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 Une histoire sans queue ni tête...

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Aldarion/Ghomerr/Clive
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MessageSujet: Une histoire sans queue ni tête...   Mer 19 Aoû 2009, 01:33

C'est l'histoire d'une jeune fille peu banale que je vais vous conter à présent.

Elle naquit dans un petit village où ses parents n'étaient que de simples fermiers. Elle n'avait qu'une sœur, Eclona. Elle-même s'appellait Eclonie. A croire qu'elles fussent clones l'une de l'autre, ou l'autre de l'une, enfin, peu importe. Peut-être y avait-il un rapport avec le fait qu'elles étaient jumelles. Mais passons.

Un jour qu'Eclonie et Eclona étaient de corvées au puit pour aller chercher de l'eau. Eclona semblait très pressée de rentrer chez elle car elle avait un rencart avec un jeune garçon du village, et puis bel homme, qui plus est. Toutes les deux remplirent leurs seaux à ras-bord et, se défiant entre elles, elles ne s'arrêtèrent que lorsque le seau lui-même semblait suer par tous les pores de cette eau qui le surchargeait au maximum. Puis elles firent la course.

~~~~~

*voix d'un présentateur télé un peu dingue, à la chevelure blanche, tel un savant fou qu'on ne nommera pas, à l'accent anglais aussi anglais que celui que pourrait avoir une vache espagnole enrouée*

Alors qu'Eclona semble rattraper sa sœur, pressée d'être la première à rentrer, un caillou, assez gros je dois le dire, semble apparaître comme par magie juste sous son pied ! C'est incroyable mesdames et messieurs, je n'ai jamais vu une cheville se tordre autant, à croire qu'elle est en caoutchouc ! Ah mais non, elle semble avoir mal, elle trébuche, le seau lui tombe sur la tête et... la pauvre, elle est toute mouillée !

Sa sœur s'arrête pour contempler le désastre. Elle s'esclaffe alors et poursuit sa course en narguant la pauvre trempée, mais elle-même, prise du mauvais sort, ou d'une maladresse consanguine, se vautre littéralement.

Helari De Clonak-i a subi le même sort mais maintenant, c'est Eclona elle-même qui s'étouffe de rire ! Elles se relèvent toutes deux et terminent plus prudemment cette course folle.

C'était votre présentateur sportif préféré, à vous les studios !
~~~~~

Les deux filles rentrèrent donc saines et sauves, mais pas sèches pour autant, quoique pendant le trajet, elles étaient moins mouillées qu'au moment de leur chute respective.

Juste après le soupé du soir, Eclona se préparait pour son rendez-vous galant, si on peut appeler un rendez-vous galant deux jeunes paysans qui vont se promener dans les champs beurrés de fumier durant la journée entière et qui se contentent de se promener main dans la main, tandis que leur seconde main leur permet de supporter l'odeur nauséabonde des excréments bovins.

Son père, un homme très bon et très simple, tendant plus sur le simplet que le simple, entre nous, confia un bijou à sa fille pour l'embellir face à ce bel âtre qui pourrait lui faire pondre une ribambelle de marmots et peut-être lui donner une dot bien généreuse lors du mariage. Pour appâter le beau, il lui confia son plus précieux bijou de famille, une bague dorée. Sa fille regarde l'anneau, qui lui paraissait être de couleur plus que suspecte et ne pas être un vrai bijou. Son père, pourtant calme d'habitude s'exclama :

"Ma fille, t'es t'y folle ! C't'un bijou d'famille qu'on s'y transmet d'générations en d'générations. C't'est Feanor, j'te l'dis, moi présent'ment, en oorrrrr... Pis Tim dit pô des choses comme ça, dam', j'suis ton père j'te l'rappelle. Ton pauv' père qu'i' s'tue à la tâche pour t'offrir d'beaux vêt'ments, d'belles robes, un toit, et pis t'donner à grailler, Lena pas d'raison d'te mentir sur ça, crois-moi ! Pis ceux qui mentent i' vont en enfer, rappelle-t'en, ma fille."

