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 [Récit] Emprisonnée

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Helari
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MessageSujet: [Récit] Emprisonnée   Ven 21 Aoû 2009, 20:32

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Helari se réveilla, ses muscles étaient endoloris à cause de la rigidité de sa couche. Elle était enfermée, captive des morts-vivants d’après ce que sa mémoire lui rappelait.
Se rendant compte qu’elle ne ressentait plus rien, elle fut prise de panique et lâcha un petit cri. Incapable de sentir la magie qui lui permettait de sauver des vies, incapable de lancer un sort, incapable de…de ressentir la vie. Incapable également de trop bouger sans avoir mal à la tête.
Elle se rappelait un peu du voyage qui l’avait conduite ici. Elle avait passé son temps enfermée dans une cage, flanquée de cadavres ambulants qui lui pompaient son énergie et sa vitalité. Ici, il n’y avait personne pour l’affaiblir, mais elle se doutait bien que ses ennemis avaient inventé un système qui le faisait, car elle était incapable de faire quoi que ce soit. Elle était à la merci de ses geôliers.
Faute de mieux à faire, elle s’enquit d’inspecter sa cellule. L’endroit n’était guerre plus grand qu’une chambre des maisons traditionnelles d’Ascalon. Il faisait sombre. Le mur du fond était doté d’une petite ouverture, par laquelle l’air et la lumière passaient. Helari s’en approcha, et plaça son œil devant la fente. Elle donnait vue sur un paysage étrange. Le tout ressemblait avait la forme d’une plaine banale, seulement un détail attirait son attention : l’endroit semblait dépourvu de vie, Helari ne voyait ni animaux, ni plantes. Seul un arbre mort se dressait sur l’horizon, isolé de tout, ses branches déchiraient le ciel qui était uniformément gris. L’endroit était traversé par une unique route, boueuse et irrégulière. C’était certainement par là qu’elle était arrivée…
Un hurlement retenti dans la bâtisse où elle se trouvait, Helari s’approcha de la porte de sa cellule et tendit l’oreille. Le hurlement repris, celui qui criait semblait terrifié. Bientôt, d’autres voix se joignirent à la sienne. Puis soudain, un grand claquement se fit entendre, et ce fut le silence total.
Helari s’écarta de la porte, terrifiée. Tout ici lui faisait peur, l’atmosphère était glaciale, l’extérieur mort, et ces cris n’étaient pas pour la rassurer. De plus, elle ne savait pas ce qui allait lui arriver, et cela lui déplaisait fortement. Elle reporta son attention sur sa chambre de détention. Outre le plafond fissuré, les traces de griffures sur les murs, il n’y avait pas grand-chose à observer…


Un nouveau bruit retenti, comme un tambourinement. Cette fois-ci, cela venait de dehors. Elle s’approcha de sa fenêtre et tenta de voir quelque chose. Elle remarqua rapidement la colonne d’ombres qui se déplaçaient sur la route. A en juger par leur allure et leur taille, il devait s’agir de Cavaliers Nécromants. Le souvenir de leur puanteur lui donna la nausée.
Tandis que la colonne continuait son avancée vers elle, ou plutôt vers l’endroit où elle se trouvait. Elle repéra au loin dans le fond de la vallée un petit essaim de lumières qui n’étaient pas présentes quand elle avait observé le paysage un peu plus tôt. D’ailleurs, faisait-il jour ou nuit ? Le ciel n’avait pas changé, et elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là.

-Si dès le début je perds la notion du temps…Non, non, je ne dois pas perdre la tête. Si je deviens folle, ils auront raison de moi. Je dois rester lucide, et me fier à moi-même, dit-elle alors que son ventre émit un gargouillis. Eh bien voilà, je sais au moins une chose, il est l’heure de manger.

Seulement, il n’y avait rien à manger dans sa cellule. Elle s’approcha de la porte et la frappa autant de fois qu’elle pu. Après quelques secondes d’attente, elle s’écria :

-J’AI FAIIIIM !!!


Rien ne se passa.

-C’est ça, laissez moi mourir de faim bande d’idiots ! Mieux vaux mourir de faim que de continuer à souffrir dans votre sale prison. Je prie Grenth pour qu’il ne vienne jamais vous prendre ! Pourrissez ici, vermines !

