec mon ami Jin.



Après quelques jours de navigation sur les eaux qui séparent l'île ancestrale du reste du continent Canthien, nous arrivâmes au port, où notre frère Luxon nous débarqua ... avec sa cargaison de poisson.
Sans plus attendre, nous avons fait route vers le Monastère, afin de l'atteindre au plus tôt. Alors que nous marchions dans la vallée, je demandais à Jin de m'expliquer pourquoi il tenait tant à m'accompagner, et quels genres de problèmes l'attendaient sur le continent. Il me répondit que les Am Fah étaient à sa recherche et qu'il ne se sentait plus en sécurité à Kaineng. C'est pourquoi il avait voulu mettre de la distance entre lui et les assassins, afin de se faire oublier me dit-il.
Nous arrivâmes finalement sans encombres au Monastère. Peu avant d'entrer dans l'enceinte du bâtiment je donnais quelques recommandations à mon ami.


- Jin, écoutes moi. Tu est officiellement le pas-bienvenu au Monastère, tu me comprends ? Alors essai de te faire discret, pas d'extravagances, pas de mauvais plans, pas d'arnaques ... enfin essai de ne pas te faire remarquer, c'est tout ce que je te demande. Tu n'as qu'à profiter du temps que tu passes ici pour prendre un peu de repos, fais comme moi. Oh, et tiens, tu devrais en profiter pour lire quelques ouvrages, cela ne te ferai pas de mal.

- Qu'est-ce que tu entends par là Monica ? dit-il légèrement vexé Très bien Madame, je ferais comme bon vous semble me lança-t-il d'un ton provocateur après un bref instant.

- Mademoiselle !! Jin, Mademoiselle.

- Héhé.

Je poussais alors la porte du bâtiment. Un sentiment de nostalgie de mes années d'études au Monastère m'envahit, et je me remémorais tous ces souvenirs enfouis dans mon esprit. Alors que je marchais, regardant autour de moi, Jin frappa doucement mon épaule. Il fit un signe de tête en direction d'une femme en robe noire, au visage maquillé de blanc et aux cheveux d'ébène. C'était le professeur Amara. Elle avait été mon professeur lorsque j'étudiais l'art du soin et de la protection au sein du Monastère. La vie n'avait pas été facile tous les jours avec elle, en effet le fait que je sois une enfant Luxonne ne lui plaisait guère, et elle était particulièrement sévère avec moi. Finalement, je crois que sans elle je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui; elle a fait de moi une femme forte. Lui tenir tête n'a pas été une partie de plaisir mais c'est sans doute grâce à elle si j'ai étudié aussi dur, elle me poussait à réaliser des exercices des plus difficiles, qui dépassaient souvent mon entendement et mes capacités de Moniale. Mes aptitudes d'aujourd'hui sont sans doute liées à la sévérité du professeur.

- Hé bien Monica ... tu as bien grandi depuis que tu as quitté le monastère. Et tu as bien changé. Malgré cela je reconnaitrais entre mille ma meilleure élève.

- Vous me flattez trop, professeur, ce n'est pas dans vos habitudes.

- Allons, laissons de coté nos querelles passées. Qu'est-ce qui t'amènes ici, Monica ?

- Je viens juste ... rendre une petite visite à mes anciens professeurs répondis-je d'un ton innocent ... et je pense aussi profiter de mon séjour sur Shing Jea pour prendre du repos, et continuer mon apprentissage. Je n'ai pas encore étudié tous les ouvrages de la bibliothèque du Monastère; ils recèlent encore bien des mystères.

- Dans ce cas, je vais te réserver une chambre où tu pourras loger ... elle lança un regard furtif sur Jin, qui était resté en retrait ou plutôt deux chambres.

Je la remerciais, et la suivais jusqu'à ma chambre, Jin sur mes talons.

Plusieurs jours s'écoulaient doucement. Je passais le plus claire de mon temps enfermée dans la bibliothèque, à lire. Malgré mes efforts pour le maintenir près de moi, Jin ne pouvais s'empêcher de vagabonder dans le Monastère et j'avais parfois du mal à le trouver. Je me sentais parfois coupable de l'avoir emmené avec moi, les personnes présentes regardaient souvent d'un mauvais oeil cet intrus qui ne faisait que déambuler toute la journée. Un jour, j'ai donc proposé à Jin de faire un tour dans la vallée de Sunqua, et d'aller marcher vers les plages rocheuses de la province de Kinya. Mais il refusa. Il dit qu'il préférait encore rester avec moi à la bibliothèque. " Lire un peu ne te feras pas de mal, c'est vrai. " lui répondis-je amusée. Je l'ai donc laissé choisir des ouvrages et parchemins diverses. Et à ma grande surprise il lu avec moi durant toute la journée. Tant et si bien que le jour suivant il fit de même. Et celui d'après aussi. J'étais satisfaite de mon influence sur Jin. Il était si silencieux et appliqué, que je ne le reconnaissais plus. Si je n'avais pas connu la canaille des quartiers de Kaineng qu'il était, je l'aurais sans doute considéré comme un étudiant normal.
Un matin, Jin vint me prévenir qu'il sortait pour la journée et qu'il partait vers la province de Kinya. Je le questionnais sur la raison de cette escapade et il me répondit :
" Hier j'ai lu qu'on trouvait sur les plages de Kinya des coquillages que je pourrais vendre un bon prix aux marchands de bijoux de Kaineng. Je sens que ce séjour sur Shing Jea va peut-être régler mes problèmes d'argent. A ce soir Monica, je promet d' être de retour avant la nuit. " Je l'ai laissé partir avec l'enthousiasme qui était le sien, le même qu'un enfant aurait eu si on avait organisé une chasse au trésor. J'ai passé ma journée à lire, comme à mon habitude. Mais le soir arrivant je sentais la fatigue m'envahir, et je m'endormais la tête appuyée contre mes avant-bras, eux-même reposant sur un parchemin étalé sur la table. Quelques heures plus tard je m'éveillais; le soleil se couchait au loin à l'ouest, vers les plages de Kinya, là où Jin était partit tôt le matin-même... Jin ! Mais où était-il ? Il m'avait promis de rentrer avant la nuit, or l'astre couchant avait presque disparu sous les flots. Prise de panique, je cherchais partout dans le monastère, mais aucune trace de Jin, personne ne l'avait vu. Alors, je décidais de partir à sa recherche avant qu'il ne lui arrive malheur dans cette contrée qu'il ne connaissait pas.
Ne prenant pas le temps de me préparer un minimum pour aller chercher Jin, j'empoignais rapidement mon bâton et je suis partie en direction de l'ouest. J'ai couru aussi vite que je le pouvais, imaginant ce qui avait bien pu arriver à mon ami, et ne ralentissant le pas que pour reprendre mon souffle.

J'entendais le ressac des vagues au loin ; je m'approchais de la côte, quand soudain j'ai pu distinguer des formes dans la pâle et faible lueur du clair de lune. M'approchant encore j'ai pu identifier ces ombres qui se mouvaient frénétiquement : des guerriers Nagas qui achevaient un groupe de jeunes Kappas. Je m'écartais discrètement d'eux, lorsqu'un murmure traversa mes oreilles. Il provenait des rochers non loin, j'entendais appeler mon nom. Regardant dans la direction de la voix, je vis Jin qui me faisait des signes de la main; je devais le rejoindre pour me mettre à l'abri en attendant que les Nagas s'éloignent. A pas de loups, je m'approchais des rochers, lorsque mon pied rencontra malencontreusement une pierre dans l'obscurité. Perdant l'équilibre, je m'écroulais à terre, mais je tentais de me relever au plus vite pour ne pas attirer l'attention des vils reptiles... en vain. Trop tard, leurs yeux s'étaient tournés dans ma direction. Ils s'avançaient vers moi lorsque Jin s'élança hors de sa cachette pour attirer leur attention. Se détournant de moi, ils me laissaient le temps de me relever et d'empoigner mon bâton, mais Jin n'ayant pas réfléchit avant d'agir, se trouvait maintenant à la merci des reptiles.
Il était acculé aux roches, les guerriers Nagas l'entouraient, et s'apprêtaient à l'attaquer... Tout étais fini pour lui. Mais c'est alors que ...


Dernière édition par Monica Ari le Ven 27 Fév 2009, 22:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Ven 06 Fév 2009, 21:47

Chapitre 2 : Un Don?



Il était acculé aux roches, les guerriers Nagas l'entouraient, et s'apprêtaient à l'attaquer... Tout étais fini pour lui. Mais c'est alors que Jin commença une incantation dont je ne pouvais entendre les mots. Les Nagas, intrigués, hésitèrent un instant à frapper. C'est alors qu'un son aigu retentit, un léger cri, tel celui que l'enfant pousse à sa naissance. Un frisson parcouru mon échine, ce cri semblait être la voix de la mort elle-même. Deux silhouettes se levèrent derrière les reptiles, elles semblaient provenir des corps encore sanglant des Kappas à terre. Elles avancèrent rapidement, à de courtes enjambées, vers les Nagas surpris. Les nuages poussés par le vents dégagèrent la lune et à la lueur de la nuit je pu voir ces deux silhouettes, des morts-vivants à l'aspect horrible, dégoulinant encore de fluides corporels, des muscles informes reliés à des os difformes, des amas de chair, des morceaux de carapace, par endroits leurs os étaient nus. Leurs petits yeux fixaient les Nagas, tandis que leurs mâchoires béantes remuaient doucement de bas en haut. Arrivés à hauteur des reptiles, ils commencèrent à frapper. Leurs ennemis ne comprenaient pas ce qui se passait, sans doutes n'avaient-ils jamais vu de telles abominations. Le combat était engagé, chacun des adversaires donnait et rendait coup pour coup, les Nagas tailladant les revenants putréfiés, et les morts-vivants arrachant la chair des reptiles, leurs coups faisaient voltiger les écailles qui brillaient au clair de lune, et qui tombaient au sol comme une pluie scintillante.
Je n'en croyais pas mes yeux. Jin avait invoqué des serviteurs squelettes. Je ne le pensais pas capable d'une telle chose et je demeurais abasourdie. Les cris stridents des revenant me sortirent de mes pensées, et je me hâtais de secourir Jin, qui était adossé au rocher à demi conscient. Je soignais mon ami et l'enchantais afin de le protéger lorsqu'il me dit :


- Monica... ils sont faibles ... soigne-les ...

- Que je ... " les " soigne !?

- Oui ... ils sont notre seule chance de nous en sortir ... maintiens les en vie...

- Que je maintienne ces morts " en vie " ?... bon très bien Jin, s'ils sont notre seul espoir de repousser ces Nagas répondis-je, un peu dégoutée à l'idée de la tâche inhabituelle que j'allais accomplir et de passer plus de temps en présence de ces êtres repoussants.

Je m'approchais donc du combat pour soigner les créatures. Après quelques instants une des deux créatures asséna un coup puissant sur la tête d'un Naga, qui se détacha du corps de son propriétaire dans un craquement d'os broyés. Le second reptile, éclaboussé par le sang chaud de son défunt partenaire et se retrouvant seul face à deux créatures qu'il ne pouvait tuer, pris peur et s'enfuit en direction des collines. Les morts-vivant le poursuivirent dans l'ombre de la nuit, et ne revinrent pas.
Je me retournais vers mon ami, qui s'était levé et marchait dans ma direction.


- Jin !! Comment as-tu fais ça ?

- J'ai lu un livre répondit-il avec un sourire complice et je me suis souvenu d'une formule inscrite sur le bord d'une page. Elle avait retenu mon attention, et je l'avais répété plusieurs fois dans ma tête. Je ne sais pas pourquoi, mais en voyant ma mort arriver, instinctivement je l'ai récitée, et j'ai ...

- ... invoqué la Mort elle-même semblerait-il dis-je, coupant sa phrase dans son élan. Jin, ce que tu viens de faire s'appelle de la "Nécromancie". C'est une magie occulte, liée avec la Mort. Elle permet d'utiliser les pouvoirs de Grenth pour lancer des malédictions, manipuler les forces vitales... et utiliser les corps des défunts pour servir ses propres intérêts lui expliquais-je d'un ton solennel, alors qu'il me regardait attentivement. Le fait que tu aies réussi à utiliser cette magie sans l'avoir au préalable étudié durement signifie que tu as un réel don, Jin. Tu devrais rester ici et étudier cette magie. A notre retour au Monastère je vais te présenter au professeur Kuju, un grand spécialiste des arcanes occultes de la nécromancie. Je lui raconterai ce que tu as fait, il acceptera surement de t'enseigner son savoir. Tu pourrais acquérir un pouvoir très grand, plus grand que ce que tu peux imaginer.

- Ca me plait bien répondit-il sur un ton amusé, innocent, presque enfantin.

Il se baissa, ramassa son sac rempli de coquillages, et se mit en marche sur le chemin du retour. Je restais un court instant debout, sidérée qu'il ne puisse comprendre l'étendue de ses pouvoirs. Bien maitrisés, ils seraient sans limites. Je reprenais rapidement mes esprits, Jin était déjà sur le sentier. " Attends moi Jin !" criais-je en commençant à courir dans sa direction. Nous avons marché quelques temps, et arrivâmes au Monastère la minuit passée.
Le lendemain, de bon matin, je me levais, les muscles un peu courbaturés par les événements de la veille. Le ciel était dégagé, et un vent d'ouest soufflait sur l'ile. Après mes ablutions matinales,je suis allée prier un court instant devant les sanctuaires aux Dieux, pour remercier Dwayna de m'avoir prêté sa force et Grenth d'avoir pourvu Jin de tels dons, j'apportais aussi quelques offrandes que je déposais au pied des petites statues, et je m'agenouillais humblement.
Soudain, une voix rauque s'éleva derrière mon épaule.


- Il est rare de voir une moniale remercier Grenth, Monica. Que s'est-il passé pour que vous rendiez grâce au Dieu de la mort de si bon matin?

- Professeur Kuju ! dis-je en me relevant. Je fis une brève révérence au professeur puis ajoutais : Justement professeur, je voulais vous voir. Je me dois de vous parler de mon ami Jin...

- Le jeune chenapan qui s'est introduit ici avec vous ? me dit-elle d'un air suspicieux.

- Oui. Laissez moi vous ...


... j'enchainais en racontant les événements de la nuit passée, n'oubliant aucun détail, et ajoutant mes impressions personnelles. Le professeur Kuju m'écoutait attentivement.
Après mon récit, je demandais si elle acceptait de prendre Jin sous sa tutelle. Elle était d'accord, et moi, j'étais ravie. Je m'empressais d'aller en informer mon ami, resté à dormir dans sa chambre. Je le réveillais à grand coups de poing sur la porte. Il s'empressa de se lever et de venir m'ouvrir; il était encore à demi nu lorsque la porte s'ouvrit. "Bonjour Jin! Allez dépêche-toi de t'habiller, tu es attendu!" lui dis-je, alors qu'il me lançait des regards interrogateurs. Quelques minutes plus tard, je l'emmenais vers le professeur Kuju, qui attendait dans la cours, un sac de chanvre tissé taché par du sang frais, dont quelques gouttes perlaient encore sur les fibres claires était posé à ses pieds. Il s'arrêta net lorsqu'il pu distinguer nettement le professeur, d'apparence peu attrayante je l'admet. Elle portait des vêtements rapiécés, un long manteau, une capuche recouvrait ses cheveux, son visage parsemé de cicatrice diverses et de rides creusées par les années était inexpressif, et ses yeux aussi blancs que la nacre lui donnait un regard à faire froid dans le dos. Il se tourna vers moi brièvement, je souriais. Il sourit à son tour, et je lui donnait une frappe appuyée dans le dos, afin qu'il avance. Il comprit qu'il était forcé de s'avancer vers la vieille femme. Il continua sa marche d'un pas lent, et je le regardais, immobile dans la lueur du matin. Arrivé devant le professeur, gêné, il la salua brièvement, et j'entendis la voix rauque du professeur lui répondre, même si je n'ai pu comprendre ce qu'elle lui disait. La vieille Nécromancienne s'avança finalement vers Jin, et mit la main sur son épaule, marmonna quelque chose, puis tous deux se mirent en route vers la vallée de Sunqua. Je restais là, plantée telle un chêne millénaire, sans bouger, à les regarder partir, jusqu'à ce que leurs silhouettes disparaissent dans l'entrebâillement de l'entrée principale du Monastère.
Après quelques minutes, je retournais à la bibliothèque. Je marchais parmi les étagères remplies de parchemins et de volumes épais, lorsqu'un rayon de lumière vint réchauffer mon dos. Je m'arrêtais alors; sentir cette chaleur sur ma peau me donnais envie de sortir, après tout, j'étais restée enfermée des jours entiers, et la journée s'annonçait belle. Ma décision était prise, j'allais passer la journée dehors. Je pris donc mon sac, et me dirigeais vers une petite porte située au fond de la bibliothèque, une sortie peut empruntée ai-je pensé, car la poignée grinçait et j'avais du mal à ouvrir la porte. Une fois celle-ci ouverte, je stoppa net mon mouvement, puis fis quelques pas en arrière, pris quelques ouvrages négligés et poussiéreux, en fourra trois ou quatre dans mon sac, et je repris finalement mon chemin vers la sortie. La porte donnait sur un escalier de pierre en ruine, sur lequel je marchais avec prudence. Arrivée en bas, je continuais ma route en direction des cuisines, où je m'emparais subrepticement de quelques provisions pour la journée.