Après ce sermon digne des misérables, ou pas, la pauvre Eclona monta sans un mot dans sa chambre où elle se prépara pour le grand soir. Pas parce qu'il allait se passer quelque chose, juste parce que c'était le jour le plus long de l'année. Eh oui, pile le jour du solstice, balèze, hein ?

~~~~~

Quelques heures seulement après le début de sa soirée, Eclona ne tarda pas à rentrer chez elle, à son grand dam. En effet, elle n-Arachnos-éeuse, elle avait du quitter son ami pour rentrer au plus vite chez elle, lui expliquant qu'elle se sentait mal. En gentilhomme qu'il pensait être, il l'avait raccompagné chez elle, tout de même. Pauvre de lui, à peine sur le pas de la porte, elle lui avait tout vomi sur les bottes et ce dernier était parti en courant. La bave aux lèvres et la larme à l'œil, elle était entrée et avait tout raconté à ses parents, et à sa sœur bidonnée, dans la foulée. Eclona monta à grande enjambées dans sa chambre où elle se changea, s'allongea dans son lit, et pleura toutes les larmes de son corps. Elle revomit également un peu plus tard dans la nuit. Et repleura. La pauvre... eheh....

Dès lendemain matin, toute la petite famille se leva faisant mine de rien pour ne pas vexer la pauvre jeune fille en pleur dès le début de la matinée. Elle sanglotait doucement mais tout le monde pouvait l'entendre. Ils petit-déjeunèrent dans le presque-silence et commencèrent leur journée comme si de rien n'était.

Plus tard, en début d'après-midi, le père de la famille découvrit des chatons cachés dans un trou sous leur maison. Lui qui ne pouvait pas supporter un chat même en peinture décida de les déloger et de leur régler leur affaire le plus vite possible. Quand il eut réussi, il ne trouva que deux chatons. Pourtant les miaulements plaintifs lui avaient fait croire qu'ils étaient au moins le triple, voire plus. Néanmoins, une fois qu'il en avait un dans chaque main, car ils tenaient assis au creux de sa paume, il ne put s'empêcher d'avoir une certaine pitié envers ces deux petites boules de poils qui le regardaient avec de grands yeux ronds tout bleu.

Il pensa alors à ce bon vieux pêcheur du nom de Josep. Oui, Josep, il n'y a pas d'erreur. Là bas, dans cette région, personne ne prononçait les "h", et comme peu savaient lire, ils ne savaient pas non plus qu'un "p" suivit d'un "h" faisait le son "f" et du coup, le pauvre bougre s'était fait renommer par l'ensemble des gens de la région en Josep. C'est assez tordu comme situation, je vous l'avoue, mais c'est comme ça, que voulez-vous que j'y fasse.

Bref, le père pensa à ce pêcheur tout en ayant les deux chatons dans les mains. Il ne pouvait se résoudre à les tuer lui-même et il se rappela que Jo-Sep Le Sournois-yait les chats dans le lac gratuitement. Il faut préciser qu'en plus d'être laid et d'avoir un nom de merde, il était sourd, le bougre. Et il noyait les chats gratuitement, quelle horreur ! Toujours est-il que le père des deux jumelles préféra confier les deux chatons à ce pêcheur sourd plutôt que de devoir les tuer lui-même. Il ne voulait de toute façon pas de chats chez lui.

Dans l'après-midi, le père revint chez lui. Il trouva sa femme en train de ranger soigneusement la maison. Ce n'était pas une femme très belle mais ses parents l'avaient choisi pour lui car ils s'étaient arrangés à l'amiable, comme cela se faisait souvent, afin d'additionner leurs parcelles de terre et donner à leurs enfants un vaste terrain pour cultiver n'importe quoi de comestible ou presque. Alors qu'elle déplaçait plusieurs objets à suivre, elle demanda à son mari :

"- Dit, l'père, où qu'Valpo où qu'tu ranges tes bidules là ?
- C'pas des bidules, non de bleu, c'sont des pièces d'valeur !
- D'valeur ? Ca vaut pô un clou tes capsules là !
- Hein ? Répète un peu donc voir ? Morlune tu verras si c'est du faux !
- Gnnn... *crack* ! OUAAAAAIIILLEEEEUH !!
- AAHAHAHAH ! Bien fait, c't'apprendra à pô m'croire ! Tu vois qu'c'est du vrai !
- Turiam-es depends, salopiot ! Tu pourr'Alfro frotter pour obtenir que'que chose d'moi c'soir au lit !
- C'est 'tu pourras t'brosser', pis toute façon, pour c'que tu sais faire !"


La dispute continua pendant plusieurs minutes au bout desquelles ni l'un ni l'autre ne savait pourquoi ils avaient commencé. Ils échangèrent un regard d'incompréhension et retournèrent à leurs tâches respectives. Ces cho-Zephon que leur couple était parfois très animé et rythmait leur quotidien, sans quoi, ils crèveraient sans doute d'ennui.