Sur ces mots, elle retourna à sa fenêtre pour observer les lumières qu’elle avait vu. Les cavaliers avaient disparus et les lumières s’étaient rapprochés. Après un moment, elle pu voir avec précision ce qu’elles étaient. Il s’agissait enfaite d’un autre convoi, il y avait une cage montée sur des roues. Celle-ci était tirée par une meute d’animaux squelettiques. Tout autour se tenait une escouade de morts vivants qui surveillaient des prisonniers en piteux état.
Soudain derrière elle, la porte s’ouvrit à la volée. Un mort-vivant entra et aboya :

-Voi…Qu’est-ce que tu regardes là-bas toi ! Qui t’a autorisée ! Je t’apportais de quoi survivre, mais on dirait bien qu’avant, il va falloir résoudre ce problème !

Il tourna les talons et claqua la porte. L’abomination s’en allait. Helari resta figée. Elle craignait ce qui allait se passer.
Quelques minutes plus tard, des bruits de pas retentirent dans le couloir. La porte de sa cellule s’ouvrit en douceur, un autre mort-vivant, muni d’un bâton se tenait sur le seuil de la porte. Il fit un pas en avant en arborant un sourire sadique, et dit :

-Alors, la Sorcière, on compense sa faim en regardant dehors ? C’est toujours mieux que de hurler seule derrière sa porte, idiote. C’est toi que Grenth ne viendra pas chercher…Nous, il y a déjà renoncé depuis longtemps.


-C’est vrai, rétorqua-t-elle. Honnêtement, qui voudrait s’encombrer de créatures aussi laides et dépourvues d’intelligence que vous ! Oser vous attaquer aux Sylvecîmes ! Vous n’auriez jamais du !

-Assez ! Silence ! Je ne suis pas là pour ça !

Il s’avança vers la Moniale et tendit son bâton. Après un murmure, une lumière intense apparut à son extrémité. Cela brûlait les yeux d’Helari, même après qu’elle se les soit couverts de ses mains.

-Avec ça, même si tu mets ta tête devant le trou, tu ne verras rien, et ce pendant un bon petit bout de temps !

La lumière était éblouissante, la vision d’Helari était troublée, et déclinait. Elle prit une inspiration et cracha sur le monstre. La réponse fut immédiate : d’un coup de bâton au visage, il la projeta au sol. Elle percuta sa couche avant de s’affaler sur la pierre froide. Par réflexe, elle porta sa main là où elle venait de se cogner, elle saignait de l’arcade sourcilière, mais également de la lèvre à cause du coup de bâton.

-Tiens, attrape ça et tais-toi maintenant !

Elle entendit quelque chose tomber par terre, probablement de la nourriture. Elle se releva alors que la porte se refermait, cherchant à tâtons ce que le mort avait laissé tomber. Elle ne voyait absolument rien mais continuait de chercher alors que des larmes coulaient sur ses joues. Elle était déjà fatiguée, vidée de toute joie, affamée. La perte de sa vue la paniquait et elle priait pour que cela ne devienne pas définitif à cause du manque de soin. Jamais de sa vie elle n’était restée blessée, à chaque fois elle s’était soignée. Là, elle ne pouvait pas, elle ne voyait rien, et sentait le sang se mélanger à ses larmes.

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Helari
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MessageSujet: Re: [Récit] Emprisonnée   Sam 29 Aoû 2009, 01:38

La tristesse la submergeait, rien n’allait. Elle s’assit et se mit alors à penser à ce qu’elle aimait pour se réchauffer le cœur. Elle revit le cœur des Sylvecîmes par un matin de printemps, les immenses feuilles de ses arbres, l’eau du Slyn coulant à une douzaine de mètres sous la plate-forme principale, elle voyait également les visages de ses compagnons qui donnaient un sens à sa vie, la bonne humeur, la joie, les boutades de Tim Vifesprit… Elle sourit en repensant à ses premières corvées de brindilles, imposées par Fëanor sous l’initiative de Tim…
Un peu remotivée, elle reprit ses recherches et finit par trouver ce qu’elle cherchait. Il y avait un gros morceau de pain sec et sans goût, une bassine pleine d’eau avec un récipient en métal qui avait l’air d’un verre tout cabossé, une pomme et un morceau de volaille.