Après être sortie, je vis le professeur avec son nouvel élève dans la vallée. Je marchais donc dans leur direction, et m'asseyais au pied d'une arbre, non loin d'eux. J'observais un peu ce qu'il se passait. Le professeur avait sortit un corps sans vie de jeune kappa du sac, et à ce que j'ai pu comprendre, Jin devait s'entrainer aux invocations sur ce cadavre frais. Mais il avait plus de mal que la nuit passée.
Je commençais à trouver le temps long, en effet je peux me lasser assez vite. Alors je pris une pomme dans mon sac, et sorti les quelques livres que j'avais pris au hasard des étagères.

" Recettes d'apéritifs à base de porc ..." commencé-je à déclamer de vive voix en prenant du bout des doigts un ouvrage dont les pages étaient tachées, et déchirées par endroits "... Prière de Châtiment à l'usage des moines: comment utiliser la force des Dieux pour détruire l'adversaire ... volume numéro 3 par Thanako Migami ... intéressant ... et qu'avons nous là?..." Je sortais un troisième livre, un vieux carnet dont la couverture, d'un cuir rouge terni par les ans, était marqué des initiales J-E "... qu'est-ce que c'est ? "
J'ouvrais, et je feuilletais le carnet. Il était manuscrit, parfois illustré de dessins. C'était un journal.
Sur le deuxième de couverture, une sorte d'entête, vraisemblablement ajoutée après la rédaction des premières pages.


" Moi, Jonas Endoron, ai trouvé l'endroit où repose le plus grand secret de la Tyrie, et ceci est mon carnet de voyage "


Dernière édition par Monica Ari le Lun 02 Mar 2009, 22:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Mer 18 Fév 2009, 20:47

Chapitre 3 : L'Attaque



Le plus grand secret de la Tyrie ... rien que ça. Je n'avais pas de temps à consacrer aux inepties d'un vieux fou d'explorateur. Je repris donc entre mes mains le manuel des Prières de Châtiment. Pendant que j'apprenais de nouveaux sorts, Jin était occupé à pratiquer ce que lui enseignait le professeur Kuju. Il n'arrivait pour le moment qu'à invoquer des tas de chair informe, dont le sang bouillonnait dans des bruits étranges de sifflements. Je me penchais sur mon manuel. Après quelques heures passées au soleil du matin, Jin maitrisait finalement ses invocations, et moi le sort défensif " Bouclier Du Jugement ". Le soleil était haut dans le ciel, midi était proche. Je me levais, et sortais de l'ombre de l'arbre en frottant mes vêtements sur lesquels quelques brins d'herbes et autres feuilles étaient restées accrochés tout en me dirigeant vers le professeur, mon ami, et les cadavres disloqués , mon sac à l'épaule.
Le professeur fit un signe de tête, signifiant qu'il était temps de faire une pause. Nous nous sommes donc assis un peu à l'écart des cadavres putréfiés, et j'ai sorti quelques provisions. J'en profitais pour complimenter Jin sur ses efforts, et pour remercier le professeur Kuju une fois de plus. L'après- midi fut consacré aux mêmes activités que le matin. Le soir, Jin vint me voir dans ma chambre.


- Jin ?

Il s'assit sur mon lit, puis tomba à la renverse.

- Je n'avais jamais pensé que ça aurait été si éprouvant. Mais je dois avouer que, une fois mes appréhensions du matin passées, la nécromancie est un art qui me plait, et le professeur Kuju n'est pas si horrible qu'elle m'a paru ce matin dit-il les yeux mis clos. Mais je n'avais jamais imaginé à quel point cela pouvait faire souffrir le corps et l'esprit. L'utilisation de la nécromancie ronge le corps, et na laisse pas l'esprit indemne.

- Peut-être bien, mais je peux t'assurer que tu es vraiment doué. Ce que tu as fait aujourd'hui, certains prennent plusieurs semaines, voir des mois pour arriver à de tels résultats dis-je d'un ton réconfortant. Je suis sure qu'après quelques semaines auprès du professeur Kuju tu auras acquis de véritables pouvoirs de nécromant.

Je m'assis près de lui.

- Je crois en toi, moi. Tu as un talent inné, Jin, j'en suis convaincue. Tu as juste besoin de te former. Et tant que tu es loin de Kaineng et de ses soucis, tu devrais mettre ton temps à profit, n'est-ce pas Jin ?... Jin ?

Il ne répondait pas. Il s'était endormi sur mon lit, fatigué des évènements de la journée. Je souris doucement et ai tiré les draps sur lui, puis je me suis couchée près de lui, attendant que le sommeil vienne me prendre. Regardant à travers la fenêtre, je pensais soudain au vieux journal trouvé le matin même. Le plus grand secret de Tyrie... je me demandais bien ce que cela pouvait être. Je recroquevillais mes bras contre Jin, en fermant les yeux, et je m'endormis en rêvant de paysages magnifiques, et de secrets enfouis.

***


Une certaine routine s'installait dans notre vie au Monastère. Nous étions là depuis plusieurs semaines déjà, et Jin faisais des progrès visibles. De mon coté, j'avais demandé au professeur Amara de reprendre en main mon entrainement à la magie sacrée, en pratiquant les prières de châtiment, auxquelles je n'avais porté qu'un intérêt limité lors de mon précédent séjour sur l'île. Elle accepta. Le tempérament un peu fougueux du nécromant en herbe s'était calmé depuis qu'il était sur Shing Jea, à croire que ce bout de terre loin du continent et de ses folies a un effet apaisant.
Un jour le professeur Amara me demanda d'aller porter des offrandes aux Dieux à sa place au Sanctuaire de Maat. J'acceptais avec plaisir, en effet le Sanctuaire était situé en plein coeur des montagnes enneigées de la vallée de Sunqua, un lieu magnifique, silencieux, et parfait pour la méditation.
J'emportais donc les offrandes et des vêtements chauds,et je m'apprêtais à sortir, lorsque Jin m'interpella. Le professeur Kuju avait dû s'absenter me répondit-il,lorsque je lui demandais pourquoi il n'était pas avec elle. Il voulait en profiter m'accompagner en dehors du Monastère. Il se revêtit d'un long manteau, et emporta une partie des offrandes à emmener au sanctuaire. Nous marchâmes plusieurs heures avant d'atteindre le Sanctuaire, construit sur un pic rocheux. Une fois arrivés, nous avons déposés nos offrandes, et sommes restés à méditer, et prier.
Le ciel se couvrait petit à petit de nuages sombres, et nous jugeâmes bon de rentrer avant que les intempéries nous surprennent. Nous nous dirigeâmes donc vers la sortie du Sanctuaire de Maat, en hâtant le pas, bien décidés à rentrer avant qu'il ne pleuve ou ne neige.
Nous marchions sur le pont de bois dont les planches vieilles mais solides, craquelait sous nos pas dans un bruit caractéristique de bois subissant une pression.
Mais alors que nous avions presque franchit le pont, un craquement sec, et plus fort que les autre résonna à mes oreilles. Je m'arrêtais net, l'oreille aux aguets, lorsque j'entendis un pas rapide et léger se diriger vers nous. Je me retournais rapidement, et eu tout juste le temps de voir une silhouette svelte et rougeoyante su ruer sur Jin.


- Jin !! Un Assassin !! ai-je crié à mon ami pour le prévenir du danger mortel et imminent.


Spoiler:
 

Il eut à peine le temps de se retourner pour éviter le premier coup que l'assassin lui avait déjà tailladé le bras, et une manche de son manteau s'était déchirée net sous la dague affutée du tueur à gages. Jin eu le reflex d'ôter rapidement la seconde manche de son manteau afin de le projeter sur l'assassin qui revenait à l'assaut. D'un vif coup de pied, l'assaillant fit voler le manteau, bondit comme un félin, svelte, trancha le manteau sombre en deux coups de dagues, puis s'apprêtait à frapper à nouveau avec ses armes létales. Mais j'avais profité de la diversion de Jin pour lancer sur lui un enchantement que j'avais perfectionné avec le professeur Amara, le " Bouclier Du Jugement". Si bien que le coup porté par l'assassin fut repoussé, et celui-ci tomba au sol, assomé. Il reprit ses esprits puis bondit aussitôt sur ses deux pieds, sans voir que Jin était tout près, et qu'il s'élançait contre l'ennemi pour lui asséner un coup d'épaule. L'assassin tituba, puis son dos heurta la rampe de boit pourpre du pont, il fut déséquilibré et tomba à la renverse. Mais il n'était pas tombé pour autant, il avait réussi à s'agripper in-extremis au rebord d'une planche de bois. L'assaillant mis hors d'état de nuire était suspendu d'une main au dessus du vide.

- Aidez-moi !! Cria par réflex le tueur, en regardant en bas le sol contre lequel il allait s'écraser s'il lâchait prise.

Jin s'approcha, prêt à écraser ses doigts accrochés aux planches, accrochés à la vie. Mais je me précipitait, en poussant mon ami, et instinctivement, j'empoignais l'avant-bras gantelé de celui qui avait voulu tuer Jin quelques secondes plus tôt. Je tirais, mais je n'arrivais pas à le remonter.

- Aides moi Jin, au lieu de regarder !

- Mais, ... Monica ... balbutia-il, surpris de mon acte.

- Aides moi te dis-je ! Prends son autre bras.

Il s'exécuta en grommelant. Nous remontâmes finalement le tueur sur le pont. Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai voulu sauver cet assassin ce jour là. Mais je l'ai fait. Et alors que, m'apercevant de l'erreur que j'avais faite, que j'avais sauvé mon ennemi, et qu'il aurait pu nous tuer, je fut surprise de sa réaction. Il enleva son masque, s'inclina, et me dit : " Merci. " . Son visage était sincère, et on pouvait lire la reconnaissance dans ses yeux lorsqu'il releva la tête. C'était une jeune femme.
Elle rangea ses dagues en silence, pendant que je soignais Jin de sa blessure au bras. Nous la regardions du coin de l'oeil, guettant ses mouvements.

- Pourquoi n'avez-vous pas profité de cet instant pour nous tuer ? lui demandais-je.

- Pour "le" tuer précisa-t-elle.

- ... "le" tuer ? vous en avez donc après Jin ?... et d'abord qui êtes vous ? et pourquoi voulez-vous le tuer ?

- Je m'appelle Seijaku. Et je suis ici en mission pour les Am Fah, je dois tuer Jin Nizuka.

- Quoi ? Moi !? s'indigna Jin, et pourquoi les Am Fah ne viennent-ils pas en personne pour me tuer ?

- Simplement parce que ce n'est pas une affaire prioritaire, et que tous les membres sont occupés sur le continent. Celui qui m'a engagé a donc dû faire appel à un tueur à gage extérieur à sa guilde, moi en l'occurrence, pour vous régler vous votre compte, puisque vous ne le remboursiez pas
expliqua-t-elle. Mais vous m'avez sauvée, dit-elle en se tournant vers moi et je vous suis éternellement redevable. Je vous suivrai partout jusqu'à ce que je puisse m'acquitter de ma dette et vous sauver la vie à votre tour. Je suis votre débiteur. C'est mon Honneur qui est en jeu... Puis-je connaitre votre nom ?

- ... Monica ... Monica Ari.

- Bon trêve de bla-bla, je voudrais bien savoir comment les Am Fah m'ont retrouvé interrogea Jin.

- Les Am fah ont des informateurs partout... des yeux, des oreilles ... vous comprenez...


- Ouais ... répondit-il indigné.

- ... et à votre place, je quitterai l'île au plus vite, et je partirai loin, très loin. Si mon employeur n'a pas de nouvelles de vous d'ici une semaine, ce qui correspond à la date à laquelle je suis censée rentrer à Kaineng, il est fort probable qu'il envoi d'autres assassins à vos trousses
dit-elle d'un ton grave.

- Et pour aller où ?

- Je ne sais pas ... loin.

- Nous verrons ça demain, pour le moment, rentrons dis-je, interrompant leur dialogue et mettant fin à la discussion.

Nous sommes donc rentrés au Monastère, avant que la nuit ne tombe. Je laissais Jin et Seijaku pour aller prier Dwayna, et lui demander son aide, et ses conseils, ainsi que Balthazar pour qu'il me prête sa force. Il régnait une atmosphère sombre dans les couloirs du Monastère de Shing jea, et je rentrais dans ma chambre à tâtons. Lorsque je m'allongeais sur mon lit, j'eus la surprise de voir Jin en train de dormir.


- Mais qu'est-ce que tu fais là toi ?! demandais-je en souriant, et en le secouant.

- ... euh bah ... j'ai laissé ma chambre à Seijaku ce soir, et ... enfin je suis ... venu ici ... balbutia-t-il les yeux mis-clos en me regardant dans la pénombre.

- ... Bon, reste, mais pousse toi un peu.


Il me sourit, je fis de même. La nuit était sombre, et mes idées aussi. Je repensais à ce qu'avait dit Seijaku. Les problèmes de Jin l'avaient rattrapé, et il n'était plus en sécurité à Shing Jea. Une semaine. Il restait nous restait une semaine pour partir. Mais pour aller où ?... C'est alors que je distinguais une forme sur ma table de nuit, un livre, petit. Un journal. Le vieux Journal de l'explorateur de Tyrie que je n'avais pas replacé sur son étagère poussiéreuse à la bilbliothèque. La Tyrie ... oui ! Nous serions en sécurité sur ce continent éloigné de Cantha.
Je secouais Jin, en murmurant.


- Jin! j'ai trouvé comment échapper aux Am Fah!

- Comment? me demanda-t-il interloqué.

- Nous allons partir en Tyrie.


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Dernière édition par Monica Ari le Lun 02 Mar 2009, 22:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Sam 21 Fév 2009, 21:16

Chapitre 4 : Partir



- ... la Tyrie ?... Jamais entendu parler. C'est où ?


- La Tyrie est un continent au nord de Cantha ... loin au nord par-delà la mer lui expliquais-je.

- Et comment va-t-on s'y rendre ? questionna-t-il.

- Eh bien, par bateau ! logique non ?

- Très bien, mais tu sais où trouver un bateau et des marins qui accepteront de nous mener à l'autre bout du monde ?

- ... nous aviserons. A demain, bonne nuit.

- Bonne nuit ... Monica répondit-il, perplexe.

Et il avait raison. J'avais eu une idée folle ce soir là. Aller en Tyrie s'avérait presque impossible dans la situation dans laquelle nous étions.. Nous avions une semaine pour trouver une embarcation capable de nous emmener en Tyrie, et un équipage. Mais j'avais décidé de me tenir à cette idée, et d'en parler avec Seijaku le lendemain.
Le matin suivant, j'étais réveillée peu après l'aube. Jin, lui, dormait toujours, allongé de tout son long dans une position improbable, un bras écarté, l'autre replié sur sa tête, et une qui pendait hors du lit, les cheveux ébouriffés. Je m'attendris quelques instant en le voyant; il avait l'air d'un enfant qui avait passé une nuit agité. Je décidais donc de le laisser en paix, et de pas l'inquiéter plus. Je voulais régler seule cette affaire de voyage, et le laisser se concentrer sur son apprentissage pendant les derniers jours de notre présence sur Shing Jea.
Après mes ablutions et prières matinales, je suis sortie dans la coure centrale pour trouver le professeur Kuju. Je lui ai annoncé, à elle ainsi qu'au professeur Amara, notre départ proche, et je demandais à la vieille nécromancienne de dispenser un maximum de savoir à Jin avant son départ. Elle accepta. Une chose de moins à accomplir. Je m'en allais ensuite trouver Seijaku, dans la chambre de Jin. La porte n'était pas fermée, et je n'avais qu'à la pousser pour l'ouvrir. j'entrais doucement, mais la chambre semblait vide. Je senti soudain du métal froid en travers de ma gorge, et j'entendis la porte se fermer dans un claquement étouffé.


- Ne bougez plus, un seul mouvement et je vous tranche la gorge.


- ... Sei.. Seijaku? dis-je la voix tremblante, et ressentant des sueurs froides et des frissons sur mon corps.

- Monica? dit-elle, étonnée. Pardonnez moi, j'étais sur mes gardes lorsque j'ai entendu quelqu'un arriver reprit-elle, tout en rengainant sa dague, je ne suis pas censée être ici.

Elle inclina la tête en signe de respect.

- Ce n'est rien, j'ai juste eu une peur bleue. Seijaku, je voulais vous parler un peu dis-je, encore tremblante.

- Je vous écoute avec attention.

- Voilà, vous n'êtes pas sans savoir que Jin est en danger, car les Am Fah en ont après lui. Et je voudrais l'éloigner le plus possible de Kaineng, afin de le préserver, et de le mettre à l'abri. Vous comprenez, j'ai toujours été là pour lui, je suis peut-être la seule personne en qui il ai vraiment confiance. J'étais là pour lui chaque fois qu'il était dans une situation délicate, et je l'ai toujours aidé à s'en sortir. Je ne peux pas l'expliquer, mais je sens que c'est mon rôle de le protéger et...

- Venez-en au fait dit-elle sèchement en coupant ma phrase dans son élan.

- ... euh, oui. J'avais pensé à aller en Tyrie.

- En Tyrie, rien que ça. Il vous faudra un bateau pour y aller, et je doute que ceux des pêcheurs de l'île conviennent à un si long voyage. Mais je vous suivrai partout où vous irez.

- Et il nous reste six jours pour en trouver un concluais-je d'un ton grave.