~~~~~

Parfois, dans la région, il était de coutume que les fermiers se louaient de la main d'œuvre quand les travaux prenaient du retard sur le calendrier ou que la moisson était bonne et qu'il fallait donc s'activer pour la récolter au plus vite pour la mettre en sureté. A cette époque de l'année, le pauvre vieux père de famille manquait de bras pour l'aider. Ses deux filles, bonnes à rien en ce qui concernait les travaux de ferme, ne lui était absolument d'aucune aide. D'autant plus qu'elles étaient maladroites comme leurs pieds, comme si à la naissance elles étaient nées munies de deux mains gauches ornées de pouces, alors qu’elles étaient droitières. Je n'ai rien contre les gauchers, en passant.

Bref, le père des juments... euh, pardon, des jumelles... quoique... je m'égare... se vit dans l'obligation de louer un jeune homme pour cette période afin de l'aider dans ses corvées. Le jeune homme en question ne se fit pas prier bien longtemps et dès le lendemain matin à l'aube, il était déjà au travail en compagnie du père et l'aidait. Le rendement était d'ailleurs bien meilleur et travaillait pratiquement comme deux. Il faut souligner ici que le jeune homme en question avait beau être jeune, il était taillé comme un spartiate. D'une carrure impressionnante, ses muscles roulaient sous sa peau à chaque mouvement qu'il faisait. Il était également très beau. Le père eut d'ailleurs une pensée pour sa fille, Eclonie, qui était encore seule. Ce jeune homme n'aurait sans doute aucun mal à la rendre heureuse.

Lors du moment de midi, quand tout le monde fit une pause pour manger, le jeune homme se joignit à la table. Eclona était de sortie alors qu'Eclonie était restée à glander... euh, à s'occuper d'elle à la maison. Quand elle vit le jeune homme à la musculature imposante et à la beauté renversante, elle s'arrêta net et le fixa bouche bée. Sa mère fit une allusion aux mouches qui allaient la dévorer de l'intérieur si elle continuait à garder la bouche ouverte et la pria de s'assoir à la table. Elle s'exécuta et s'assit à la seule place laissée libre, face au jeune homme. Elle n'arrivait pas à le regarder en face et ses joues devaient si rouge qu'on aurait cru qu'elles allaient exploser.

Son père pensa à cet instant que Lou Esgalduin-dubitablement influencer sa fille, mais il s'en fichait. Après tout, dans la région, ça marchait comme ça : les parents arrangeaient les mariages dans leurs enfants et puis c'est tout, on ne discute pas jeune fille. Cependant, il voyait bien dans les joues écarlates de sa fille que son acte allait plutôt dans le même sens que les sentiments d'Eclonie, ce qui l'arrangeait bien. Tout le monde était content.

Pendant le repas, le regard du père ne cessait de faire des allers-retours entre l'apollon et sa fille pour voir si cela avançait entre les deux tourtereaux. Ils n'avaient pas échangé un seul mot et mangeaient tous deux, la tête le nez dans leur assiette. Le père se dit qu'il devait agir et amener la conversation.

"Quand c'est qu'vous nous faites des p'tiots ?"

Le bruit d'une fourchette qui tombe dans une assiette cassa l'ambiance sonore d'un repas silencieux pour devenir simplement le silence lui-même. Les deux se mirent à rougir, même si, concernant Eclonie, il était difficile de faire mieux et elle hurla un "P'paaaaaa !" avant d'aller se cacher directement Xyu la table. Puis elle fuit par dessous et partit se cacher dans sa chambre. Son père gueula :

"JEUNE FILLE ! HONG-ASPILLE PÔ LA BOUFFE COMME CA ET ON QUITTE PÔ LA TAB' SANS D'MANDER ! R'VIENS TOUT D'SUITE OU J'VIENS MOI MÊME T'FAIRE DESCENDRE A COUP D'PIED DANS LE C-"