-Eh bien, avec tout le temps que j’ai mis pour les trouver, il est étonnant que les fourmis ne s’y soient pas encore attaquées… murmura-t-elle. Ah, c’est vrai, même les fourmis ne viennent pas jusqu’ici. D’ailleurs cette pomme et ce morceau de viande doivent venir de loin…A croire qu’ils s’appliquent à bien traiter leurs pensionnaires…

Après s’être rempli l’estomac, le Moniale s’assit sur son lit et pria Dwayna de bien vouloir la sauver de ce malheur. Elle n’eût même pas à fermer les yeux pendant qu’elle murmurait, comme elle en avait l’habitude lors de ces rares moments spirituels. En effet, elle était dans le noir absolu depuis son altercation avec le mort vivant. Cela l’effrayait, tout lui faisait peur. Elle ne savait pas où elle était, mais le pire était de ne pas savoir ce qui allait lui arriver. Elle ne s'était jamais imaginé que les morts-vivants étaient capable de garder des prisonniers, en général ils se contentent de tuer sans réfléchir. Que pouvaient-ils bien vouloir en la gardant ici ? Elle avait l'impression que son cœur battait constamment plus rapidement que d'habitude...cette sensation contrastait avec son incapacité de bouger. A la fatigue qu'elle ressentait sans cesse s'ajoutait ces inquiétudes qui la paralysaient. Depuis qu’elle avait été enlevée, elle n’avait rien vu d’autre que des morts-vivants, les murs froids de sa cellule et un paysage mort. Peut-être même que les Sylvecimes allaient ressembler à ça. Cette vision lui glaça le sang. Il fallait vite oublier ça. Elle murmura ensuite divers mots en rapport avec les Sylvecîmes, les arbres, la forêt, la rivière, les rochers, les noms de ses amis. Une fois son inspiration épuisée, elle se remémora le maximum d’incantations qu’elle connaissait. C’était, selon elle, un moyen de ne pas oublier, de ne pas sombrer, de rester accroché à quelque chose. Elle s’allongea et chuchota : « A l’aide, venez m’aider…. ». Son murmure s’effaça, elle s’était endormie.
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Helari
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MessageSujet: Re: [Récit] Emprisonnée   Dim 30 Aoû 2009, 01:59

Helari se réveilla en sursaut, elle avait rêvé et, chose rare, se souvenait de son rêve : elle était attachée à un poteau par une chaîne et tournait autour, sans jamais s’arrêter. Son rêve s’était arrêté au moment où chacun de ses pas produisait un fracas assourdissant. Elle se redressa sur ses coudes, le fracas n’était pas dans son rêve, il continuait. C’était dans le couloir, elle entendait des portes s’ouvrir, suivi d’un bruit lourd, et de la fermeture violente des portes, le tout semblait se rapprocher de sa cellule. Un bruit sourd, différent des précédents émana de sa porte, mais rien ne se passa.
Helari entendit alors des voix derrière sa porte :


-On ne peut pas le mettre ici, pas avec elle ! Il avait dit qu’elle devait rester seule, sinon ça ne marcherait pas ! dit une voix faible.

-Tant pis, c’est ça où on en met trois dans une cellule, et c’est trop risqué ! Il n’avait qu’à pas nous faire garder tant de prisonniers ! répondit sèchement l’autre.

-Mais...Il…

-Peut m’importe, on m’a donné la charge de cette prison, c’est donc moi qui décide, et j’ai dit qu’on en mettait pas plus de deux ensemble. Tant pis si il n’est pas content ! De toute manière, si tu ne lui dis rien, il n’en saura rien ! Si il l’apprend, je te fais enfermer avec la sorcière, elle est tellement étrange qu’elle mangera le peu de chair que tes pauvres os pourront lui offrir ! Maintenant, ouvre-moi cette porte.


La porte de la chambre s’ouvrit, Helari feint de dormir. Le bruit sourd qu’elle avait entendu des autres cellules se produit aussi ici, puis la porte se referma. Quelque chose était tombé au sol.
Inquiète elle, se leva et ne bougea pas. Après un moment d’hésitation, elle dit :


-Qu’est-ce que c’est ? Il y a quelqu’un ?

Elle considérait son aveuglement comme un véritable fléau.

-Eh oh, reprit-elle.