Seijaku se tourna vers la fenêtre, sa silhouette filiforme se découpait dans la lumière chaude du matin, et le métal brillant des lames de ses dagues reluisait sous les rayons du soleil. Elle regarda quelques instants au dehors, les mains sur les hanches. Puis elle se retourna vivement vers moi et murmura dans un sourire : "Je crois avoir une idée. Suivez moi." Elle sortait en veillant à rester discrète, je la suivais en silence.
Une fois sorties du Monastère, nous nous dirigeâmes vers le Port de Seitung. Une fois là bas, nous avons inspecté les quais, à la recherche d'une embarcation pouvant convenir à notre dessein. En vain. Le soir venu, nous sommes rentrées au Monastère. Sur le chemin Seijaku m'expliqua que même si notre recherche au Port fut infructueuse, tout espoir n'était pas perdu. elle n'en dit pas plus, et je me demandais bien ce qu'elle pouvait avoir en tête.
Le Jour suivant, elle vint me trouver dans ma chambre au petit matin. "Préparez-vous, nous partons pour une longue marche." me dit elle. Une fois mes affaires prêtes, je la suivi hors du Monastère. Nous marchions vers l'est, et avions dépassé le Port de Seitung, sans qu'aucune d'entre nous eu dit un seul mot. Nous arrivions dans la vallée aux pentes raides du Lagon d'Haijun vers la fin d'après-midi. Seijaku s'arrêta et s'assit sur un rocher, à l'ombre. Je fit de même, et, sans la regarder, je la questionna brièvement au sujet de notre destination, qu'elle m'avait caché.[/i]

- Seijaku? Où allons-nous exactement, tu ne me l'as pas dit.


- Nous ne sommes plus très loin. Notre destination se trouve au nord du Lagon d'Haiju expliqua-t-elle. Monica, connaissez-vous le Crâne Cramoisi ?

- Ce sont des brigands, c'est ça ? une bande de brigands ? répondis-je, mal assurée.

- Oui, c'est exact. Mais ils sont plus que ça encore. Le Crâne Cramoisi est en fait une guilde de malfaiteurs qui sévit sur Shing Jea. En général, ils se contentent d'extorquer leurs ressources aux villageois de l'île, en exerçant des pressions sur eux, et des menaces. Ils participent parfois à quelques pillages. Mais ils ne font rien de comparable aux hors-la-loi de Kaineng. Comparés à ces infâmes voleurs, tueurs, et autres trafiquants, le Crâne Cramoisi ne passe que pour un groupe de bandits de grand chemin. Elle marqua une pause dans ses explications, puis tourna son visage fin vers moi. Mais en réalité, le Crâne Cramoisi est plus que cela. Ils sont en fait alliés aux Am Fah, mais ne regroupent leurs activités que sur l'ile de Shing Jea, dont leur chef, un ancien membre de la guilde, est natif. Et il se trouve que le Crâne Cramoisi continue d'entretenir des liens avec le continent, et les Am Fah.

- ... euh, je comprends, mais où voulez-vous en venir ?

- Je suis venue sur l'ile via une jonque portant le blason du Crâne Cramoisi. Mon employeur s'était arrangé avec le maitre d'équipage pour me transporter, avec des caisses vides destinées à être remplies de marchandises dues aux trafiques en tout genre sur Shing Jea... La jonque me semblait plus grande et plus résistante que les bateaux de pêche que nous avons vu au Port de Seitung. Je pensais qu'elle pourrait être apte à nous transporter en mer, peut-être pas jusqu'en Tyrie, mais au moins jusqu'aux iles d'Istan, au sud d'Elona... Si la jonque est toujours là bien sûr.

- Comment ça si elle est toujours là ? Vous n'en êtes pas sure ? dis-je, un peu décontenancé par l'espoir d'avoir trouvé une embarcation pour le Nord qui s'avérait peut-être n'être qu'une illusion.

- Nous allons justement vérifier si elle est toujours sur l'île dit Seijaku en bondissant du rocher, pour atterrir près de moi. Le Crâne Cramoisi contrôle un petit village portuaire au nord du Lagon. C'est là-bas que j'ai été débarquée sur l'île. Si la jonque est encore sur l'île, elle se trouvera forcément amarrée au ponton du village... Voici notre destination termina-t-elle en me souriant brièvement.

Nous reprîmes notre route, en direction du petit village.
Une fois arrivées à proximité, Seijaku prit ma main, et m'entraina vivement vers un groupe de rochers, sur un petit promontoire. Là, allongées sur la roche tiède, nous scrutâmes le village et les activités des autochtones. Des pêcheurs occupés à terre avec leurs filets, des artisans d'armes, d'autres salaient le poisson pêché. Mais la jeune tueuse à gages à mes cotés mis sa main sur mon épaule. Je détournait mon regard vers elle, puis elle me fit un signe en direction de la mer. Un ponton sur lequel des membres du Crâne Cramoisi étaient occupés à charger ou décharger des caisses en bois, des tonneaux. Et un peu plus au fond, la jonque dont parlait Seijaku. Elle était encore sur l'île, nous avions une chance de partir !






Le Soleil se couchait presque derrière les flots, lorsque nous quittâmes notre poste d'observation. Sur le chemin du retour, je demandais à Seijaku comment elle comptait s'y prendre pour voler cette embarcation, ce qui, je l'imaginais, ne devait pas être une mince affaire.


" Nous allons attaquer la jonque de nuit. Nous bénéficierons de l'effet de surprise. Je compte m'introduire discrètement sur le pont en profitant de l'obscurité, me débarrasser des gêneurs, et capturer le maitre d'équipage. J'espère juste qu'il n'y aura pas trop de monde à bord, sinon ma tâche risque d'être plus ardue. Un ou deux marins, le maitre d'équipage y compris devraient être nécessaires à faire naviguer la jonque. Si nous nous y mettons tous, nous devrions pouvoir faire route jusqu'au continent, là-bas nous y trouverons des bras supplémentaires pour voyager plus loin. Je laisserai le maitre d'équipage sous la menace de ma dague, il devrait être obéissant, et une fois en mer il n'osera pas se rebeller alors que nous serons trois contre lui... "

Nous rentrâmes durant la nuit au Monastère. Mais je n'arrivais pas à fermer l'oeil, pensant à notre fuite du lendemain.
Le jour suivant, aux alentours de la mi-journée, nous partîmes tous trois, Seijaku, Jin et moi-même, en direction du Lagon d'Haiju, où nous nous devions d'arriver pour la nuit tombée. Personne ne dit un seul mot pendant tout le trajet, chacun de nous sentait une sorte de pression, une sorte d'appréhension, envers ce que nous allions faire. Je doutais parfois, car finalement, je ne savais pas grand chose de Seijaku, si ce n'est son formidable sens de l'honneur. Mais mes doutes étaient infondés, car après tout elle avait réussi à trouve run moyen de partir.
Le nuit tombait, et nous nous préparions à nous emparer de la jonque. Tout le succès de l'opération reposait sur les épaules de la tueuse, mais elle semblait être confiante. Nous progressions vers l'embarcation en nous faufilant discrètement sur la plage, et nous cachant derrière les rocs sombres. Une fois proches du ponton, nous nous dissimulions dans l'eau, longeant le ponton et nous y accrochant. Arrivés au niveau du bateau, Seijaku sortit de l'eau, puis me tendit la main pour m'aider à remonter, puis nous fîmes de même pour Jin. Elle nous demanda de rester cachés derrière des tonneaux en attendant que la voie soit libre pour nous engager sur le pont de la jonque. Ce que nous fîmes. La tueuse s'engagea sur le bateau, prudemment, ses bruits de pas couverts par le ressac. Puis d'un mouvement souple se glissa derrière un homme qui montait la garde, lui asséna un coup de paume, et l'envoya par-dessus bord. Puis elle s'insinua subrepticement dans la cabine. Ressortit quelques secondes, nous fit signe, puis je me glissa aussi discrètement que possible sur le pont, suivie par Jin. Nous voyant à bord, la tueuse silencieuse s'en retourna dans la cabine. J'entendis juste quelques voix, des craquements de bois, puis plus rien. Seijaku ressortit avec le maitre d'équipage, bâillonné, et sous menace des lames létales de la tueuse. Elle lui glissa quelques mots à l'oreille. Je pouvais lire la peur sur son visage alors qu'une lame se trouvait en travers de sa gorge. Elle relâcha son otage doucement, celui-ci exécuta les ordres qui lui avaient été donnés, regardant souvent en direction de Seijaku, qui gardait une dague à la main, prête à la lancer sur le membre du Crâne Cramoisi en semi-liberté. Le maitre d'équipage prépara le départ pendant que nous larguions les amarres de la jonque. Par chance le vent soufflait vers l'Est et nous pûmes nous enfuir assez vite, et sans attirer l'attention. Nous devions atteindre le continent afin de trouver des membres d'équipages, et des vivres en vue de notre voyage vers le nord. Mais retourner sur le contient était fort risqué, car retourner à Kaineng, c'était, pour Jin, retourner à la source du danger mortel qui le menaçait. Mais c'était un risque à prendre pour voguer vers la Tyrie.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Sam 07 Mar 2009, 01:14

Chapitre 5 : Kaineng



Le voyage en mer se passa sans encombres. Notre otage remplissait sa tâche sans se rebeller, et nous arrivâmes sur l'embarcadère de Kaineng lors un matin ensoleillé.
Nous amarrâmes la jonque, puis débarquâmes, notre otage séquestré dans la cale de la jonque. Jin avait pour objectif de contacter certaines de ses anciennes connaissances, pour trouver quelques marins afin de naviguer vers le nord. Je suivais mon ami à travers les rues sinueuses de la cité, Seijaku étant restée sur notre embarcation dérobée. Nous nous déplacions prudemment, nos visages dissimulés sous les capuches de nos capes. Si Jin était reconnu... le pire serait à craindre, dans cette ville où les murs ont des yeux et des oreilles. Nous écumions les tavernes, et autres auberges dans les quartiers mal famés. Nous avions trouvé quatre volontaires, et nous leur avions fixé rendez-vous à la nuit tombée sur l'embarcadère. Mais selon Jin, il nous manquait encore quelqu'un. Il se faisait tard, et nous avions renoncé. Nous devions partir le lendemain matin. Jin et moi nous faisions route vers l'embarcadère, pour rejoindre la jonque, quand soudain il s'arrêta net devant un porte à double battants. C'était l'entrée de l' "Auberge de la Pierre de Lune".


- Monica ... tu e souviens de cet endroit ?

- Oui, répondis-je, c'est ici que nous nous sommes rencontrés pour la première fois.

- Je m'en souviens encore. J'étais venu faire les poches des voyageurs, lorsque je me suis attaqué à la bourse d'un grand gaillard, qui m'a surpris. Il m'avait frappé à la tempe, et je m'étais écroulé sur le sol de l'auberge, puis m'avait soulevé et jeté hors de la salle, puis j'ai atterris violemment à terre, dehors, sous la pluie. Là il en avait profité pour me frapper... ah ça, j'avais eu droit à une bonne correction. Mais toi, tu es sortie de l'auberge, tu avais vu la scène. Et même si j'étais un voleur, tu n'avais pas hésité à me relever, et me soigner, alors que personne n'adressait un regard à ce misérable voleur. Tu étais la seule à avoir pris soin de moi. D'ailleurs je t'en suis reconnaissant, tu es toujours là pour moi.


- Ne me remercie pas Jin, c'est naturel pour moi, dis-je, un peu gênée. Et si on entrait?

- D'accord, laisses-moi t'offrir un vers !

Et nous poussions aussitôt les portes de l'auberge, entrant dans la salle mal éclairée. Nous nous assîmes près du comptoir, et le nécromant en herbe nous commanda deux sakés. Une fois les boissons consommées, et quelques paroles échangées, nous nous apprêtions à partir, quand soudain les portes à double battants retentirent avec fracas, tout le monde se retourna, et le silence se fit. Un homme imposant, richement vêtu, un énorme sabre à la ceinture, et une longue moustache horrible entrait d'un pas bruyant dans la salle. Sa présence imposait le respect, et la plupart des clients de l'auberge inclinaient la tête sur son passage. Il était suivi par une poignée d'hommes, sa suite vraisemblablement. Elle était composée de plusieurs gaillards au crânes rasés, ou aux cheveux courts, aux bras dénudés et puissants. Après les gaillards, des hommes plus fluets pénétrèrent dans l'auberge. Ils étaient sveltes et droits, leurs cheveux rougeoyants attachés derrière leurs nuques, ou bien retombant en mèches devant leurs yeux. Tous étaient revêtus de tissu indigo, et habillés plus ou moins richement. D'un geste de la main, l'homme à la moustache fit déguerpir les clients installés sur un couple de tables rectangulaires, puis par un autre geste ordonna à ses hommes de déplacer les tables. Ils s'installèrent tous sur les tables côtes-à-côtes, celui qui semblait le chef s'installa en bout de table. Mais il se releva aussitôt, renversant son tabouret, et dit d'une voix forte et autoritaire :

- Alors ?! Qu'est-ce que vous regardez vous autres ?!

Quelques secondes plus tard, il se rassit, puis chacun dans la salle reprit son activité.

- Oh-ho ... Monica, tu te souviens de lui ? me dit Jin tout bas en se tournant vers moi.

- Cette moustache ... c'est l'officier Xunkao, c'est ça ?

- ... oui ... mieux vaut partir avant qu'il ne me reconnaisse, je risque d'avoir des ennuis.

Il se leva en couvrant son visage de sa capuche, puis j'emboitais son pas. Mais une voix forte retentit alors que Jin allait passer les portes.

- Hé !! Toi là-bas !!

Jin s'arrêta net. Il n'osait pas se retourner. Le moustachu se leva, s'avança vers lui; il était paralysé. Ils se dévisagèrent un instant, puis l'officier se baissa, ramassa un objet à terre avec ses mains épaisses.

- Tu as fait tomber quelque chose, jeune homme, dit-il en observant ce qu'il tenait entre ses doigts. Tiens tiens, qu'avons-nous là ... un livre de nécromancie, reprit-il en tournant quelques pages.

Il n'osait pas dire un mot. Xunkao referma le livre d'un claquement sec. Il le tendit au jeune homme, qui esquissa un mouvement de bras pour prendre son livre, mais l'officier de la Fraternité de Jade se rétracta vivement.


- On ne s'est pas déjà rencontré quelque part ? Ton visage me dit quelque chose ...

- N... Non je ne pense pas, balbutia Jin.

- Mmmh ... quoi qu'il en soit, fais plus attention à tes affaires dorénavant mon garçon.

Il lui tendit une seconde fois le livre, que Jin récupéra.

- Je tâcherai d'être plus prudent à l'avenir, Monsieur répondit-il.

Xunkao s'en retourna, et nous sortîmes. Le soir tombait sur Kaineng, et le crépuscule illuminait la cité de sa couleur chaude et mordoré, produisant des ombres étranges dans les ruelles sombres. Nous nous dirigeâmes vers le port, et l'embarcadère. Mais peu avant d'arriver à notre Jonque, je fut surprise par le manque d'activités sur les quais ; en effet il n'y avait presque personne, alors que ce genre d'endroit grouille toujours de marins affairés, et ce à toute heure de la journée. Je ralentissait le pas et Jin se retourna vers moi, me demandant si quelque chose n'allait pas. Une silhouette sortit tout à coup de la pénombre et happa Jin en arrière. J'étais comme paralysée, voyant mon ami disparaitre, mais un murmure retentit près de moi :
" Monica, venez. " Je reconnu la voix légère de Seijaku, qui était sensée rester sur le bateau. Je la rejoignis dans l'ombre, avec Jin.

- Seijaku ? Qu'est-ce que ça signifie, pourquoi êtes-vous cachée ici ?

- A cause des Am Fah.

- Des ... Am Fah ? Je n'en vois aucun, s'étonna Jin.

- Ils sont embusqués. Il y a des assassins tapis dans l'ombre, et des archers qui patientent sur les toits.

- Mais, comment se fait-il que ... commençais-je.

- Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit au Lagon D'Haijun, Monica, à propos des Am Fah et du Crâne Cramoisi ? dit-elle vivement.

- ... euh, oui, mais ...

- Eh bien un groupe de Am Fah est passé sur le quai alors que je me dégourdissais les jambes, ils ont vu l'emblème du Crâne Cramoisi sur notre voile, et ils sont montés à bord de la jonque... je crains qu'ils n'aient trouvé notre otage, et qu'ils ne l'aient libéré ... et qu'il leur ai tout dit. Je me suis cachée en attendant votre retour, et je les ai observé. Ils se sont cachés, et ont appelé des renforts il y a peu. Je ne suis pas tout à fait sure, mais ils doivent être plus ou moins une quinzaine dit-elle d'un ton grave. Je ne sais pas comment récupérer notre jonque, et c'est déjà une chance qu'ils ne nous aient pas repérés. C'est terrible. Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais pour qu'ils vous en veulent à ce point, ça doit être assez grave.

Nous nous retournions toutes deux vers Jin.

- Bah quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? dit-il d'un ton faussement innocent, en haussant les épaules.

- Jin ! Tu ne m'as pas tout dit, pas vrai ?

- A vrai dire ... non. Aaah, c'est si difficile de mentir et te cacher les choses, à toi, soupira-t-il. Je dois t'avouer que ce n'est pas un simple problème d'argent que j'ai avec les Am Fah ... je crois que ... j'ai...

- Que tu...?

- Que j'ai dérobé un de leurs artéfacts rituel.

- Je comprends maintenant... L'homme qui m'a engagé voulait sans doute juste se venger et récupérer sa monnaie, mais si vous avez fait CA ... il devait y avoir une seconde équipe d'assassins à votre poursuite. Vous avez eu de la chance que je vous trouve avant eux.

- Bon, on s'occupera de ton cas plus tard, pour le moment il faut trouver un moyen de partir, et vite, dis-je vivement.

- Je crois que ... j'ai une idée, dit-il après un court silence. Suivez-moi.