Au même moment, sa femme lui avait mis un doigt sur la bouche avant qu'il ne jure devant un invité, qui allait sans doute devenir son gendre, du moins, il l'espérait. Sa femme monta chercher sa fille et après plusieurs minutes de piaillements stridents venant de l'étage, elles redescendirent et tout le monde reprit le repas dans le silence. Cependant, les deux échangèrent quelques regardes discrets tout en rougissant l'un et l'autre. A la fin, ils remercièrent le jeune homme de s'être joint à eux, le père ne daigna pas s'excuser auprès sa fille et du jeune fermier et il partit en les remerciant pour le repas. Puis la petite famille alla se coucher.
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MessageSujet: Re: Une histoire sans queue ni tête...   Mer 19 Aoû 2009, 01:33

~~~~~

Dès le lendemain, pendant que son père s'était Mya travailler dehors, Eclonie et sa mère en avait profité pour discuter du fameux garçon. Elle f'Ulmis-nait tellement elle s'était éprise du jeune Apollon. Elle n'arrêtait pas de le couvrir, voire, l'écraser, d'éloges toutes aussi mielleuses les unes que les autres. Sa mère buvait ses paroles car elle aussi trouvait le garçon très mignon. Ils n'avaient pourtant pas échanger un Monica-ser un seul geste l'un envers l'autre, ils s'étaient contentés de manger face à face sans rien dire, cependant, Eclonie en était folle. Ari-ien dire et à rien faire, le jeune homme, par sa seule présence, avait réussi à s'emparer de son cœur.

"T'sais maman, t'peux pas savoir comment j'le trouve trop beau ! Pourtant j'sais même pô son nom, c'est fou, nan ? Hein ? Pilvi-sage d'ange qu'il a, Tuuli en lui qu'c'est un bon gars, quelqu'un d'bien et en plus il est super musclé ! Faut que j'le revoie, maman, tu comprends ! Faut qu'on s'marie et qu'on fonde une famille ! C'est lui que j'veux, tu comprends ? Hein, dis, maman, tu comprends ? Tu m'écoutes quand j'te parle ? Maman ? Eeeeh ! J'te parle ! ... "

Sa mère l'écoutait d'une oreille sourde comme on disait. Elle hochait la tête de temps en temps, grognait un semblant de "oui" quand sa fille semblait poser une question mais son esprit était complètement ailleurs. Son esprit voguait, de-ci, de-là, vagabondant au gré des paroles que disaient sa fille et qui lui rentraient par une oreille, sans passer par la case mémoire, et ressortait aussi sec de l'autre oreille.

Elle pensait au jeune homme. Il était beau, certes, et il était aussi vraiment très musclé. De plus, il était relativement très bronzé alors que dans la région, les gens étaient plus frêles et pâles. Elle se demandait si le garçon n'était p-Amethyst ou métèque. Elle ne savait plus quel mot désignait ces gens là, ceux qui venaient de régions plus éloignées, parfois d'autres pays, pour travailler à pas cher, mais gagner plus que chez eux, et épouser des jeunes filles de la région pour intégrer la société. Certes, le jeune homme lui plaisait à elle aussi, mais elle ne voulait pas qu'on jase sur son dos parce que sa fille s'était mariée avec quelqu'un d'ailleurs que de la région, justement. Cela la tracassait, et du fait, elle n'écoutait plus sa fille.

Eclonie alla voir son père qui travaillait en compagnie du jeune homme dans la ferme, mais assez loin d'eux. Elle s'approcha de lui et lui demanda comment s'appelait le jeune fermier. C'était, en effet, le premier pas à faire pour entamer la conversation, selon elle. Savoir le nom de son interlocuteur aide à faire passer le contact. Le père se releva, s'essuya les mains sur son pantalon et se massa le menton pour réfléchir. Il lui dit que ce n’était pas un nom du coin et qu'il avait du mal à s'en souvenir, du coup il l'appelait par son diminutif. Il s'appelait Damatrovikk Perkistrov, mais son père préférait l'appeler Dama. La jeune fille lui demanda s'il avait un accent, avec un nom comme ça, pire, s'il parlait leur langue. Son père la rassura. Il n'avait qu'un accent très léger, presque imperceptible et parlait bien leur langue, du moins, aussi mal qu'eux-mêmes, selon lui.