Pas de réponse. Elle s’avança alors prudemment, à tâtons vers l’endroit où elle pensait que la chose était. Qu’est-ce que c’était ? Helari n’en avait aucune idée. La peur l’emporta sur le peu de lucidité qui lui restait, elle s’imaginait déjà acculée contre le mur, agressée sauvagement par une goule qui lui rongerait les os, et la laisserai agoniser seule entre ces quatre murs. D’ailleurs, elle ne s’en était pas rendu compte, mais elle s’était instinctivement collée au mur. Revoyant mentalement la scène qu’elle venait de s’imaginer, elle s’en éloigna aussitôt et cessa tout mouvement, écoutant attentivement le moindre son qui pourrait trahir un mouvement.
Après un moment, elle décida de s’approcher. Son pied se posa soudain sur une surface plus molle que le sol, la chose de dégagea rapidement, tandis qu’on grognement se faisait entendre :


-Aie ! s’exclama une voix d’homme.

-Oh, désolée ! Je….je ne vous avais pas vu…

-Vous êtes aveugle ou quoi ?

-Il semblerait que ce soit le cas,
répondit sèchement la Moniale.


Helari ne bougeait pas, elle regardait dans le vide, mais savait que ses yeux étaient orientés vers l’homme. Elle savait également qu’il la dévisageait. Elle se tourna vers le fond de la cellule alors qu’il se relevait :

-Arrêtez de me regarder comme une pauvre déjà-morte, dit la Moniale d’un ton sec.

- Comment pouvez-vous savoir que je vous regarde si vous êtes aveugle ? grogna-il.

-On m’a peut-être privée de mes yeux, mais j’ai réussi à garder ma tête, murmura-t-elle. Qui êtes vous, comment êtes vous arrivé ici ? Questionna-t-elle tandis qu’elle s’asseyait sur sa couche.

-Je m’appelle Idrial de Khand, Guerrier de Kormir, et je suis arrivé ici en cage, comme vous je suppose…

-Ce n’est pas ce que je voulais savoir, et je pense que vous le savez.

-Vous m’avez l’air bien agressive….Vous devriez vous réjouir d’avoir de la compagnie. Et vous, qui êtes vous ?

-Je peux vous assurer que vous allez très vite comprendre comment l’apparente beauté de cette cellule peut se transformer en torture. Quoi qu’il en soit, veuillez pardonner mon comportement, je ne sais pas depuis combien de temps je suis enfermée, faible et seule, mon humeur est aiguisée…D’ailleurs, vous le ressentez vous ?

-De quoi ? Votre mauvaise humeur ? Bien sûr que oui !

-Nan, pas ça…Le drain, le blocage…

-Hein ?

-Non rien, pas grave…


Ce guerrier devait avoir autant d’affinité avec la magie qu’elle avec les cheveux d’un Asura.

-Ils vous ont torturée ?

-Non, je me demande ce qu’ils attendent…Peut-être vont-ils me laisser ici, jusqu’à ce que je perde la raison et que je m’étrangle avec mes propres mains, parait-il qu’ils aiment ce genre de châtiments…

-Dans ce cas, ils vous ont frappé…


-Non plus, mentit-elle, trop fière pour avouer sa faiblesse.

-Très bien. Dans ce cas, la prochaine fois que vous vous cognez la tête dans le mur, pensez à vous nettoyer le visage, dit-il en ricanant. Le sang, même s’il est assorti à votre vêtement, est trop visible sur votre visage, les hématomes aussi d’ailleurs…


Elle porta vite une main à l’endroit où elle avait saigné, et pris un air accablé.

-C’est si visible que ça ? murmura-t-elle.

-Oh oui…

-Peut m’importe,
coupa-t-elle. Je garderai les traces et les arborerai fièrement comme des trophées. D’ailleurs, si vous tenez à la vue, restez éloigné de la fenêtre lorsqu’ils arriveront, ils n’aiment pas qu’on regarde dehors…

-Vous ne m’avez toujours pas dit votre nom…

-Vous trouvez vraiment nécessaire de le connaitre ?
rétorqua-t-elle

-Vous m’avez bien demandé le mien…

-Bon, d’accord….appelez-moi Helari,
dit la Moniale qui reprenait un ton posé. Comment êtes vous arrivé jusqu’ici ? Si ça ne vous dérange pas d’en parler…

-Non non, pas de soucis. J’effectuais une mission en Kryte quand je suis tombé sur une troupe de Morts-Vivants dirigée par un certain Lord Timot. Ma troupe a donné l’assaut, nous avions la certitude de remporter la bataille. D’un point de vue stratégique, nous étions imbattables : ils étaient coincés dans un cul-de-sac, et nous avions plus de puissance qu’eux. De plus, l’effet de surprise produit par notre irruption était un sacré avantage. Ça a été un vrai massacre. Ils sont tous morts. Je suis le seul qui a survécu, et encore, c’est parce que ces monstres ont voulu faire de moi leur prisonnier…

-Mais…ils vous ont battus ?!