Je lançais un regard interrogateur à Seijaku, qui fit de même, puis nous nous retournâmes vers Jin, qui courrait déjà dans la ruelle par laquelle nous étions venus. Nous le suivîmes jusque dans l'auberge dont nous venions, Jin nous attendait près de la porte. Il s'approcha des membres de la Fraternité de Jade encore attablés. Il s'installa au comptoir, je me dirigeais vers lui, les sourcils froncés, puis il lança soudain, assez fort :

- Hé, Monica, tu sais que j'ai croisé un groupe d'Am Fah près de l'embarcadère... J'ai malencontreusement écouté quelques-unes de leurs paroles, et l'un d'entre eux a dit ces mots : " Vous ne trouvez pas que la moustache de ce boeuf sans cervelle d'officier Xunkao ressemble à un tas de nouilles desséchées?" ...

L'intéressé releva la tête en entendant ces paroles. Il beugla :

- QUI A DIT CA ? OU SONT-ILS ? Je me dois de les pourfendre ! Je ne peux laisser un tel affront impuni !! Toi !! Dis-moi où ils sont !

- Oh vous êtes là Monsieur ! Ah, euh ... je crois qu'ils étaient sur les quais ... je peux vous y conduire si vous le désirez ... dit-il.

- Fais-donc ! Ils vont tâter de mon sabre ! Il se retourna vers sa garde. Vous autres, suivez-moi, on va donner une bonne leçon aux Am Fah, on insulte pas un officier de la Fraternité De Jade impunément !

Jin me fit un clin d'oeil, et les mena hors de l'auberge. Nous marchions tous d'un pas rapide en direction des quais, l'officier Xunkao était rouge de colère, et on pouvait voir ses veines battre sur ses tempes. Après quelques instants, notre groupe arriva sur les quais.

- Alors, où sont ces chiens rampant de couards d'Am Fah !?


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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Mar 10 Mar 2009, 22:08

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L'officier de la Fraternité De Jade eu sa réponse dans l'instant qui suivit. Une flèche décochée depuis un toit vint érafler le riche tissus indigo sous son armure. Et en un éclaire, d'autres Am Fah sortirent de l'ombre, se ruant sur nous, alors que les archers sur les toits bandaient leurs arcs.
Les guerriers se mirent en position de combat pour encaisser l'assaut, se préparer à riposter, et protéger les élémentalistes qui commençaient à incanter des sorts pour annihiler la menace des archers. Je me plaçais au centre, près de Jin afin de le protéger du mieux que je pouvais. Seijaku fit une foulée de l'ombre et atterrit derrière un assassin aux prises avec Xunkao, elle lui assena un violent coup de paume qui le déstabilisa, puis lui enfonça ses dagues de chaque cotés des flancs, un instant après Xunkao le frappa d'un puissant coup de bouclier. L'assassin fit un vol plané sur les pavés, et Seijaku sauta sur lui, assenant un coup du lotus tombant, qui acheva le tueur Am Fah. Jin de son coté commençait à essayer d'animer un mort-vivant à partir de ce premier cadavre.
De leur coté, les élémentalistes avaient lancé des pluies de feu sur les toits où se trouvaient les archer, ce qui les fit décamper. Mais les toits des bâtisses sur lesquels ils étaient juchés commencèrent à s'embraser. Le bruit des crépitements des flammes, produites par les sorts des magiciens élémentaires ou les planches en feu commençaient à se mêler aux cliquetis des lames sur les boucliers, et aux grognements sauvages des guerriers. Je soignais aussi bien que je pouvais tous les combattants de la fraternité de Jade, mais certains tombèrent, parsemés de flèches mortelles et troués par des entailles létales. La situation devenait difficile car nous étions en sous-nombre, et nous avions de plus en plus de mal à contenir les assauts répétés. heureusement, Jin faisait un effort pour garder au mieux son sang froid et invoquer des créatures morbides.

Les flammes se propageaient autour de nous, et la fumée s'épaississait, cachant les volées de flèches qui traversaient de temps à autres la mélée. Seijaku profitait de la fumée pour se dissimuler et trancher les gorges des archers en les attaquant par surprise.
Un guerrier près de moi succomba sous les assauts de deux assassins Am Fah, et un autre se vit planter une flèche dans la nuque, ce qui laissa le champ libre aux ennemis pour attaquer les magiciens, parfois interrompus dans leurs incantations par des flèches rapides. Les assassins se ruèrent au centre du groupe, mais un élémentaliste eu la bonne idée d'utiliser un souffle de feu sur notre position, que nous avions de plus en plus de mal à tenir, ce qui stoppa net l'assaut de certains, embrasés, mais qui n'arrêta pas les autres, qui s'acharnaient sur les hommes de Xunkao. J'étais désemparée, au milieu de toute cette violence, tentant de soigner qui en avait besoin, et essayant de toujours garder un oeil sur Jin et Seijaku... Seijaku ... mais où était-elle ? Je l'avais perdu de vue. Je tournais la tête dans tous les sens, pour la voir, mais dans ma recherche de sa tunique rouge à travers les flammes alentours, je ne vit pas un Am Fah m'assener une frappe à la tempe. J'étais sonnée, et ma vision se troublait, ma gorge était sèche. L'assassin en face de moi s'apprêtait à frapper à nouveau, il entailla mon bras, et enfonça une dague dans ma cuisse. je m'écroulais, ne pouvant pas réagir, et sentant mon sang chaud couler le long de mes membres. Le tueur ricana, et levait son bras dans les airs, lorsqu'une ombre rouge passa devant mes yeux, emportant le bras adverse, et laissant gicler des gouttes de sang sur mon visage, que j'essuyais d'un coup de manche.
Je vis une main tendu en rouvrant mes yeux, c'était Seijaku.
" Vous ne pensiez tout de même pas que j'allais vous laisser mourir, hm ? " J'attrapais sa main et me relevait, me soignant tant bien que mal. Seijaku se relançait à l'assaut des Am Fah dans une soif de violence que je ne pouvais soupçonner chez la jeune femme. Ses dagues ensanglantées luisaient à la lueur cramoisie des flammes crépitantes.
Le combat touchait à sa fin, plusieurs des membres de la Fraternité de Jade étaient à terre, des cadavres putrides courraient un peu partout sur les pavés, et les Am Fah étaient dispersés, tirant à l'aveuglette ou frappant sans réelle véhémence.



Des gens accouraient sur le quai, attirés par l'incendie, qui s'estompait du fait de la pluie qui commençait à tomber. parmi ces Canthiens, nos marins, que Jin reconnu. Je lui criait d'aller les chercher afin que nous embarquions au plus vite, ce qu'il fit. Ils montèrent tous à bord, et je les y rejoignit. Après quelques instants, nous étions prêts à partir. Seijaku était restée sur le bord, et je criais pour la prévenir, afin qu'elle nous rejoigne. Mais j'avais aussi attiré l'attention d'un Am Fah, qui se précipita sur le pont de la jonque. Seijaku ayant vu ça, elle se ruant vers nous, et s'élança telle un félin pour régler son compte à notre ennemi.

Mais alors qu'elle sautait, une flèche atteignit sa poitrine de plein fouet, elle cria de douleur, ne pu se réceptionner sur le pont, et tomba dans l'eau. elle disparu sous les flots, ne laissant qu'une onde derrière elle...

- Seijaku ! Non !
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Dim 22 Mar 2009, 19:38

Chapitre 6 : Fuir


A peine avais-je crié que Jin se retourna, sauta dans les eaux du port, et disparu à son tour. Jin savait bien nager, je ne me faisais pas de soucis pour lui, et j’avais confiance : il ramènerait Seijaku… du moins je l’espérais. Mais une menace imminente demeurait, un Am Fah s’était introduit sur le pont. Je me retournais pour le voir, et j’eu tout juste le temps de le voir foncer pour m’asséner un coup de pied qui m’envoya au sol. Il se rua rapidement sur moi pourme frapper de ses dagues, mais je roulais sur le coté, esquivant son attaque. Il frappa si fort que ses dagues restèrent plantées dans les planches de bois sombre du pont, et il ne pu les enlever. Une chance qu’elles se soient coincées. Je me relevais aussi bien que je pu, et lança un regard aux marins, surpris de l’attaque soudaine. L’un deux croisa mon regard, et compris tout de suite ce qu’il avait à faire. Il dit à ses compagnons de le suivre, remonta ses manches, et frappa l’assassin occupé à enlever ses dagues coincées. Celui-ci, fut déséquilibré et ne pu réagir lorsque les autres marins l’entourèrent, et l’attrapèrent. Le plus costaud frappa fortement l’assassin immobilisé sur la tête, et l’assomma. Les autres attachèrent notre ennemi avec de solides cordages.
Une fois l’assassin hors d’état de nuire, je me retournais, inquiète, en direction de l’eau. Jin réapparu, tenant dans ses bras Seijaku, très mal en point. Ils avaient du mal à flotter, mais un des marins leur envoya une corde, à laquelle Jin s’accrocha fortement d’une main, soutenant la jeune femme de l’autre. Les hommes d’équipage les remontèrent aussi rapidement que possible. Une fois à bord, ils tombèrent et s’étalèrent sur le pont ; Jin à bout de souffle, et Seijaku recrachant de l’eau souillée par le sang. Je m’agenouillais auprès de la jeune femme aux yeux clos, disant aux autres de s’écarter. La flèche avait traversé sa poitrine de part en part, et était restée fichée dans son buste. Je cassais la flèche du coté de la queue, et arrachais le bois en tirant du coté de la pointe. Seijaku hurla de douleur, et son sang s’écoula lorsque la flèche fut retirée. Je dis à Jin de compresser sa poitrine pour éviter qu’elle perde trop de sang lors de mes soins ; elle était livide et son souffle irrégulier. Je réussi néanmoins à la soigner et refermer sa blessure. Nous allâmes l’installer dans une cabine, pendant que les marins étendaient les voiles et faisaient partir la jonque.

Seijaku dormait, Jin et moi à son chevet, et nous faisions voile vers le nord. Je me levai soudainement, sorti de la cabine, me dirigeant vers l’ Am Fah prisonnier pour l’interroger.

- Hé, toi. J’ai des questions à te poser lui dis-je d’un ton que je voulais froid et dédaigneux. Tout d’abord pourquoi les Am Fah veulent-ils tuer Jin ?

Il leva ses petits yeux de souris vers moi, sourit lentement, et répondit :

- Fuyez … Pauvres fous. Mais jamais vous ne nous échapperez, sachez-le. Nous vous retrouverons, nous avons des émissaires et des alliés partout… à partir de maintenant vous n’êtes plus en sécurité nul part, et lorsque nous vous aurons rattrapé, nous vous torturerons tous, jusqu’au dernier, vous égorgeant lentement et…

Je le frappai d’un revers de la main, perdant mon sang froid.


- Oh, la dame perd patience… très bien je vais vous répondre dit-il. Tout d’abord, votre ami, Jin, a volé une relique sacrée des Am Fah, et a escroqué un des nôtres. Pour avoir, ne serai-ce que touché cette relique sans y avoir été autorisé, la sentence est : … la mort répondit-il calmement. Il l’a volé, c’est un acte impardonnable, nous devons la récupérer, il doit être châtié ! Qu’il meurs !

- Et puis-je savoir quelle est cette relique ?

- Aaah … oui, vous pouvez, puisque de toute façon vous allez mourir. Cette relique est la plus importante des rituels Am Fah, c’est le Calice de Mort-Vie.

- Le Calice de Mort-Vie ? Qu’est-ce que c’est ?

- Un artéfact aux pouvoirs immenses dit-il. Il permet à quiconque boit une eau contenue dans ce calice d’acquérir de grands pouvoirs. Il permet de contrôler, et influencer sur la vie ou la mort d’un être. Un mort peut être ramené à la vie, et on peut manipuler son corps, son esprit, et sa forme. De même, on peut accélérer la mort d’un être déjà vivant… dit-il avant de faire une pause dans son explication. Mais ce pouvoir n’est pas sans revers. Celui qui manipule la mort voit son âme corrompue par celle-ci, et son corps dégénère au fur et à mesure qu’il utilise sa puissance.

- Quel pouvoir stupéfiant et effrayant … dis-je lentement.

- Les Am Fah initient depuis des années déjà leurs nécromanciens à ce pouvoir, et un jour nous sortirons de l’ombre, et nous contrôlerons Kaineng, et ce jour là nous … Argh !


Il s’arrêta en plein milieu de sa phrase. Et sa tête tomba sur sa poitrine. Un filet de sang brillant à la lueur du soir s’écoulait de son front. Une dague était venue se planter dans son crâne. Je me retournai et vis Seijaku adossée au mât dans la pénombre, le bras encore tendu.

- N’écoutez plus ses histoires. Il ment. Il cherchait juste à vous rouler, à vous captiver, pour que vous ne puissiez voir qu’il se dégage. Après il vous aurait attrapé, et gardé en otage. C’est une vieille ruse d’assassins.


Et elle s’en alla.

***


Nous étions en mer depuis plusieurs jours. Mais j’étais tourmentée par les paroles de l’assassin. J’avais demandé à Jin de me montrer ce qu’il avait volé ; c’était bien un calice. Mais je ne lui révélai rien de ce que l’Am Fah avait dit. Je pensais, réfléchissais. Je lisais aussi beaucoup, et feuilletais parfois le Journal de Jonas Endoron. Les pages étaient jaunies, en mauvais état, certaines à moitié déchirées, d’autres salies. La plupart des pages racontent le voyage de l’homme, décrivent les paysages, les villes. On pouvait aussi suivre un tracé de son voyage sur des croquis multiples.
Un soir, Seijaku vint me prévenir dans ma cabine que nous étions en vue des iles Eloniennes d’Istan. Je la suivis sur le pont. Les falaises boisées des iles se dessinaient dans le soleil couchant. C’était magnifique. Alors que nous étions tous accoudés aux rampes du pont, regardant les ils sombres, une forme se détacha en face de nous. Nous avancions, vers une crique d’Istan, mais la forme avançait vers nous. C’était un bateau.


- Euh … commença Jin, vous ne trouvez pas ça bizarre… que le bateau, en face … fonce droit sur nous ?

Les marins reculèrent, et coururent droit vers leurs postes. Jin et moi nous retournâmes, étonnés. Seijaku était impassible, et elle plissait les yeux, ses mains empoignant ses dagues. Elle me regarda finalement, et dit :

- Des pirates.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Mer 25 Mar 2009, 22:07

Chapitre 7 : Là-bas, sur la mer.



Mon coeur battait plus vite, et je sentais des sueurs froides tout le long de mon corps. J'avais peur. Les corsaires Eloniens étaient cruels, féroces et redoutés par les marins de toutes les mers. Mais ils ne m'effrayaient pas plus que les Am Fah, ou autres monstres. Non, ce qui me faisait peur était notre situation. En effet, nous n'étions pas en état de combattre; notre équipage de fortune était réduit à quatre marins, une moniale, un nécromant, et une tueuse émérite, certes, mais je doutais que Seijaku puisse tenir tête à une vingtaine, peut-être plus, de corsaires habitués aux assauts sur l'océan. Voilà quelle était ma plus grande peur, l'océan. Aucun moyen de fuir le danger, nul part où se cacher. Nous n'avions d'autres choix que de faire face.
Jin parlait avec le marin qui tenait le gouvernail. Lorsque j'approchai, il fit un signe de tête à l'homme en face.

- ... fais comme je te dis. Ah, Monica. Écoute, je tiens à m'excuser de t'avoir impliqué dans mes affaires et ... maintenant nos chances de nous en sortir sont quasi-nulles. Euh, en fait non, j'ai un plan, mais il a peu de chances de réussite
me dit-il d'une voix mal assurée. Regarde, Istan n'est plus très loin, et la nuit tombera bientôt. Si nous parvenons à terre avant d'avoir à affronter les corsaires, nous pourront leur échapper, et ils n'auraient plus qu'à piller le navire, peu leur importeront nos vies... du moins je pense. Ainsi nous serons sauvés.

- Ça se tient, mais tu oublies que ces pirates sont entre nous et l'île.

- Justement. Il faudrait les "contourner" . Si nous y arrivons, ils devront faire demi-tour pour nous poursuivre, ce qui nous laissera une certaine avance, et peut-être assez d'avance pour arriver à Istan avant qu'ils ne nous abordent.

- Et comment comptes-tu les "contourner" , ils arrivent droit sur nous !

- Regarde là-haut dit-il, deux hommes relèvent les voiles. Et le pilote faire pivoter la jonque légèrement. Lorsque les corsaires seront près de nous, les marins lâcheront les voiles, ce qui nous donnera une impulsion et surprendra les pirates. De cette façon ils ne pourront pas prévoir notre manoeuvre, et devront faire demi-tour. Il marqua une pause. Encore faut-il qu'ils ne devient pas ce que j'ai en tête en voyant les voiles remontées.

Son plan était risqué, mais ingénieux. Et puis, quel autres choix avions-nous ? Aucun, sinon de combattre. Ainsi, nous attendîmes le moment propice pour exécuter la manoeuvre. Les corsaires se rapprochaient de plus en plus. Ils étaient si près de nous, qu'on pouvait distinguer leur yeux brillants dans la lumière orangée du crépuscule.

- Maintenant ! cria Jin.