Elle se dirigea lentement vers le jeune garçon. D'Amalia Des Bois qu'il se jeta sur le dos et fit face à la jeune fille qui se tenait là, toute timide, devant lui. Elle tournait l'un de ses pieds dans la terre tout juste retournée et astiquait ses doigts dans tous les sens tandis que ses joues prenaient une teinte rosacée. Elle ne savait pas comment l'aborder. Elle bredouilla son nom pour engager la conversation et il lui sourit. Il posa les morceaux de bois qu'il avait sur le sol et la prit par la main pour l'emmener un peu plus loin, dans le champ. Le père continuait comme si de rien n'était.

Ils marchèrent jusqu'à arriver sous un saule très éloigné du champ. Ils se laissèrent tomber à son pied lentement mais toujours sans se regarder. Ils attendirent un certain moment, appréciant l’instant et la vue, parce qu'éloignée, de la ferme qui s'étendait à perte de vue devant eux. Le soleil était haut au-dessus d'eux et l'ombre qui les enveloppait était confortable. Juste à côté d'eux, deux petites croix étaient plantées dans le sol avec un nom gravé sur chacune d'elle. Dama engagea la conversation.

"- Dis moi, Eclonie, c'est ça.
- Yep'.
- Ehm... tu sais à qui appartiennent ces deux tombes ?
- Dam', c'vré qu't'as un p'tit accent quand même !
- Euh, oui, désolé... tout le monde me fait la remarque depuis que je suis arrivé dans la région. Ça passera avec le temps, je pense.
- Eheh, c'ben drôle, en tout cas. Tu d’zais ?
- Les tombes, là ?
- Ah, ouaip', j'sais à qui e' sont, pour sûr ! La première c'est celle d'ma mémé qui habitait là. Elle a gagné l'terrain quand ses vieux ont crevé, t'vois, pis elle a rencontré not' grand père qui a construit la ferme qu'tu vois là. Mais il a disparu, c'pô lui à côté.
- Qui y a-t-il sous la seconde ?
- Elladan Gil Celeb Oncle Tom ! C'est l'fère d'mon père. J'l'ai connu toute p'tiote mais l'est mort éventré par une vache qu'avait eut les cornes qu'avaient trop poussées, t'sais, pis quand qu'il a voulu les couper, bah ça a pô plu à la vache pis e’ lui a foutu un d'ces coups dans l'bide. C'est d'là que vient l'dicton : S'tu coupes les cornes d'une vache qu'a pas pissé son lait, t'attends pô à c'qu’e’ t'laisse faire !
- Euh... je vois. Le pauvre... Il est mort sur le coup ?
- Bah même pô ! C'pour ça qu'il est d'venu céleb' l'pauv' vieux. Il a réussi à couper les cornes d'la vache, pis il les a ram'né chez lui, pendant qu'il avait les tripailles à l'air et qu'i' pissait l'sang, et il a gueulé à la taverne : ‘c'est moi qu'a coupé les cornes à la grosse Bertha...’ avant d's'écrouler sur l'sol. Y'a encore la tache d'sang sur l'parquet, j't'emm'nrai voir un jour s'tu veux !
- Avec plaisir...
- T'sais quoi, on a qu'o y'allé dès qu't'as fini l'boulot, on pourra causer 'core, ça t'va ?
- Ca me convient, oui, à tout à l'heure alors, Eclonie.
- A d'taleur, Dama."


Ils se levèrent et remar-Kadvael qu'il lui tenait encore la main. Il se mit à rougir et elle en fit de même. Il s'étonna d'ailleurs que la jeune fille parlait avec un accent aussi prononcé alors qu'elle était toute timide. Cela contrastait étrangement mais cela lui donnait aussi un certain charme qu'il ne savait s'expliquer. Elle pensa que son accent à lui était vraiment très prononcé aussi et qu’il ne venait assurément pas du coin. D’ailleurs, s’ils avaient pu voir le dernier jeu de mots, ils l’auraient trouvé tous deux très mauvais. Mais passons. Toujours est-il que pendant ce temps, les deux tourtereaux s’étaient quittés et étaient retournés à leurs corvées.