-Exterminés est le bon mot. Nous nous sommes approchés, et très vite j’ai regretté. Ils devaient être au courant, je ne sais pas, mais ils nous ont piégés. Nous nous sommes engouffrés dans le passage arme au poing. En quelques instants, nous étions coincés, pris en tenaille : une horde de goules affamées est sortie de terre derrière notre bataillon. Nous nous en sommes rendu compte après que quelques uns d’entre nous étaient tombés. La suite…pas vraiment besoin d’expliquer…l’affolement, les rangs rompus, une lutte sur deux fronts. D’un côté, ces crevettes qui mordillaient les mollets de mes hommes, de l’autre, nous avions affaire à Lord Timot et ses acolytes. J’ai compris que notre heure est arrivée quand la tête de mon commandant second est tombée de son cou. Inutile de vous raconter les détails de l’horreur de la scène…Quand à moi, mes soldats ont donné leurs vies pour conserver la mienne. « Un lancier du soleil ne combat jamais seuls » criaient-ils en mourant. J’ai résisté autant que possible, jusqu’à ce qu’un de ces gros taureau bipède me fasse poser le genou à terre avec son marteau. Ensuite, j’ai eu le droit au petit tour en calèche, comme vous je suppose.


Helari avait écouté le récit avec attention…elle était tellement captivée qu’elle ne répondit rien. Captivée, mais surprise aussi par la façon qu’avait ce Général de raconter sa défaite. Il y semblait insensible, distant, froid, comme si cela ne le concernait pas, ce qui était incompréhensible venant de quelqu’un autant gradé.

-Ils vous ont amené en cage vous aussi ? Redemanda-t-il.

-Euh oui…Enfin, peut-être. Ces monstres sont horribles, ils vont payer !

-Eh bien, vous ne les portez pas dans votre cœur. Mais bon, ce n’est pas d’ici que vous pourrez faire grand-chose…Comment vous ont-ils capturée vous ?

-C’est compliqué.

-Vous ne voulez pas en…


Helari leva sa main gauche, imposant le silence à son compagnon de cellule. Du bruit venait du couloir. La porte de la cellule s’ouvrit.

-Désolé de vous déranger en pleine conversation, dit une voix mielleuse. Il va falloir venir avec moi Madame, continua la voix tandis qu’un bruit de chaine se faisait entendre.

Helari ne voyait pas la créature qui venait d’entrer. Le dos voûté, vêtu d’un haillon noir, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, destinée à servir les morts-vivants jusqu’à sa propre mort. Son visage ne ressemblait à rien, il était déformé, l’une de ses arcades sourcilières était écrasée sur son œil, probablement le résultat d’une fracture laissée telle qu’elle. Ses bras étaient maigres, et elle semblait avoir du mal à porter ses chaînes. Idrial se leva, et s’avança vers la créature :

-Laissez nous partir, regardez vous, vous ne faites pas le poids. Nous sommes deux, et je peux vous broyer d’un revers.

-Non, vous ne pouvez pas. Vous êtes immobilisé maintenant, et Madame va me suivre, répondit l’autre.

-Eh ! s’exclama le guerrier, C’est froid ! Retirez cette glace de mes jambes !

-Pas tant que la porte ne sera pas fermée, murmura l’esclave d’un ton sarcastique. Va-t-elle venir ?
ordonna-t-il à Helari.

-Tout va bien Idrial ? murmura Helari.

-Oui oui, je suis juste un peu refroidi…

Résignée, la Moniale se leva, et se dirigea à tâtons vers la sortie. Le cliquetis des chaînes se fit entendre de nouveau.

-Vous savez, je ne vois rien, les chaînes ne sont pas nécessaires…

-Tant pis, je les lui mets quand même,
répondit doucement la voix.

-Certainement pas non, je refuse, je ne me laisserai pas faire.