Les marins lâchèrent les voiles, qui se gonflèrent sous la force du vent, donnant la fameuse impulsion salvatrice. Mais des corsaires avaient lancé des grappins sur nous, et certains s'étaient accrochés. Notre manoeuvre semblait compromise, et je vis le visage de Jin devenir livide lorsqu'il remarqua les grappins qui retenaient notre jonque, la faisant tanguer en direction du bateau corsaire. Mais c'est alors que Seijaku bondit, dagues à la main, tranchant une à une les cordes à coups de lames aiguisées. Une, deux, trois, quatre cordes cédèrent et libérèrent notre embarcation de son emprise. Elle tangua vers l'autre coté, et nous manquâmes de tomber. Nous étions libres et avancions, mettant plus de distance entre nous et notre menace. Derrière, les corsaires hurlaient de rage. Jin souriait, satisfait et soulagé. Les pirates faisaient demi-tour lamentablement, essayant de nous poursuivre.
Nous voguions vers une petite crique, sereins, pensant notre danger éloigné. Mais nous ne remarquions pas les corsaires se rapprochant de nous petit à petit, trop soulagés de notre réussite première. Or ils gagnaient bel et bien du terrain. Un marin en haut du mat nous le signala, et les visages s'assombrirent à cette nouvelle. La joie disparaissaient des sourires, qui eux se dissipaient sur les visages. La seule chose qui restait à faire c'était espérer que nous arriverions sur la terre ferme avant que les grappins corsaires n'agrippent de nouveau notre jonque.
Le soleil orangé commençait à sombrer dans les flots sombres, et je pensais que bientôt, nous sombrerions aussi. Nous étions si près, si près d'Istan. Mais les corsaires étaient encore plus près de nous. A chaque seconde ils gagnaient du terrain. Je m'agenouillai, fermant les yeux et commençant une dernière prière aux Dieux, Dwayna et Balthazar, qui m'avaient supportés jusqu'ici. J'entendais mon coeur battre à mes oreilles, d'un battement rapide, et régulier. Mais à mesure que j'avançais dans ma prière, il se fit de plus en plus fort, résonnait dans mes oreilles, tel un tambour. Un tambour. Ce n'était pas mon coeur que j'entendais, mais un tambour. Un battement régulier, rapide, il marquait un rythme. J'ouvris les yeux.

- Un autre navire, là bas !

En effet, il y avait un second bateau qui fonçait vers nous, à l'allure rapide. Des rames plongeaient et sortaient de l'eau à un rythme effrénée, produisant des pluies de gouttelettes qui brillaient au soleil d'un éclat blanc. Mais il y avait un éclat encore plus fort que celui-ci, un éclat orangé, qui venait du pont de ce navire à rames. La lumière se reflétait sur les armures reluisantes des hommes sur le pont. Ils étaient tous en position de combat, javelot à la main. Ces hommes, ces soldats, diffusaient une aura d'autorité suprême, et, debout sur la proue, une silhouette sombre, droite, digne, qui semblait être le chef.
Quelques minutes suffirent aux trois embarcations pour se rejoindre. Les coques se percutèrent, et certains tombèrent sur les ponts. Une fois le choc passé, les corsaires, nombreux, se déversèrent dans chacun des deux autres navires, prêts au combat. Armés de leurs sabres, ils crièrent en lançant l'assaut. Ils sautèrent sur notre pont, et nous nous retrouvions face à une poignée d'hommes enragés prêts à en découdre. Seijaku de son coté était aussi prête à combattre. Seule, elle n'arriverait pas à tenir tête bien longtemps aux pirates. Mais soudainement, la silhouette sombre aperçue sur la proue changea de forme, gagnant au moins 2 tête de hauteur, et doublant de volume. Elle s'élança sur notre pont, aussi rapide que l'éclair, et arriva au centre du groupe de corsaires, faisant tournoyer sa faux, et frappa, faucha. Une moisson s'abattit sur les hommes, des lambeaux de chair et de vêtement ensanglantés volaient au rythme des coups de faux. Et les quelques chanceux qui avaient échappé, horrifiés, aux attaques de la faux aiguisée rencontrèrent le sourire mesquin de Seijaku, qui ne manqua pas de planter ses dagues létales dans leurs torses ou de trancher leurs gorges hâlées de pirates.
Sur l'autre navire, le combat faisait rage entre les pirates et les lanciers. Mais je ne distinguait que les reflets luminescents du soleil sur les armures pales et les pointes de javelots. Le combat fut rapide, et les corsaires mis en déroute. Certains déposèrent les armes, et faits prisonniers.
Sur le pont de notre jonque, la sombre silhouette avait repris forme humaine. C'était une jeune femme aux cheveux argentés. Elle portait une robe longue, qui recouvrait presque ses pieds, et ses seins étaient maintenus par un entrelacement de tissus riches. Tous ses vêtements étaient argentés. Son ventre, ses bras nus, et son visages étaient recouverts d'une peau hâlée qui brillait d'un teint mate dans la lumière du crépuscule.


- Vous n'êtes pas du coin, n'est-ce pas ? dit-elle.

- Je... euh... vous avez raison, nous venons de loin en effet réussi-je à balbutier une fois l'étonnement dissipé. Merci de nous avoir secouru.

- C'est le rôle des Lanciers du Soleil de protéger le peuple d'Elona, et quiconque est sur le territoire d'Istan, notre patrie.

- Vous êtes donc des Lanciers du Soleil ...

- Oui. Je me présente, je m'appelle Luna. Et au sein des Lanciers, on me surnomme " Fille de la Lune " . N'est-ce pas étrange, une fille de la Lune au pays du Soleil Doré ?

Je ne pu qu'acquiescer bêtement.
Peu après, nous suivîmes les Lanciers jusqu'à Kamadan, où Luna nous trouva une auberge dans laquelle nous pûmes nous installer. Elle nous donna ensuite rendez-vous le lendemain à l'Astralarium.


***



- Vous voilà ! dit-elle. J'espère que vous avez passé une agréable nuit sur Istan, malgré les évènements d'hier soir.

- Fort bien, dit Jin, les auberges Istanis sont bien mieux que les trous à kappas de Kaineng !

- Ravie que notre île vous plaise. Alors comme ça vous venez de Cantha. Qu'est-ce qui vous amène ici ?

- Rien, à vrai dire. Un concours de circonstances. Nous faisions route vers la Tyrie, bien plus au nord. Mais ces pirates nous ont abordés alors que nous étions près de l'île
dis-je.

- Justement, cela me trouble. Les corsaires n'attaquent généralement pas des petites jonques en si grand nombre. Cela ne ressemble pas à un assaut classique. On dirait qu'ils ont agit en suivant des ordres... d'autant qu'ils semblaient avoir été prévenus de votre arrivée. Par chance, leurs mouvements ont été repérés et les Lanciers ont dépêché des troupes pour les contrer.

- Monica, me murmura Jin, inquiet, tu penses qu'ils auraient pu être prévenus par ... les Am Fah ?

- Je ... oui c'est possible, mais ... si c'est le cas, nous devons partir en Tyrie au plus tôt, avant qu'ils nous retrouvent. Je me retournais vers Luna. Écoutez, ne demandez pas pourquoi, mais il se trouve que nous sommes poursuivis par une organisation de criminels, une guilde appelée Am Fah, et qui est basée à Kaineng. Mais ils semblent avoir des relations partout, et nous ne sommes en sécurité nul part. Notre but est de voyager jusqu'en Tyrie, au nord, pour tenter de leur échapper. Ils en veulent à notre vie.

- Je comprends. Et si l'assaut corsaire avait été commandité par ces fameux Am Fah ?... mmmh. Vous devez quitter Istan au plus tôt pour ne pas risquer une nouvelle attaque. Par chance, il se trouve que j'ai parfois un rôle d' "émissaire" à jouer pour les Lanciers du Soleil, et je suis amenée à voyager, pour fonder des accords entre Istan et d'autres contrées, des accords de commerce, ou militaires. Et je dois me rendre en Kryte pour consulter des représentants du Blanc-Manteau sur place... Je peux m'arranger pour que vous m'accompagniez. Je dois juste prendre quelques cartes terrestres et maritimes, ici, à l'Astralarium, et bientôt nous partirons.

Ce qui fut fait. Quelques jours plus tard, Jin, Seijaku, Luna et moi-même embarquions sur un bateau Istani, en direction de la Kryte.

***

Nous approchions des terres de Tyrie, par un matin nuageux. Tout autour de nous, à l'horizon, les côtes de ce continent ancestral. Jin remarqua alors une forme, au loin, dans la brume légère.

- Luna ? qu'est-ce qu'on voit au loin, dans cette direction ? demanda Jin.

Elle s'approcha de lui, sourit, et répondit.

- C'est l'Arche du Lion.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Mer 01 Avr 2009, 20:41

Chapitre 8 : L'Arche du Lion




A mesure que nous avancions, la brume ambiante se dissipait, et nous dévoilait le chemin à suivre. Nous approchions des docks de l'Arche du Lion, situés dans une petite crique entourée de rochers moussus. Autour de nous les mouettes volaient, planaient, piaillaient. Elles étaient telles de gardes qui accompagnaient notre embarcation à bon port. Plus nous approchions du rivage, plus la rumeur des sons de l'Arche se faisait grande. Aux bruissements de vaguelettes contre notre coque se mêlaient les mouettes, les cliquetis des marteaux des forgerons sur le métal, le brouhaha ambiant de l'allée marchande, et le pas lourd des soldats accomplissant leur ronde.
Les voiles étaient remontées et notre navire avançait lentement, prudemment. Un vent marin soufflait sur nous, et me donnait des frissons. Je resserrais un peu plus mon étreinte sur le journal de Jonas. Après un court instant, je l'ouvris, tournant quelques pages, cherchant un passage sur l'Arche du Lion. Mes doigts s'arrêtèrent sur une double page entachée par endroits, mais remplie d'une singulière écriture, serrée, sèche, un trait franc.


" L'Arche du Lion est sans doute l'un des endroits les plus formidables de la Tyrie. La capitale de la Kryte, située entre les rochers arrondis et érodés par le souffle des vents marins venus du sud bénéficie d'un charme que ne possède aucune autre citée. Un site protégé par ses rochers, au sol complètement dallé et aux formidables constructions. En effet, subsistent sur ce territoire, en plus des châteaux en ruines d'un âge révolu, une fontaine qui fait la fierté de la ville, et des statues mythiques. Ces statues représentant des Lions encadrent le grand escalier de la place de l'arche, en face de la fontaine. Mais la plus imposante d'entre elles est celle située au sommet d'un rocher, surplombant la mer de sa stature et de sa grandeur majestueuse, qui sait ce ..."

Le reste était illisible, l'encre avait été effacée par une trace humide. Mais subsistait un croquis de la statue du lion. Il s'imposait en haut d'une falaise abrupte.

Nous descendîmes sur les ponts de bois une fois le bateau Istani amarré. Les marins déchargeaient, derrière nous, alors que nous nous avancions vers la terre. Je levai les yeux vers cette immense statue, qui faisait la renommée de la ville.





Nous nous mêlâmes à la foule des Tyriens qui allaient et venaient, vacants à leurs occupations.

- Tiens, remarqua Luna, les krytiens ressemblent beaucoup aux Istanis. Ils ont la même peau mate.

- Et ils portent des tatouages, comme les Luxons, répondit Jin.

- Étrange ... qui sait peut-être qu'ils sont les descendants de voyageurs Istanis et Luxons ...


- Que faites vous là étrangers ? retentit derrière nous une voix un peu étouffée par un heaume. Dispersez vous, et attention à ce que vous faites ...

Le soldat s'éloigna.

- Humpf, pas très commodes les autorités par ici s'indigna Seijaku.

- Il faut les comprendre, dit un petit vieillard proche de nous, qui avait assisté à notre rencontre avec le soldat. Le Blanc-Manteau, l' Autorité au pouvoir en Kryte, est un peu à cran ces temps-ci. Ils mènent d'une main de fer la patrie, mais depuis peu, une organisation rebelle, la Lame Brillante fais de plus en plus parler d'elle. Ces deux forces se disputent et revendiquent le pouvoir. On assiste parfois à des altercations avec des membres de la lame brillante, qui se fondent parmi la masse. C'est pourquoi sont organisées des rondes régulières, de jour comme de nuit. Excusez les soldats s'ils sont fort peu courtois.

- Je vois ... Les gardes Canthiens ont le même genre de comportement en période de tensions à Kaineng.

- Mais, attendez, je dois me présenter au Blanc-Manteau. Je reviens, je dois parler à cet homme, lança Luna, alors qu'elle partait déjà en direction du garde.

- Bien, attendons-la.

Pendant que nous attendions la Derviche, aucun d'entre nous ne pipa mot. J'échangeai un regard, et un sourire avec Jin. Je me sentais bien, et lui aussi je pense. Nous étions désormais hors de porté des Am Fah.

- Je dois vous quitter, dit finalement le petit vieux, faites attention à vous, ne vous attirez pas d'ennuis. Le Blanc-Manteau redoute toujours des renforts étrangers pour la Lame Brillante. Les navires étrangers et la Colonie d'Ascalon sont les premiers suspects à leurs yeux.

- Merci des conseils grand-père !

Puis il s'éloigna. Nous le regardions trottiner, boitant un peu, s'aidant de sa canne, alors que Luna revenait d'un pas pressé.

- Alors ?

- Aucun officier n'est en ville pour le moment. Il y a une réunion à la caserne. Mais on m'a indiqué d'aller voir le chevalier Kyrria en poste à la Cote d'Alessio. Il est le responsable des forces présentes là bas, il saura m'éclairer.

- Où se trouve la Cote d'Alessio ? demandai-je.

- Un peu à l'ouest de l'Arche. En route, dit-elle avec un sourire léger.

Nous partîmes presque sur le champ, suivant Luna qui marchait d'un pas rapide. Nous traversâmes les alentours de l'Arche du Lion, suivant les chemins verdoyants, arpentant de petits chemins, passant à travers les collines creuses, à l'abri des arbres tropicaux. Nous croisâmes quelques Lutins de feu en chemin, qui nous dévisagèrent d'un air agressif, mais qui ne bougèrent pas d'un pouce.
Après une petite marche, nous étions devant l'entrée pavée de la Cote d'Alessio. Luna marchait avec toujours plus de vigueur. Finalement, nous arrivâmes devant un rempart sur lequel des soldats étaient affairés. Des bruits de combat et quelques cris déformés parvinrent à nos oreilles. Quels étaient-ils ? Aucune trace de luette sur le camp derrière le rempart. Un combat devait avoir lieu devant les pont levis du rempart.


- Ah, on m'a prévenu qu'il y avait parfois des combats en face du rempart, dit Luna en voyant notre air interrogateur.

- Des combats ? La Lame Brillante ?

- Non. Des mort-vivants.

- Des mort-vi...

- Exactement ! des mort-vivants. S'exclama une voix forte provenant de l'officier en face de nous qui approchait à grand pas, coupant Jin dans sa phrase. Ces abominations du royaume perdu d'Orr ne nous lâchent pas, ils attaquent notre territoire chaque jour, ou presque. Mais nous n'avons pas trop de mal à repousser leurs attaques, après tout ce ne sont que de vils tas d'ossements. Non, ce qui dérange c'est qu'ils reviennent chaque fois plus nombreux, alors que nos effectifs sont réduits ... à cause de la Lame Brillante... Mais je m'arrête ici, nos problèmes ne sont pas les vôtres. Et d'abord qui êtes vous ? je ne vous ai jamais encore rencontré, et que venez-vous faire ici?

- Nous venons des lointaines contrées de Cantha, et d'Istan, dis-je. Je suis Monica.

- Et moi Jin !

- Je m'appelle Luna, " Fille de la Lune " . Enchantée.

- ... Je suis Seijaku, dit enfin la tueuse canthienne après un silence.

- Pouvons-nous parler au Chevalier Kirrya ?

- Bien sûr. Vous l'avez en face de vous, dit-il.

- Parfait. Je représente les Lanciers du Soleil d'Elona, commença Luna. Je souhaite m'entretenir avec des officiers, afin de discuter d'éventuels accords entre les autorités Krytiennes et les Lanciers.

- Oh ... Fort intéressant, vous tombez bien, vous pourrez nous aider à écraser la lame Brillante. Nous vous en serions éternellement reconnaissants. Suivez-moi dans ma tente, nous y seront plus à l'aise.

Nous le suivîmes dans sa tente. Il marchait devant nous, et fut rejoint par un garde, qui lui murmura quelques paroles à l'oreille. Il acquiesça brièvement, et demanda au soldat de le suivre. Nous nous installâmes autour d'une table montée sur tréteaux, sur laquelle reposait une carte de Tyrie. Le chevalier Kyrria nous tournait le dos. Il se retourna, et des soldats du Blanc-manteau nous entourèrent.


- Monica, Jin, Luna ... Seijaku. Vous tous êtes en état d'arrestation.
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Monica
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Sam 04 Avr 2009, 01:49

Ce chapitre est dédié tout spécialement à Yggdrasill Asdral, mon guildeux, compagnon, et meilleur ami.


Chapitre 9 : Prisonniers



- Comment ça en état d'arrestation ?! C'est quoi cette histoire ?! Fulmina Jin.

- Qu'est-ce qui vous permet faire ça ?!

- Je viens d'apprendre à l'instant qu'un mandat d'arrêt a été déposé à vos noms au autorités de l'Arche, dit le Chevalier calmement. Puis il fit signe aux soldats, qui s'approchèrent de nous. Embarquez-les.

- C'est absurde ! M'exclamai-je. Nous n'avons rien fait de mal, que nous reprochez-vous ?

- Ah ! Taisez vous.

Il se tourna vers un garde, puis fit un petit signe de tête.

***


J'ouvris dificilement les paupières, et ma vision était troublée. Je ne vis presque rien pendant un petit moment, le temps que mes yeux s'accoutument à l'obscurité. Je tentai vainement de me lever, encore engourdie. Je remarquai les mornes silhouettes de mes compagnons, les têtes baissées. Derrière moi, une solide porte de métal. Nous étions dans une geôle de prison. Seule un petite ouverture bloquée par de solides barreaux laissait passer un rayon de lumière sur le sol de la cellule.

- Que s'est-il passé ?

- Nous avons été arrêtés par le Blanc-Manteau, et tu as été frappée sur la nuque. Tu t'es effondrée, et nous avons été conduis ici il y a quelques heures sans piper mot, me dit Luna d'une voix monotone.