~~~~~

Eclonie était allée voir son père. Elle avait un plan en tête pour séduire Dama. En effet, ils s’étaient revus à la taverne comme convenu mais leur discussion avait été brève et ils l’avaient terminée en échangeant des regards timides puis s’étaient dit au revoir puis quittés. Elle voulait à tout prix qu’il voit en elle une femme potentielle afin que leur relation s’accélère un peu. Elle souhaitait être aux petits soins pour qu’il remarque en elle son savoir-faire et son amour.

Elle demanda donc à se père de lui donner comme corvée pendant la semaine de nettoyer les écuries dans le but d’user son pantalon. En effet, les écuries étaient abandonnées depuis belle lurette et le sol était couvert d’un tapis indescriptible de moisissures et de poussières agglomérées assez épais. Il mettrait au moins une semaine, selon elle, mais selon son père, plutôt deux, et il en userait sa culotte, elle était prête à y mettre la main au feu.

Son plan machiavélique en place, elle attendit donc la semaine, puis l’autre, que son Dama use ses pantalons pour lui les recoudre en bonne future femme au foyer. Cependant, sa mère, qui n’était pas dans la combine alla trouver son mari pour s’expliquer avec lui.

« - Eh, dis, Hector, qu’est c’tu fais avec le gamin ?
- Bah quoi ?
- Hec-Tauril Valelil-mer complèt’ment son pantalon à c’rythme là s’tu lui fais nettoyer toute l’écurie comme ça !
- Mais tais-toi donc ! T’sais pô quoi tu causes, la mère ! C’est un plan d’ta fille pour qu’le Dama lui tombe dans les bras, va. Laisse donc la faire, dam !
- Oh booon… On m’dit jamais rien à moi t’façon… »

-
Encore une fois, s’en suivit une chamaillerie que je préfère passer sous silence car totalement dénuée d’intérêt, du moins, encore moins passionnante que toute cette histoire abracadabrantesque. Après plusieurs dizaines de minutes de querelle, les deux époux avaient l’un et l’autre oublié complètement le sujet de leur dispute et reprirent leurs activités comme si de rien n’était.

Deux semaines plus tard, Dama avait effectivement usé, non pas un, mais tous ses pantalons et demanda de l’aide auprès de la mère d’Eclonie. Enfin dans la confidence, elle dit que sa fille était une merveilleuse couturière et qu’il lui faudrait qu’un tour de main pour lui recoudre tout ça.

Le jeune homme monta donc voir la jeune fille avec tous ses pantalons dans les bras et lui demanda son aide. Eclonie fit mine d’être surprise et accepta avec plaisir. Elle fut cependant très surprise quand Dama lui passa également le pantalon qu’il portait en venant, car lui aussi troué, et elle en tomba de sa chaise. Après s’être rassise, elle se concentra sur toutes les choses qui pouvaient ne pas avoir de rapport avec les jambes nues et athlétiques de Dama, jambes qu’elles avaient déjà remarqué très musclées en pantalon, mais sans, c’était à en tomber par terre… c’était chose faite.

Après des mois à jouer à ce petit jeu, Dama et Eclonie étaient devenus quelque peu plus proches. Décidant qu’il était temps d’agir, ses parents organisèrent un mariage anticipé afin de dérider les deux jeux gossillards et précipiter un peu les choses. Le père Hector et sa femme se faisaient vieux et ils avaient grande hâte d’être grands parents.

Et donc, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants très maladroits mais dont la beauté faisait passer la pilule plus facilement. Ainsi s’achève l’histoire d’Eclonie, la jeune maladroite, histoire ô combien délirante au possible et qui j’espère n’a jamais vraiment eu lieue…

Spoiler:
 
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Monica
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MessageSujet: Re: Une histoire sans queue ni tête...   Ven 21 Aoû 2009, 12:44

O_o ...

Ha ... aha ... ha ha ha ...

Génial xD
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Aldarion/Ghomerr/Clive
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MessageSujet: Re: Une histoire sans queue ni tête...   Ven 21 Aoû 2009, 13:34

Huhu, content que ça te fasse rire, c'est le but aussi ^^

Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est le génial, mais ça a eu le mérite de m'occuper une soirée et de me faire beaucoup rire xD
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vifesprit
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MessageSujet: Re: Une histoire sans queue ni tête...   Ven 21 Aoû 2009, 15:30

Very Happy y'en a qui ont vraiment rien d'autre à faire Wink

________________________________________________
"Je suis Melandru, mère de la terre et de la nature. Vous serez désormais liés à cette terre. Quand elle souffrira, vous souffrirez aussi."
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Helari
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MessageSujet: Re: Une histoire sans queue ni tête...   Ven 21 Aoû 2009, 15:34

J'me suis bien amusé en le lisant ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Une histoire sans queue ni tête...   Aujourd'hui à 11:50

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