-Oh lala…


Helari fut saisie, et les chaines se refermèrent rapidement sur ses poignets.

-En avant !
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Helari
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MessageSujet: Re: [Récit] Emprisonnée   Dim 25 Oct 2009, 22:39

Une longue promenade allait commencer. Helari ne voyait rien, mais elle devinait l’allure de l’endroit. C’était un long couloir, large et vide à en croire la résonance de ses pas. De chaque côté du couloir, il y avait d’autres cellules, certains détenus intrigués par les bruits de pas dans le couloir rugissaient ou frappaient sur les portes de leurs chambres de détention. Son guide s’arrêta pour sortir un trousseau de clés. Il ouvrit une porte, qu’il fit passer à Helari. Lorsqu’il l’eût refermée, il reprit de sa voix doucereuse :

-Elle sait ce qui va lui arriver, n’est-ce pas ?

-Hein ? grogna Helari.

-Elle sait où elle va ?

-Qui ?

-Madame…Les marches.

-Moi ? Vous ne pouvez pas parler comme tout le monde ? demanda la Moniale, qui manqua de perdre l’équilibre tandis qu’elle entamait la descente d’un escalier.

-Alors ? Le sait-elle ?

Helari percevait de plus en plus de sadisme dans cette voix amusée.

-Non. Arracher la tête de vos ignobles enfants certainement.

-Ils ont raison sur un point, elle est atrocement vilaine…Elle ne parlera plus de mes enfants après ça.

-Les ténèbres de cet endroit semblent avoir embrumé l’esprit de la créature que vous êtes…

-Elle aurait pu être ma femme…Ah, il y en a déjà ici, dit-il alors que l’escalier se terminait.

-De quoi ?

D’une voix étonnamment puissante, celui avec qui elle marchait depuis plusieurs minutes s’exclama :

-Prenez les chaînes ! En salle de travail !

Helari fut tirée en avance, l’allure de ses nouveaux gardes était bien plus vive que celle de l’être à la voix mielleuse. Elle déduit au son de leurs pas que leur gabarit était également bien plus important. Une porte s’ouvrit sur sa droite :


-C’est ici, merci, retournez là d’où vous venez, dit une nouvelle voix tandis que les chaînes changeaient encore de mains.

Helari fut conduite dans une nouvelle salle. Là elle fut allongée et attachée à une table.

-Voilà, dit une voix caverneuse. A plus tard.

Les bruits de pas s’éloignèrent, on ferma la porte, puis plus rien. Le silence régnait dans la pièce, Helari n’entendait que le souffle de sa respiration.


-Eh ! cria-t-elle. Ne m’oubliez pas surtout, j’ai ma ration de pain à prendre dans ma cellule bientôt ! Connaissant mon compagnon de détention, il risque de tout manger. Si je meurs de faim, vous aurez ma mort sur la conscience. Imaginez-vous quand même le scandale. Vous seriez punis par vos maîtres si je meurs, imaginez les châtiments qu’ils pourraient vous infliger pour avoir tué Helari De Clonak, la Grande Sorcière aux pouvoirs dévastateurs ! Ils veulent se garder ce privilège, qu’est-ce que vous croyez ! Vous ne réagissez pas ? Je peux parler toute seule longtemps vous savez. On m’a toujours dit que j’étais bavarde. D’ailleurs, à l’académie, les protectrices me punissaient souvent car je bavardais avec Djinn. C’est un brave homme, mais un peu maladroit, il a toujours vécu dans la crainte de ne pas pouvoir sauver les autres, et du coup, il rate tout ce qu’il entreprend. Je crois qu’il est comme ça depuis son enfance, quand il n’a pas réussi à sauver un oiseau qui s’était cassé une aile dans la cour. Le pauvre, il a été traumatisé. Et même si il ne connaissait pas l’oiseau, il était désespéré pour sa famille…Trop naïf qu’il était…l’enfance vous savez, des fois en y repensant, on se demande ce qui peut nous passer par la tête à cet âge là…

Helari continua de parler ainsi pendant un long moment. Ce n’est que lorsqu’elle commençait à aborder l’importance de l’équilibre du poids dans la confection d’un bâton, en prenant pour référence la distance entre la base de l’arme et la hauteur de la jambe de son possesseur que quelqu’un entra dans la pièce.

-Ah, quelqu’un daigne enfin venir s’entretenir avec moi ? Ironisa-t-elle.