J'étais assise à coté d'une homme que je n'avais jamais vu. Il était immobile, silencieux. Assis dans un coin de la cellule. Il avait les yeux baissés. Ses cheveux blonds contrastaient avec la couleur sombre de sa peau, et il ne ressemblait pas à un Krytien. Il venait probablement d'une autre contrée de la Tyrie. Il portait un long manteau bleu et des vêtements sombres. notre présence ne semblait pas le troubler. J'interrogeai Jin du regard à propos de l'inconnu, et il haussa les épaules pour me montrer qu'il n'en savait pas plus que moi.

- Pourquoi a-t-on été enfermés ici ?

Personne ne me répondit. Nous ignorions tous la raison de notre emprisonnement. Mais pourtant, nous étions bien dans cette cellule. Luna soupira.

- Désolée de vous avoir forcé à aller voir le Blanc-Manteau. Tout ceci est ma faute. C'est moi qui vous ai entrainé dans cette situation. Et dire que nous nous connaissons à peine. Pourtant, ce fut un plaisir de vivre un peu avec vous, jusqu'à aujourd'hui, dit-elle, en baissant les yeux.

- Oh, tu sais Luna, il n'y à pas grand chose à connaître sur moi. Tu ne rates rien, répondit Jin. Je suis né dans les faubourgs de Kaineng et j'ai grandi là bas. Mon père vendait de la camelote sur les marchés du Bazar de Waijun, et je ne le voyais pas souvent. Quant à ma mère elle était tisserande, et restait cloitrée dans son atelier jour et nuit. Alors j'ai passé mon enfance dans la rue, vagabondant, explorant les ruelles. Et parfois je faisais de mauvaises rencontres. J'ai mouillé pas mal de fois dans des affaires plutôt louches; vols et autres reventes d'objets dérobés. Parfois quelques passages à tabac. Enfin, j'étais assez jeune et naïf, et toutes ces actions illégales me procuraient un certain sentiment de liberté, et l'argent dont j'avais besoin pour vivre sans avoir à être un fardeau pour mes parents. Au final, je vivais seul, sans mes parents, et ai finis par les abandonner. Mais la vie n'était pas rose tous les jours, je me suis fait arrêter par les gardes de Kaineng, et j'ai fait de la prison. Je crois que ça a été l'expérience la plus terrible de ma vie, je ne supportais pas d'être seul, enfermé... privé de ma liberté. Alors une fois sorti, j'ai réduit mon activité de voleur, pourtant j'étais assez doué je dois dire, et je me suis lancé dans le recèle. Et bien sur... J'ai rencontré Monica. Je crois que c'est elle qui, à ma sortie de prison a réellement changé ma façon d'être. Elle est la seule personne à m'avoir jamais tendu la main, m'aider sans exiger de contrepartie, et m'aider même en sachant que j'étais un homme pas très honnête. Elle m'a appris à lire et écrire, et a toujours été là pour moi. D'ailleurs, je tiens encore à me remercier d'avoir mis ta vie en danger pour m'emmener loin des Am Fah.

Je ne savais quoi dire. Je me sentais gênée de la reconnaissance de Jin. Mais Luna interrompit mon silence.

- Moi j'ai grandi à Istan. Je n'ai pas connu mes parents, d'ailleurs je ne sais même pas si j'en ai jamais eu. Je suis ce qu'on pourrait appeler une "enfant trouvée" . Une patrouille de Lanciers du Soleil m'a en effet trouvé un soir de pleine lune, dans les plaines de Jarin. A ce qu'on ma raconté sur ce soir là, j'étais toute enveloppée dans des tissus couleur d'argent, et mes cheveux aussi sont argentés, ce qui n'est pas commun sur Istan. C'est pourquoi les Lanciers m'ont surnommé "Luna, Fille de la Lune " . Depuis, je suis toujours revêtue de vêtements de la couleur de la Lune, alors que je vis dans le Pays du Soleil Doré, expliqua-t-elle. J'ai passé mon enfance élevée par les Lanciers, j'étais comme leur fille, à tous. J'ai appris à maitriser la faux, et prier les dieux. Une fois mon éducation auprès des Lanciers terminés, j'ai été envoyée sur le continent, à Kourna, et j'y ai appris à maitriser la force de Balthazar, ce que je pense vous avez pu remarquer lors de notre altercation avec les Corsaires. Enhardie par cette nouvelle puissance, je suis rentrée à Istan où le Maréchal des Lanciers Kormir m'a chargé d'aller défendre nos alliés Vabbians contres les attaques des Harpies que le prince Ahmtur et ses soldats subissaient. J'étais à la tête d'un escadron de Lanciers, mais les batailles ont souvent mal tourné, de nombreux frères Istanis sont tombés au combat, et je ne pu jamais me le pardonner. C'est pourquoi depuis lors j'ai toujours refusé d'être à la tête d'un groupe de soldats, et le Maréchal m'a nommé au rang honoraire d' "Emissaire" . Après quelques voyages à Elona, me voici ici avec vous, avec pour mission de prendre contact avec le Blanc-Manteau. Mais ça n'a pas tourné comme je l'avais imaginé. Et elle se laissa aller contre le mur de la cellule, le regard vide.

- Je n'ai pas réellement connu mes parents non plus... Ils ont été tués lors d'un raid Kurzick dans la Mer De Jade lorsque j'étais petite, je ne me souviens presque pas d'eux. Mais le chef du Clan de la Tortue m'a recueilli et élevé. Mais lorsque j'ai eu quinze ans, il m'a envoyé au Monastère de Shing Jea pour que j'y étudie. C'était une promesse qu'il avait fait à mes parents juste avant leur mort m'a-t-il dit. J'ai donc étudié sous la tutelle du professeur Danika sur l'île. Elle m'a appris presque tout ce que je sais en matière de soins, sorts de protection, et quelques prières de châtiment. Elle m'a mené la vie dure, mais a aussi su m'inculquer les savoirs nécessaires pour être une bonne moniale. Après avoir fini mes études, Danika m'a envoyé à Kaineng où j'ai pu pratiquer ce que je savais, et j'ai travaillé sous les ordre de Shin Ashimura, le prêtre d'une chapelle dédiée à Dwayna et qui aide les pauvres gens de la Cité. C'est d'ailleurs alors que je fréquentais les abords du port où je devais retrouver un marin dont le bras avait été cassé en mer que j'ai rencontré Jin. Et je suis venu en aide à ce voleur comme à n'importe quel autre personne dans le besoin. Jin esquissa un sourire gêné, et je m'interrompis quelques secondes pour lui lancer un léger clin d'œil complice. J'ai passé les années après mes études entre les quartiers pauvres de Kaineng et les champs de bataille de la Mer de Jade où je soignais les blessés durant les combats incessants entre rivaux Kurzicks et Luxons. Mais j'ai éprouvé le besoin de quitter un peu ce malheur que je côtoyais, pour me consacrer un peu à moi. J'ai donc entrepris un second voyage vers Shing Jea, et Jin m'a accompagné. La suite vous la connaissez.

- Je sais à quel point les champs de bataille sont meurtriers, Monica, et je comprends pourquoi vous avez voulu les fuir, me dit Luna.

Le silence retomba. Nous étions tous mornes. Seijaku se leva un instant, fit quelques pas. Puis se posta devant l'ouverture du mur de la prison, et croisa les bras.

- Le Palais. J'habitais le Palais de l'Empereur. J'y ai grandi aux côtés de ma mère, qui était une des servantes de Sa Majesté. Mon père lui était espion dans l'organisation des services de renseignements de l'Empereur. Je ne le voyais pas souvent, mais je l'aimais. C'était un homme droit, juste, et bon, il a su me faire partager son savoir en ce qui concerne l'art de l'observation, il a fait mon éducation, et surtout m'a inculqué son sens du devoir et de l'honneur. Lorsqu'il est mort je ... Elle fit une pause et repris son souffle. Je ... j'étais désemparée. Je ne savais plus quoi faire, j'étais perdue. Et ma mère était trop occupée pour pouvoir me garder et prendre la place qu'avait mon père dans ma vie. Je me suis enfuie du Palais quelques semaines après sa mort. Je suis partie en laissant tout derrière moi. J'espère juste que je n'ai pas fait trop de peine à ma mère. Quoi qu'il en soit, j'errais dans les rues de Kaineng, et j'ai dû apprendre à vivre seule. J'ai été repérée par une bande d'assassins lorsque j'ai prévenu un homme dans la rue alors qu'ils s'apprêtaient à l'attaquer. Ils l'ont tué sous mes yeux, et leur chef est venu me voir après leur méfait. Je pensais qu'il allait me régler mon compte, mais à ma grande surprise, il me félicita pour avoir détecté leur présence. Il me dit qu'il voyait rarement des personnes avec un sens de l'observation comme le mien, et qu'il serait ravi de me compter parmi eux... Une proposition que je ne pu refuser lorsqu'il fit miroiter sa dague devant mes yeux. Cette homme s'appelait Akuma Akushitsu. C'était un assassin au service du Palais, tout comme mon père, mais il avait démissionné car il ne supportais finalement pas le sale boulot et les ordres des dirigeants du pays. Il s'était mis à son compte, effectuant des contrats pour des particuliers. En quelques années il avait monté sa propre organisation de tueurs. C'est lui qui m'a appris l'art du meurtre. Il m'a enseigné tout ce qu'il savait. Mais j'ai finalement quitté mon mentor, car c'était un homme fourbe à qui le pouvoir montait à la tête, je ne le supportais plus. Je ne sais pas ce qu'il est devenu, je ne l'ai pas revu depuis que j'ai quitté sa bande. Aujourd'hui je vais où le vent me mène, exécutant des contrats diverses; intimidation, observation, filatures ... ou assassinats. Et je ne le cacherai pas, j'ai un certain goût pour le combat, et le meurtre.

Elle resta debout et silencieuse. Un bruissement de tissu se fit entendre, et nous nous tournâmes tous vers l'inconnu, qui avait relevé sa tête. Ses yeux bleus perçants nous regardaient. Ils nous dévisageait, ses bras toujours appuyés sur ses genoux.




- Eh bien je pense que nous sommes ici pour un moment. J'imagine qu'il est nécessaire que je me présente. Je suis un Ascalonien. Je vivais dans notre belle citée avec mon père, mais j'ai été forcé de quitter ma terre natale, menacée par les abominables Charrs. J'ai mené un petit groupe de villageois d'Ascalon jusqu'ici, en Kryte, nous dit-il. Ils sont installés dans la Colonie d'Ascalon, au nord de la Province de Kryte. Sachez juste que j'ai longuement voyagé, et que j'ai été arrêté par le Blanc-Manteau car je suis suspecté d'aider la Lame Brillante. De toute façon, ces soldats n'aimes pas les Ascaloniens. Le reste de ma vie vous importe peu.

Nous étions tous surpris que cet inconnu qui n'avait pas parlé depuis que nous étions ici nous adresse la parole. Sa voix était claire, légèrement grave, et elle imposait le respect. Il émanait de cet homme une aura indescriptible, il paraissait par moment presque irréel.

- Euh ... mais tu ne nous as pas dit ton nom, lui dit Jin, hésitant.

- Je me nomme Yggdrasill, Yggdrasill Asdral.

***


Cela faisait de nombreuses heures que nous étions enfermés, et nous ne savions toujours pas pourquoi. Aucun garde ne passait, impossible de parlementer. Impossible aussi de s'échapper. Yggdrasill nous expliqua qu'il aurait bien pu faire fondre la porte de la cellule grâce à sa maîtrise des pouvoirs du feu, mais que le Grand Confesseur du Blanc-Manteau avait lancé jadis un puissant sortilège sur la prison, qui empêchait toute utilisation de la magie.
Finalement, des gardes passèrent, ils discutaient bruyamment. Luna voulu les interpeller, mais Seijaku lui fit signe de se taire, pour écouter leur conversation.


- ... et tu vas où exactement ?

- J'ai un double de la clé de la réserve, mais ne le dit à personne. Je vais sortir discrètement les objets des nouveaux prisonnier et les planquer dans les tonneaux près de la porte d'entrée des geôles.

- Mais ... t'as le droit d'faire ça ?

- Oh, tu sais, personne n'y fera attention y'a plein d'objets pourrissants dans la réserve, et parfois j'en subtilise pour les revendre.

- Et quand les prisonniers sortiront et que leurs affaires ne seront plus là ?

- HA ha ! Ca risque pas d'arriver, on a reçu l'ordre de les exécuter demain soir. Je prends toujours les objets des prisonniers qui ne ressortiront plus, de cette façon personne ne se plain des disparitions, et personne ne se rend compte de mon petit trafic. L'argent gagné jusque là m'a permis de faire forger une nouvelle épée et un bouclier flambant neuf. Regarde comme elle est belle, et mon bouclier il brille au soleil.

- Ah ça oui, t'en as de belles armes !...

Et les bruits de leur conversation s'éloignèrent et se dissipèrent lentement. Nous étions tous abasourdis par la nouvelle de notre mise à mort. Nous devions trouver le moyen de sortir avant le lendemain, sinon c'en était fini de nous.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Lun 13 Avr 2009, 22:34

Chapitre 10 : S'évader?




La nuit fut de courte durée, pour chacun d'entre nous. Nous étions tous préoccupés par ce qui allait se passer le soir même. Nous allions mourir. Il est difficile de décrire l'état d'esprit dans lequel on se trouve lorsqu'on connait le moment de notre propre mort. Nous réagissions tous à notre manière. Jin regardait dehors à travers l'ouverture dans le mur. Je pense qu'il souhaitait plus que tout se retrouver à l'air libre, juste une dernière fois. Luna restait à genoux, le regard vide, sans doute perdue dans ses pensées. Peut-être priait-elle Yggdrasill, qui était si calme le jour précédent, était assez agité. Il traversait la cellule en marchant, il faisait les cents pas, s'asseyait, puis se relevait et recommençait son manège. J'étais assise à coté de Seijaku. La jeune femme ne bougeait presque pas, elle fixait la lourde porte de son regard perçant, comme si elle cherchait à découvrir la solution de l'énigme, qui nous permettrait de nous évader.
J'étais abattue, je me sentais mal. Je me sentais coupable de ne pas pouvoir aider les personnes qui étaient avec moi. Pourtant, c'était mon rôle d'aider ceux dans le besoin. Et je ne le pouvais pas. J'étais inutile.
Des pas dans le couloir interrompirent mes réflexions. Ces pas s'arrêtèrent en face de notre porte. Un glissement métallique se fit entendre, et une épaisse trappe placée sur la porte s'ouvrit. Un garde fit passer par cette ouverture une jarre remplie d'eau, et quelques miches de pain. Yggdrasill les attrapa, et commença à distribuer les miches à chacun d'entre nous.


- Au moins ils ne nous laissent pas mourir le ventre vide, dit Jin, puis son visage se déforma dans un léger rire forcé, parsemé d'ironie.

Nous commençâmes à mordre dans le pain. Mais Seijaku n'avait pas bougé d'un poil. Après quelques instants d'immobilité, elle se leva lentement, et commença à détacher la ceinture qui enserrait ses hanches.

- Euh ... Seijaku ... je crois que ce n'est pas le moment de ... commença Jin.

- Je crois que j'ai trouvé, dit-elle en coupant Jin.

- Trouvé ?... trouvé quoi ?

- Comment nous sortir d'ici.

Elle souleva sa ceinture par l'une des extrémités, puis pris son ceinturon dans sa main. Elle activa un petit mécanisme qui émit un cliquetis léger. Quatre petits tiges métalliques se soulevèrent et elle les récupéra. Elle les rangea ensuite dans une poche, et se remit en place sa ceinture. Nous lui lancions tous des regards interrogateurs.

- Attendez ce soir.

Et elle se rassit, la tête en arrière, et ferma les yeux. Un sourire satisfait bordait ses lèvres.


***


Le carré de lumière formé par les rayons de soleil sur le sol de la pièce avait prit une teinte orangée. Le soir approchait. Nous étions tous sous pression, les coeurs battaient, les corps étaient fébriles.
De nouveaux pas se firent entendre dans le couloir. Seijaku se releva, à l'affut. Les pas s'arrêtèrent à nouveau devant notre porte, le trappe se souleva, un dernier repas fut apporté, Yggrdasill récupéra une nouvelle fois les miches et la jarre. La trappe glissa encore une fois pour se refermer, mais Seijaku, vive comme l'éclaire, bloqua la trappe discrètement avec deux des quatre tiges qu'elle avait prise de son ceinturon. Elle restait immobile à les tenir, bloquant toujours la trappe, en attendant que le garde s'éloigne. Lorsqu'il n'y eut plus aucun bruit dans le couloir, elle souleva la trappe à l'aide des tiges, et Yggdrasill la tînt ouverte. La jeune femme rangea ses deux tiges, et pris les deux autres. Elle passa ses bras à travers l'ouverture, et crocheta la serrure de la porte, qui était inaccessible depuis l'intérieur de la cellule.
Un grincement retentit, et la porte s'ouvrit. Luna tira la porte, et nous pûmes sortir. Nous étions libres.


Nous nous dirigeâmes vers la sortie, où nous espérions trouver les tonneaux dont parlait le soldat dans lesquels il avait placé notre équipement. Ce fut un soulagement lorsque, une fois arrivés près de la sortit, nous vîmes ces fameux tonneaux, dans lesquels il y avait nos affaire. Chacun reprit ses effets personnels, et nous nous préparions à sortir lorsque Luna intervint.

- Non attendez. Si nous sortons maintenant, nous risquons d'attirer l'attention des gardes postés dehors. Cachons-nous en attendant la nuit.

Ce que nous fîmes. Une petite pièce sombre adjacente à la porte de sortie nous servit d'abri pendant que nous attendions le soir.
Après quelques moments d'attente silencieuse, une chose me frappa. Je ne l'avais pas remarqué plus tôt, pourtant elle était cruciale.


- Dites ... nous étions censés être exécutés ce soir, non?... Mais si les gardes viennent nous chercher et que nous ne sommes plus là, ils nous chercheront, et notre évasion sera découverte, et ... et ...

- Par balthazar ! Tu as raison Monica ! Dans la perspective d'évasion, personne n'a pensé à ce détail... erm, dit Yggdrasill.

- Ce sera l'agitation parmi les gardes. Nous auront besoin d'une diversion, commença Seijaku. Je vais m'en charger. Je trouverai bien quelque chose pour attirer leur attention. Et quand la voie sera libre, vous vous enfuirez.

Sur ces mots, elle sortit.
Nous attendîmes un peu. Dehors le pluie tombait à grosses goutes, et elles résonnaient dans la prison. Parfois un coup de tonnerre brisait le silence. C'était un coup de chance pour nous, car cette averse nous serait favorable pour nous enfuir.
Comme prévu, des gardes vinrent nous chercher dans la cellule... qu'ils trouvèrent vide. L'un d'eux sonna l'alerte, et la cloche résonna. Des pas rapides passaient près de nous, des soldats couraient, cherchaient dans tous les sens.

Mais soudain dehors, des bruits étranges se firent entendre, suivis de cris. Ce devait être Seijaku qui avait réussi sa diversion. Tous les soldats convergèrent vers la sortie de la prison, se précipitant dehors à grand fracas. Le moment était venu pour nous de sortir de notre cachette et de fuir.
Nous passâmes discrètement la porte de la prison et arrivâmes dans la cour centrale. Il y régnait un chaos sans pareil. Des soldats couraient dans tous les sens, et quelques feux et éclairs brillaient dans l'obscurité du soir orageux. Un combat faisait rage non loin d'une autre bâtiment en face de nous dans la cour. Çà n'était pas Seijaku. Les gardes du Blanc-Manteau se battaient, désordonnés, contre des personnes en long manteaux, capuchés, tenant de longs arcs dont ils tiraient des flèches qui striaient la pluie et explosaient parfois à l'impact. Un incendie se déclencha soudain dans un bâtiment d'où sortirent d'autres gardes. Les archers commençaient à être dépassés; ils battirent en retraite, et se réfugièrent sur les murailles de la caserne du Blanc-Manteau, ou sur les toits des bâtiments qu'ils escaladaient sans difficulté, à l'inverse des guerriers en armure lourdes qu'ils combattaient.

Je ne savais pas qui attaquait les soldats, mais ces mystérieux archers les occupaient assez pour que nous puissions fuir. Nous courrions en direction de la porte d'enceinte de la muraille qui entourait la caserne, lorsqu'un groupe de gardes apparu en face de nous. Nous eûmes un mouvement de recul. Visiblement, les soldats étaient aussi surpris que nous de nous trouver ici.

- Hé ! Ce sont les prisonniers qui se sont échappés !

- Oui, ils profitent de l'attaque de la Lame Brillante pour s'évader.

- Mais ils n'iront pas bien loin ... Tuez-les ! cria celui qui semblait être le chef.

Luna s'interposa entre nous et les soldats du Blanc-Manteau. Ils stoppèrent leur charge. Le corps de la derviche s'illumina dans la nuit, puis sa silhouette brillante changea de forme. Elle grandit jusqu'à dépasser la taille des soldats, et son corps s'élargit. La lumière cessa, et à la place de Luna apparu une forme divine, un avatar de Balthazar, seigneur du combat.

- Quelle est cette diablerie ! cria un soldat. On dirait ...

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que déjà une faux s'abattait sur lui. Il para rapidement avec son bouclier, qui éclata en morceaux dans une nuée d'étincelles. Luna combattait seule ces soldats, et semblait ignorer la douleur des coups qu'ils lui portait. Elle frappait rapidement, tranchait l'air, l'eau, les armures et la chair. Elle repoussait les soldats, mais il en arrivait de plus en plus. Seijaku apparu soudain derrière les gardes, et en égorgea plusieurs, trop occupés à combattre la derviche. Malgré l'efficacité au combat des deux femmes, il en venait toujours plus. Yggdrasill rageait derrière la mêlée de ne pas pouvoir embraser nos ennemis. Un groupe de soldats qui s'étaient détachés de la bataille menée par la Lame Brillante arriva derrière nous, nous prenant au dépourvu. Ils me plaquèrent au sol, ainsi que Jin et Yggdrasill. Nous tombâmes dans la boue au moment où Luna, dans un éclair, reprit forme humaine. Elle tituba au milieu des cadavres de gardes et fut frappée. Elle s'écroula à son tour. Seijaku était retenue par deux gardes qui l'agrippaient, et se débattait comme une furie, en vain. Les gardes exténués par le combat nous entourèrent en soufflant comme des taureaux.

- Alors comme ça on voulait partir, hein ! lança un des gardes.

Jin se releva dans un mouvement lent, ouvrit la bouche pour commencer à parler. Un soldat du Blanc-manteau le frappa du pommeau de son épée et Jin s'écroula à terre. Le contenu de son sac se renversa sur le sol.


- Bouges-pas pendard, on va te régler ton compte.

Alors que nous étions étendus à terre, mon regard croisa celui de Jin. Il sourit brièvement, allongea son bras vers les objets éparpillés sur le sol devant lui, et agrippa le Calice de Mort-Vie. Il le rapprocha de lui.


- Désolé, Monica.

Il porta la coupe à ses lèvres et bu les quelques gouttes de pluie recueillies dans le calice.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Lun 11 Mai 2009, 23:14

Chapitre 11 : Une Malédiction.



Jin Poussa alors un râle léger. Son corps fut pris de convulsions et les soldats le regardèrent, l'air ahuri. Soudainement, sa silhouette s'entoura d'une aura lumineuse, d'un vert prononcé. Tous reculèrent devant cette étrange manifestation. Il se releva, ouvrit les yeux et la bouche. Ses pupilles avaient disparu et ses yeux étaient d'un blanc couleur de neige. Jin leva lentement ses bras et commença à léviter à quelques centimètres du sol boueux. A mesure que son corps s'élevait, l'aura qui l'entourait gagnait en luminosité et s'agitait d'un flamboiement intense. Il ouvrit en grand la bouche et d'une voix d'outre-tombe, rauque, et qui n'était pas la sienne, proféra des paroles qui ressemblaient à une incantation. Les gardes autour de lui semblaient pétrifiés, les bras le long du corps, et même les combattants de la La Brillante qui étaient affairés avec des soldats de l'autre coté de la cour regardaient l'étrange phénomène.
Le temps paraissait figé. Les gouttes de pluie elles-mêmes semblait ne plus s'écouler des nuages sombres du ciel Krytien. Mais Jin continuait son incantation sous les yeux ébahis de tous. Et après quelques secondes, la lumière cessa et il retomba au sol. Il se redressa lentement. Et en même temps qu'il se relevait, des formes noires, étranges, et gigantesques se dressèrent au dessus des cadavres au sol. Elles étaient hautes comme deux hommes, mais se courbaient sous le poids de leur corps informes parsemés de pièces d'armures fendues, de lames abimées, de chair déformée. On percevait le souffle chaud des créatures qui formait un léger nuage de vapeur dans la nuit froide, ainsi que les palpitations de leurs muscles puissants, liés entre eux par des filaments et des tendons dénudés.
Les créatures invoquées commencèrent à se déplacer et chacun de leur pas faisait trembler la boue. La douzaine de monstres s'éparpilla et sema la terreur parmi les soldats restants. Tous criaient, couraient dans tous les sens, tentant vainement d'échapper aux coups mortels des Golems de Chair. Jin restait au milieu de la cour, faisant d'amples gestes de bras, concentré, pour contrôler ces créatures démoniaques.
Yggdrasil m'aida à me relever, et nous nous rassemblâmes avec les archers de la Lame Brillante devant le portail de sortie du mur d'enceinte de la caserne du Blanc-manteau. Un golem défonçait la grille à coups de bras hérissé de morceaux de métal qui produisaient un bruit strident en raclant les barreaux.

Jin cessa de bouger ses bras et les créatures s'évanouirent. Elles s'écroulèrent lourdement à terre, et se consumèrent.
Nous sortîmes tous les cinq avec les rebelles de la Lame Brillante. Nous courions aussi vite que nous pouvions vers le nord, à travers la province de Kryte. J'ignorais totalement où nous allions, et personne ne dit un seul mot. Une seule chose comptait: fuir.
Nous longeâmes les falaises abruptes à l'est de la plaine afin d'éviter tout contact avec les Tengus belliqueux de la province. J'avais du mal à tenir le rythme, et nous dûmes faire halte plusieurs fois. Tous restaient silencieux. Mais je pris finalement mon courage à deux mains face à ces personnes qui m'intimidaient et me dirigea vers celui qui semblait être le chef.

- Où ... où allons-nous ?

- Nous nous dirigeons vers la Colonie d'Ascalon, répondit une voix féminine.

- Tiens, je vais revoir le capitaine Vent-Gris, dit Yggdrasill.

Mais un bruissement se fit entendre près de nous. De peur que ce fut des Tengus, notre troupe se remit en route et couru du plus belle.
Nous arrivâmes alors que l'astre de nuit atteignait son apogée dans le ciel désormais dégagé de nuages. Quelques lueurs blafardes se dégageaient des ouvertures des maisons à flanc de colline de la colonie. Le capitaine Vent-Gris et quelques gardes nous attendaient. Les archers de la Lame Brillante ôtèrent leurs capuches, laissant leurs visages se dévoiler à la lumière de la nuit. Celle qui m'avait répondu murmurait quelques paroles au Capitaine. Sans doute devait-elle l'informer de ce qui s'était passé cette nuit. Quand elle eut fini, il prit la parole.


- ... bien, Gretchen. Ecoutez, amis de la Lame Brillante. Je vous présente mes sincères condoléances de la part de chaque ascalonien pour vos compagnons morts en combat. Il marqua une pause. Mais je tiens aussi à vous féliciter pour votre action de sabotage de ce soir, vous avez porté un coup décisif aux forces du Blanc-Manteau. Vous devez être exténués, je vous invite donc à rejoindre vos caches habituelles, au cas où le Blanc-Manteau viendrait nous importuner. Bonne nuit à vous, et que la lutte continue.

Yggdrasill s'avança vers le capitaine. Il le salua. Puis commencèrent à converser. Je me suis tournée vers Jin. Je n'avais pas eu le temps de m'occuper de lui après l'événement surprenant du soir. Il était livide, ses yeux semblaient vides, il était calme immobile dans un coin.


- Jin ?

Il tourna la tête vers moi, et me fixa de ses yeux blancs. Je fus prise d'effroi lorsque ses yeux se plongèrent dans les miens. Il avait changé, il n'était plus le même. Je le sentais. Etait-ce l'effet du Calice ? L'assassin avait-il raison ? Jin avait-il été corrompu par les pouvoirs de cet artéfact ancestral ?... Toutes ces questions traversaient mon esprit alors que je contemplais bouche bée celui qui avait jadis été mon ami, toujours joyeux, et beau.

- ... Monica ? me dit-il d'une voix sans aucune intonation.

Je ne sais pourquoi, mais je après qu'il ait prononcé mon nom, je pris la fuite, en courant, pleurant, le visage entre mes mains. J'étais abattue, et affectée. Ma course s'arrêta à l'ombre d'un grand tronc, encore humide. Je m'adossai à son tronc et me laissai tomber, tout en sanglotant. Je n'eus aucune idée de combien de temps j'étais restée là, mais plus tard dans la nuit, Luna vint me chercher. Sa silhouette filiforme aux couleurs argentées brillait dans la nuit.
Elle s'agenouilla à coté de moi, prit mes mains entre les siennes et esquissa un sourire. J'émis un bruit à la limite entre le rire et le sanglot en la voyant. Mais le fait qu'elle vienne me fit finalement du bien et mes larmes arrentèrent de couler. Elle me releva et m'accompagna jusqu'à la colonie sans un mot.
Une fois arrivées, Seijaku vint à notre rencontre en courant.


- Vous voilà ! dit-elle. Venez vite, Jin va mal.

Et elle nous entraina, Luna et moi dans une maison ascalonienne. Jin était à terre, pris de violentes convulsions. Je fis mon possible pour arrêter les mouvements de son corps tremblant. Après quelques minutes, il ne bougeait presque plus. Nous l'installâmes sur un sommier. Je restai à son chevet toute la nuit durant, mes pensées se bouleversant dans mon esprit. J'étais tiraillée entre l'effroi que m'inspirait à présent Jin, et un désir profond de le sauver.
Au petit matin, il se réveilla. Il ouvrit ses grands yeux et me dit :


- Monica ... aide-moi.

Mais que pouvais-je faire pour le sauver d'une puissante malédiction qui consumait son corps et son âme ?
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Mer 27 Mai 2009, 20:38

Chapitre 12: Un Nouveau Départ



Il me tendit la main. Sa peau était froide mais un peu moins livide que la nuit précédente. Ses yeux encore laiteux laissaient toutefois paraitre la légère couleur d'ambre qui les animait autrefois. Nous restâmes ainsi main dans la main durant quelques minutes sans rien dire. Puis il anima doucement les lèvres et dit de la voix d'outre-tombe qui était désormais la sienne:

- J'ai faim.

Sa voix me faisait toujours frissonner, mais je réussi à sourire. Je sortis de la chambre afin de trouver de quoi manger. Je revint avec un morceau de pain et quelques grappes de raisins. Jin se redressa, et commença à manger lentement.

- Je suis désolé pour ce qui s'est passé la nuit dernière. Je n'aurais pas dû.


- ... mais au moins tu es encore ... vivant, dis-je.

Vivant ... était-il encore vivant? A vrai dire je ne le savais pas.
Il finit de manger en silence, puis se tourna vers le fenêtre. Il ne bougea plus.
Ne supportant plus de rester dans cette petite pièce avec lui, je me glissai discrètement au dehors. Je sortis de la maison, et marchai jusqu'aux limites de la colonie en silence, le regard baissé. Seule, je marchais vers le nord, sur le promontoire rocheux derrière la colonie d'Ascalon. On voyait toute la plaine de Kryte depuis cet endroit. C'était paisible. La brise soufflait son air frais dans mes cheveux et le soleil matinal chauffait mon dos. Je demeurais seule et mes pensées tourbillonnaient dans tous les sens dans mon esprit, et pour les chasser je pris la décision de sortir les quelques livres qui restaient dans mon sac.
En prenant un et ouvrant au hasard des pages, j'eus une révélation.


***


Courant entre les maisons et les ascaloniens, j'allais trouver Yggdrasill, Luna, et Seijaku. Ils étaient avec le capitaine Vent-Gris. Toute essoufflée, je leur déclarai :

- Nous reprenons la route !

- Ah bon ? si tôt ? s'étonna Luna.

- Où allons nous ? dit Seijaku.

- Au nord. Loin au nord. Par delà les Lointaines Cimesfroides.

- Dans ce cas, il nous faudra passer par les montagnes des Cimesfroides, et rejoindre Ascalon. De cette façon nous pourront aller plus au nord, car la jungle entre la Kryte et les Lointaines Cimesfroides est impénétrable, dit Yggdrasill. Je vous suis. Il vaut mieux pour moi fuir la Kryte pour le moment, et je pourrais aller à l'Oeil du Nord retrouver le Capitaine Langmar qui dirige l'Avant-Garde d'Ebon.

- Qu'est-ce que l'Avant Grade D'Ebon ? questionna Luna.

- C'est un groupe de résistants qui combat les Charrs en dehors du grand rempart d'Ascalon.

- Alors je vous suis, je devrais rencontrer leur chef... des histoires, hum, diplomatiques vous voyez.

Seijaku Soupira en nous regardant.


- Est-ce que j'ai le choix ?

- Très bien, retrouvons-nous ici demain matin au lever du jour.

***

Le ciel était gris ce jour là, et de rares rayons de soleil perçaient la couche de nuages menaçante. Nous marchions vers l'est, vers les montagnes dont les sommets disparaissaient dans le ciel sombre. Il n'y avait aucun vent, ni aucun bruit. Nous faisions halte régulièrement pour permettre à Jin de souffler, car même s'il se sentait mieux, il n'était pas tout à fait en état pour voyager.
Yggdrasill menait le groupe de son pas assuré. Je le suivais, tout en soutenant Jin. Les deux filles restaient un peu à l'écart et parlaient à voix basse.
Puis soudainement Yggdrasill interrompit sa marche. Il pointa son doigt vers une plage en contrebas du chemin. Il expliqua que cet endroit, les Portes de Kryte, était la frontière de la contrée. Au delà s'étendait une zone montagneuse par laquelle on accédait via la Grotte du Griffon. Puis il recommanda de se méfier, il arrivait parfois que quelques brigands rôdent aux alentours ... ou encore d'autres créatures.
Nous descendîmes sur la plage.
Alors que nos pieds s'enfonçaient lourdement dans le sable avec un bruit léger, un étrange tintement retentit. C'était un Tocsin.
Yggdrasill fit signe de se diriger vers une épave qui gisait non loin de là et de se cacher, car un régiment du Blanc-Manteau se tenait non loin, et cette alarme devait avoir été émise par un garde.
Il avait raison. Des gardes arrivèrent en courant depuis un chemin sur notre gauche, dans un grand fracas pièces métalliques d'armes et d'armures s'entrechoquant. Ils se rangèrent en position de combat. Mais ils ne nous cherchèrent pas. Ils n'en avaient pas après nous. Mais alors après quoi?
La réponse ne se fit pas attendre, un éclaireur couru à une allure folle vers les soldats, comme s'il avait la mort aux trousses, puis s'arrêta face aux soldats, leur dit quelque chose que nous ne pûmes entendre et reprit sa course sur le chemin par lequel les soldats étaient venus.
Plus aucun bruit. Les soldats se tenaient droits comme des statues. Ils semblaient attendre leurs ennemis. Et ils ne tardèrent pas.
Le rythme cadencé des pas d'une armée retenti, mêlé aux craquements sourds d'os blanchis, et des dizaines de morts-vivants surgirent d'un marais en face des soldats. Ceux-ci se rangèrent en face des gardes du Blanc-Manteau, puis un nécro-cavalier s'avança, leva son bras squelettique et s'élança à l'assaut des humains.
Dans les rangs du Blanc-Manteau retentit alors une voix gutturale :

- Les légions d'Orr maudites ! Soldats, combattez avec courage. pour la Kryte !