-Silence Sorcière. Je pose les questions. Tu réponds, ni plus, ni moins.

-Et si je ne…Aïe !! S’exclama-t-elle soudainement alors qu’une douleur intense pointait dans le bas de son dos, sur sa colonne vertébrale, un pic était sorti de la table et dépassait d’un centimètre.

-Il vaudrait mieux que vous vouliez. Donc, j’ai besoin de réponses. Pourquoi les hommes des bois que sont vos amis ne nous ont pas laissé entrer dans les arbres ?

-Quoi ? dit-elle surprise. Il ne manquerait plus qu’on vous accueille à bras ouverts, et que l’on prépare un banquet en votre honneur. Les hommes vivants n’aiment pas les hommes morts, car les morts n’ont rien à faire debout. De plus, votre présence aux Sylvecimes souille les terres, Melandru ne tolèrerait certainement pas votre présence. Et enfin, c’est vous qui avez attaqué, votre irruption massive dans notre havre de paix ne peut être considérée autrement. D’ailleurs, pourquoi venir aux Sylvecimes, qu’êtes vous venus chercher ?

-Nous sommes nombreux, ce territoire proche de la Kryte était idéal.

-Oh non, rétorqua-t-elle. N’essayez pas de me faire croire que vous manquez de place, vous n’avez besoin de rien, vous n’avez rien à faire en ce monde, et vous êtes bien trop dirigés par vos intérêts pour oser faire croire à une tentative d’unification de votre force dans le but de conquérir un territoire.

-Où cachez vous la Liche ?

-Donc vous êtes venus chercher quelque chose !

Le pic grandi un peu plus, augmentant la pression sur la colonne de la Moniale.

-Retirez cette chose, je vais me faire mal à force !

-Répondez ! Rugit l’autre, tandis que le pic grandissait un peu plus.

-Mais, je ne sais pas de quoi vous parlez ! Quelle liche ? Les Sylvecimes sont le Joyaux de Mélandru, pas le cimetière des affreux !

Le pic grandit encore un peu.

-Ne mentez pas ! Les soldats ont dit que quelqu’un avait hurlé votre nom quand nous vous avons faite captive ! Nos maîtres savent qui vous êtes, savent que vous êtes dans les secrets des protecteurs de la forêt.

-Je ne suis en rien au courant d’une histoire de liche, comme tout être vivant là bas. Ce serait folie de croire qu’une Liche s’y trouve !

Le geôlier asséna un violent coup sur le visage d’Helari qui saigna de la lèvre pour la deuxième fois depuis quelle était arrivée ici. Le pic grandit encore, il était plus grand que le pouce et avait déchiré la veste de l’armure Kurzick d’Helari.

-Vous me la rembourserez ! Que vous le vouliez où non !

-Répondez ! Hurla la créature dont la voix était devenue démente.

-Je ne sais pas de quoi vous parler, dit Helari de façon mécanique.

Le pic grandit encore. C’était trop pour Helari qui était forcée de cambrer son dos pour éviter que la pointe n’agrandisse l’entaille qu’elle venait d’ouvrir. Lasse de la situation, Helari voulait y mettre fin. Elle força sur ses jambes pour soulever son bassin et feindre une tentative de redressement. La créature perdit patience :

-Couchée ! hurla le mort-vivant.

Helari eu le temps de faire ce qu’elle avait prévu, d’un mouvement du bassin, elle se décala pour ne pas s’enfoncer le pieux dans la colonne, et élança son dos vers la table. L’objet la perfora, elle hurla de douleur et de joie. L’entretien s’arrêterait là.

-Pauvre folle !

Helari riait aux éclats, elle voulait leur montrer qu’elle aussi pouvait avoir l’air dément, et ça semblait faire effet.
Le mort-vivant sorti de la salle, et aboya dans le couloir qu’on aille chercher ‘le Trainard‘.
Quelques minutes plus tard, Helari n’avait pas bougé pour limiter le saignement. Des voix se firent entendre dans le couloir, on réclamait d’aller plus vite. Les inconnus entrèrent dans la salle. On détacha les liens d’Helari qui fut saisie aux bras et aux jambes. D’un seul mouvement, elle fut retournée face contre la table.