Et les autres soldats reprirent en chœur les paroles de leur chef, avant de s'élancer à leur tour contre les combattants squelettes.
Le choc des deux armées fut terrible; les cris des soldats mêlés aux fracas des éclats d'armures, et les craquements des os cassés mêlés aux bruits sourds des soldats qui tombent. Le combat faisait rage et nous étions tous pétrifiés, n'osant sortir de notre cachette.
Mais rapidement les soldats du Blanc-Manteau furent submergés par le nombre de morts-vivant en face d'eux, et les humains commencèrent à fuir.
Le champ de bataille s'élargissait, et des silhouettes couraient dans tous les sens. Les hommes de la Kryte étaient mis en déroute par les combattants squelettes. Finalement, la retraite fut sonnée, et tous les soldats voulant échapper aux ennemis mort-vivants se mirent à courir confusément ... vers nous.
Voyant que les zombies se dirigeaient dans notre direction, nous n'eûmes d'autre choix que de nous dévoiler, et fuir à notre tour.

- Suivez-moi, cria Yggdrasill, courez vers la Grotte du Griffon !

Les mort-vivants nous avaient repéré, et se ruaient vers nous en massacrant les humains qu'ils trouvaient devant eux. Ils avançaient inexorablement tels une vague meurtrière. Nous courions aussi vite que nous le pouvions, et la grotte n'était plus très loin. Mais je sentais Jin faiblir, et s'essouffler. Les autres couraient droit devant eux sans regards en arrière, ils avaient déjà disparu dans les ténèbres de la grotte.
Nous étions presque arrivés à l'entrée de la caverne, mais Jin s'écroula. Voyant ça, je me précipitais en sens inverse pour le relever. Je n'y arrivais pas, j'étais à bout de souffle, et il était trop lourd. Je tentais coûte que coûte de le tirer vers la grotte.
Les mort-vivants n'étaient plus qu'à quelques pas de nous, et je pouvais voir la lueur brillante qui animait leurs orbites vides. On pouvait lire leur fureur dans leurs regards.
C'était trop tard.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Lun 29 Juin 2009, 21:45

Chapitre 13 : Dans les montagnes



Je fermais les yeux de plus en plus fort, attendant le moment où l'haleine fétide des morts viendrait s'insinuer entre mes narines, l'instant où leurs cris seraient si proches qu'ils déchireraient mes tympans, et finalement, la seconde pendant laquelle je sentirai ma peau se découper, s'écorcher au contact des lames émoussées et rouillées des zombies en armures. Les secondes s'écoulaient, lentement, très lentement, les unes après les autres, et tout me paraissait si long, et si court à la fois.
Les secondes écoulées se transformèrent finalement en une courte minute, et rien.
Mes yeux s'ouvrirent finalement, et mes poings se desserrèrent.
Devant moi, Jin, entouré d'un halo de lumière verte et lévitant un peu au dessus du sol, les pieds dans le vide, étendait son bras, et sa main, paume ouverte, en face de l'armée de zombies
Ils ne bougeaient plus, et tous leurs regards étaient fixés sur le nécromant.
La même voix sinistre qui ne lui appartenait pas et qui désormais résonnait dans sa gorge s'adressa alors aux zombies en face de lui.


- Armées déchues du royaume d'Orr, retournez d'où vous venez.

Les mort-vivants ne bougèrent pas. L'aura autour du corps de Jin se mit à onduler, de plus en plus intensément, jusqu'à s'agiter du même flamboiement que les flammes d'un grand brasier.

- Je vous l'ordonne ! hurla la voix.

Après un bref instant d'immobilité, les zombies bougèrent avec les mêmes craquements d'os et cliquetis d'armures qui s'étaient fait entendre à leur arrivée.
Peu après, la horde disparu complètement dans le marais d'où elle sortait.
L'aura s'évapora, et Jin s'écroula sur le sol sableux. Les autres, qui avaient sans doute assisté à la scène depuis l'entrée de la grotte accoururent


- Comment est-ce possible ! s'étonna Luna.

- Incroyable, tout simplement incroyable remarqua Yggdrasill.

- S'il vous plait ... leur dis-je d'une voix faible, en tournant ma tête vers le corps de mon ami au sol.

- Euh ... oui tu as raison Monica, l'heure n'est pas à ça, erm, répondit Luna, gênée.

Yggdrasill et Luna soulevèrent tant bien que mal le nécromant, et l'aidèrent marcher, appuyé sur leurs épaules. Nous pénétrâmes ensuite dans la Grotte du Griffon, unique accès aux montagnes des Cimesfroides.

***


La lumière orangée du soir frappa nos visages à la sortie de la grotte, nous éblouissant. Une fois nos yeux accommodés, nous découvrîmes les immenses sommets enneigés qui semblaient s'étendre à l'infini au dessus des nuages.
Yggdrasill nous guida sur une piste qui nous amènerait au Promontoire, un lieu haut perché où s'est établi un campement humain, nous dit-il.
Nous arrivâmes à la nuit tombée, guidés par les lueurs des feux de camp. Yggdrasill, qui connaissais certains des résidents, nous aida à entrer.

Nous passâmes la nuit au promontoire. Le matin suivant, les réfugiés nous donnèrent provisions et fourrures pour notre traversée, et lorsque le soleil fut haut dans le ciel, nous partîmes.
Nous longâmes les flancs montagneux vers le nord, dans le bassin de Deldrimor, pour essayer d'arriver au plus vite à la Porte de Givre, qui selon Yggdrasill était le moyen le plus rapide pour bifurquer vers l'est et traverser les montagnes en direction d'Ascalon, sans quoi un long détour dans la neige nous attendait.
En chemin, l'élémentaliste expliqua que les montagnes étain habitées par les nains de Deldrimor, dont le roi est Jalis Mertelfer, et qu'ils ont aidé les ascaloniens à arriver en Kryte. Seulement ce ne fut pas de tout repos, car une faction naine rebelle s'était opposée à Jalis; ceux surnommés les "Nains du Sommet de Pierre " . Ils menaient la vie dur aux soldats restés fidèles à Jalis et tuait quiconque s'aventurait sur leur territoire. Or, ces mêmes nains avaient pris possession de la Porte de Givre, point essentiel dans la route pour traverser les montagnes. Mais les ascaloniens, lui y comprit, ont combattu aux cotés des guerriers nains pour reprendre la Porte, qui est aujourd'hui sous contrôle de Jalis.
Il nous conta donc son périple à travers les Cimesfroides, celui que nous faisons en sens inverse sembla-t-il.

Après quelques heures, nous étions toujours en route, mais Yggdrasill arrêta son récit à la vue de traces de sabot sur le sentier.
Il essaya tant bien que mal de les examiner, mais elles ne lui apprenaient rien d'utile, ou qu'il ne savait déjà.


- Qu'y a-t-il ? demanda Seijaku.

- Ces traces de sabots ... je crois qu'elles appartiennent aux centaures des cimesfroides.

- ... et ?

- Et nous sommes sur leur terrain de chasse.


Et à ces mots, Luna pointa un groupe de créatures mi-hommes, mi-chevaux, qui se déplaçaient lentement, sans bruits, dans la neige qui couvrait par endroit le sol humide et rocheux du bassin. Ils étaient sur le sentier que nous devions emprunter pour avancer.


- Bon, alors soyons discrets et n'attirons pas leur attention, dit la tueuse en passant son doigt sur la lame givrée de sa dague, ce qui eu pour effet de laisser une trace brillante sur la lame opaque.

- Ce n'est pas ... si simple, répondit Yggdrasill en se grattant l'arrière du crâne. J'en ai fait les frais plusieurs, fois hélas, mais les Centaures ont un odorat très développé, être discret de suffira malheureusement pas. Si nous avançons trop, la brise leur apportera notre odeur, ils nous repèreront et chargeront ... hum, finit-il, gêné.

- Le vent n'est pas à notre avantage, il faudrait pouvoir le faire changer de direction, ajoutais-je, pensante. Or à ma connaissance faire en sorte que le vent maintienne un certain cap est chose possible, un élémentaliste éolien, maitrisant suffisamment la magie de l'air pourrait le faire. Mais s'il faut en plus se déplacer ... ah ! je ne vois aucune solution, et ...

Mais Yggdrasill et Seijaku s'étaient tournés vers Luna, même Jin l'observait sans bruit, de son regard vitreux.
La derviche avait empoigné sa faux, et commençait à danser, agiter ses bras, ses jambes, elle tournait sur elle-même, de plus en plus vite, une lueur bleue jaillissait de ses mains et traversait sa faux, puis tout son corps. Elle allait vite, si vite, de plus en plus vite, l'air autour de nous se déformait, s'agitait dans tous les sens, et la derviche tournait, et tournait encore.
Elle continuait de danser, de tourner, pendant une minute, puis deux, puis trois ... et toujours plus vite. Elle était devenu une vague silhouette, sans forme, nos yeux ne pouvaient plus la distinguer tant elle était rapide. Et soudain un terrible vent nous agita, il venait de derrière, non, de devant, de tous les cotés en même temps. En face de nous la derviche avait laissé place à un tourbillon qui déstabilisait les brises légères des montagnes. Elle cessa de tourner et manqua de s'évanouir. Mais elle avait réussi à créer un tourbillon qui faisait sans cesse changer le vent de direction, et qui se déplaçait lentement au dessus du sol.
Ainsi, nous pûmes nous frayer un chemin à travers les roches qui surplombaient les centaures, et les dépasser, les contourner, sans qu'ils ne s'en aperçoivent.
Nous continuâmes notre chemin à travers le bassin de Deldrimor, en direction de la Porte de Givre.


***


Le soir tombait,et le soleil avait presque disparu derrière les sommets enneigés lorsque nous atteignîmes enfin notre destination.
Arrivés devant la majestueuse porte, Yggdrasill hésita.


- Quelque chose cloche, dit-il à voix basse. La porte ne devrait pas être fermée.

- Peut-être qu'ils n'aiment pas être dérangés à l'heure du souper, ironisa Seijaku, ce qui fit pouffer Luna.

- Non, ça n'est pas ça. Les nains de Jalis ne fermeraient jamais la porte, à moins que ...

- A moins que ça ne soit pas les nains de Jalis à l'intérieur...?

Il me fixa d'un regard plein d'angoisse.
A ce moment un cor retentit depuis la porte et dans tout le bassin de Deldrimor.


- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je.

- C'est le Cor du Sommet de Pierre.
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MessageSujet: Re: Le journal du Vieil Explorateur   Jeu 08 Oct 2009, 21:44

Chapitre 14 : Neige Flamboyante



Le cor se tut. Un craquement se fit ensuite entendre, puis quelques bruits métalliques; des chaines, des engrenages. Et bientôt, le sol se mit à trembler sous nos pieds, et les deux immenses battants de la porte géante s'ouvrirent lentement, s'écartant l'un de l'autre pour laisser faire place à une embrasure béante, à travers laquelle nous pûmes apercevoir de petites silhouettes se mouvoir avec frénésie.

- Nous ne sommes pas les bienvenus.

- Alors mieux vaut prendre la poudre d'escampette ! clama Luna, alors que Seijaku reculait déjà dans la à direction opposée la porte, en faisant signe.

- Dépêchons-nous, il faut continuer le plus vite possible vers l'ouest et atteindre le Passage de Borlis avant la nuit. Il faut passer par des sentiers à travers les rochers si nous voulons avoir une chance d'échapper aux Nains, suivez-moi !
s'écria Yggdrasil.

Toute le groupe se mit en marche rapidement, alors que des troupes de nains armés de haches, d'épées et autres marteaux faisant presque leur taille, et protégés de lourdes armures noires sortaient par la Porte démesurée.
Yggdrasil avait eu une bonne idée de passer par des chemins rocheux; en effet je doutai fort que des nains si lourdement armés puissent nous suivre à travers les rocs glissants et neigeux. Nous crapahutions tous tant bien que mal à travers la montagne, gardant un oeil sur la progression des nains, et l'autre sur le soleil qui allait disparaitre à l'horizon sous peu, amenant la nuit. Les nains ne pourraient pas nous poursuivre dans l'obscurité, mais nous ne serions pas sauvés pour autant : la nuit apporterait avec elle l'air froid et mortel des montagnes. C'est pourquoi Yggdrasill tenait tant à atteindre Borlis, afin d'y trouver refuge.

Nous arrivâmes finalement sur un pic rocheux, le soleil était déjà à moitié enfoui sous l'horizon. L'élémentaliste pointa du doigt en direction de la vallée; un petit campement était installé à l'abri des vents. C'était sans doute l'objectif qu'il voulait atteindre. Seulement, alors qu'il s'apprêtait à redescendre de son perchoir rocheux, Seijaku lui attrapa l'épaule, et le retourna. Je fit demi-tour de même, et m'aperçus avec horreur qu'à l'inverse de ce que je pensais, les nains n'eurent aucun mal à nous suivre à travers la montagne. Au contraire, ils gagnaient du terrain sur nous.


- Courrez ! cria-t-il à notre égard.

Et nous nous élançâmes vers la vallée avec encore plus de vélocité. Nous courrions, glissions, tombions même, et les nains continuaient à avancer, telle une vague noire et meurtrière; le souffle de Grenth voulant nous aspirer à tout jamais. Leurs lames et leurs armures brillantes au crépuscule projetaient des éclats et reflets de feu sur la neige déjà orangée. Et nous courrions toujours, désireux d'échapper aux terribles Nains du Sommet de Pierre.
Soudainement, un fragile rocher céda sous nos pieds. Jin et moi tombâmes à la renverse parmi les pierres gelées. Je me relevai, les mains rougies, meurtries par le froid et la chute, mais lui ne se releva pas. Sa jambe formait un angle anormale et du sang s'échappait de son mollet, tâchant ses vêtements d'une tâche pourpre grandissante.


- Plus ... bouger ... Aaaaaahh ! lâcha-t-il dans un rauque aussi froid que la montagne.

Tout le monde s'arrêta, et je m'agenouillai aux pieds du blessé afin de lui porter les premiers secours. Luna revint vers moi.

- Monica, dépêches-toi ! Ils sont bientôt sur nous !

- Je fais aussi vite que je peux ! répondis-je.

Je regardais tantôt la blessure que je tentais tant bien que mal de soigner malgré mon cœur qui battait à m'en rompre la poitrine, tantôt les nains que je voyais devenir ... de plus en plus grands, à mesure qu'ils s'approchaient.
Yggdrasill resta immobile quelques secondes, nous dévisagea tous et s'élança vers les nains, en faisant de grands signes. Ils le regardèrent un instant, puis celui à leur tête cria, en pointant sa lame vers le jeune homme. Il regarda une dernière fois dans notre direction, et couru loin de nous avant de commencer à incanter un sort qui semblait complexe. Les nains chargèrent. Yggdrasil incantait toujours, sa silhouette devenait de plus en plus orangé, ses pieds ne touchaient plus le sol et la neige fondait tout autour de lui, formant des ruisseaux d'eau claire. Puis soudain une forte lumière anima son bâton, et une boule de feu gigantesque s'en échappa, formant un arc de cercle au dessus des nains, qui s'arrêtèrent net, stupéfaits par la flamme. La boule rougeoyante alla terminer sa course derrière le groupe de nains, provoquant une phénoménale déflagration, qui fit choir tous les nains. Puis des rochers se fissurèrent, la neige fondit directement sous le choc, et la terre se mit à trembler. L'explosion avait rompu le manteau neigeux, et une formidable avalanche de rocs éclatés, d'eau, et de neige aux couleurs flamboyante se déversa sur les nains comme une coulée de lave meurtrière. Ceux qui avaient pu se relever tentaient de fuir le flot qui se dirigeait vers eux, mais tous furent emportés vers le fond de la vallée par l'écoulement.
Une fois l'avalanche passée, il ne restait aucune trace des nains. Ni d' Yggdrasil.

Nous étions toutes abasourdies, le choc sans doute. Nous ne réalisions pas ce qui s'était passé, tant l'évènement était inattendu, et surpassait l'idée d'un combat. Luna et Seijaku s'élancèrent aussi vite qu'elles purent vers les reste de la coulée, appelant dans le vide le nom de notre sauveur. Mais rien ne répondit à leur appels.
Le soleil avait disparu, et le voile de la nuit s'étendait au delà du ciel parsemé de zébrures rouges et vertes. Il fallait absolument se mettre à l'abri avant la nuit, alors une fois Jin sur pied, nous abandonnâmes la recherche, un élan de tristesse étreignant notre coeur.

Peu après, nous atteignîmes le campement vu un peu plus haut, avant le drame. Il était composé de quelques caravanes marchandes, faisant route entre Ascalon et la Kryte. Les voyageurs acceptèrent notre compagnie auprès de leur feu, même si nous étions tous maussades.

Au matin, nous nous mîmes en route vers la descente du Yak, avec les marchands.
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