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MessageSujet: Re: [Récit] Emprisonnée   Lun 05 Avr 2010, 16:48

-Alors, elle a voulu rire ? Murmura la voix mielleuse de la créature qui l’avait guidée hors de sa cellule. Elle doit aimer ça, la souffrance…Il faudrait voir si elle aime ça, et il faudrait voir si elle aime voir les autres souffrir…Elle rigolerait toujours autant, j’en suis sûr…

-J’avais demandé tes enfants, pas un malheureux pic, sale monstre.

-Silence ! Coupa le mort-vivant qui lui avait posé les questions. Fais ce que tu as à faire Le Traînard, et vite !

Aussitôt, Helari fut de nouveau transpercée, la douleur était insupportable. On la recousait la chair à vif, sans prendre soin de ne pas lui faire mal. Les mouvements étaient secs et violents, destinés à être douloureux.

-Ils forment des couturières chez les morts-vivants maintenant ? dit-elle en grinçant des dents.

-Elle devrait réfléchir autrement. Elle devrait se douter que je ne suis pas un mort-vivant…murmura Le Traînard. C’est terminé, déclara-t-il fièrement.

- Alors va-t’en ! Cracha le mort-vivant qui semblait diriger. Qu’on la prépare à son châtiment, étudions les extensions que sa peau est capable de faire. On verra aussi si Le Traînard a bien fait son travail.

Une autre machine fut installée à la table d’Helari. La Moniale imaginait le tout d’un air mi-amusé, mi-affolé. On plaça une plaquette de métal de chaque côté de ses hanches. L’objet était aussi grand que l’espace entre ses plus basses côtes et le haut de son bassin. Reliées à des barres de fer, ces plaquettes étaient manipulées par deux gros Exécuteurs, qui pouvaient les enfoncer dans les hanches d’Helari à leur guise.

-Cette invention, Sorcière, va comprimer vos hanches de plus en plus fort. Vous risquez d’avoir mal si vous faites durer la séance…Resserrez un peu, réclama-t-il.

Les plaquettes se collèrent aux hanches d’Helari, dont on avait retroussé la veste pour que le métal soit en contact direct avec la peau. Son contact fit frissonner la Moniale, comme si la plaque avait été refroidie volontairement. Ce frisson était un signe, elle était fatiguée, et bien consciente que les ennemis n’arrêteraient pas leurs tortures de si tôt. L’angoisse s’emparait d’elle lentement au fur et à mesure que les secondes passaient. Malgré l’inquiétude qu’elle commençait à ressentir, elle devait rester impassible, ne rien lâcher. Soufflant calmement pour se redonner de la contenance, elle attendait la suite.

- Alors, allez-vous enfin répondre à ma question ? Où cachez vous la Liche, où cachez vous notre roi ?

- Je ferais installer des pics à l’entrée de ma demeure, et j’y planterai vos membres,
répliqua Helari.

-Vous savez où se trouve Reza, mais vous ne voulez pas le dire parce que vous craignez sa puissance ! S’écria-t-il alors que les plaquettes avancèrent beaucoup, d’un coup sec.

La pression qu’elles exerçaient était telle que la respiration de la Moniale en était altérée.

-Nous ne craignons rien, et je pense que le pic qui soutiendra votre tête sera en ébène, un honneur pour vous non ?

Les plaques pressaient très fort désormais, Helari souffrait mais tenta de le dissimuler. L’une des plaques, mal placée, appuyait sur le bas de ses côtes.

-Qu’en est-il de la progression de votre armée ? Quand je suis partie des Sylvecimes, je dois dire que vos rangées de cadavres avaient bien du mal à faire quelques pas sans être criblés de flèches. Il semblerait qu’il y ait un problème dans votre plan d’attaque…vous ne trouvez pas ?

-Assez ! Est-il donc impossible de vous faire avouer quoi que ça soit ? hurla-t-il.

-Évidement que oui…souffla Helari, alors que la pression exercée par les plaques augmentait.

Cette fois-ci, c’était trop, elle laissa échapper un cri de douleur.

-Parlez !

-Non ! Jamais !


L’une des créatures qui contrôlait la machine grogna, et la plaquette de droite s’enfonça brutalement dans la hanche d’Helari, brisant la côte sur laquelle elle s’appuyait. Helari hurla de douleur et de colère, incapable de se soigner. La rupture de l’os avait entrainé un enfoncement de la plaquette, et avec la pression, sa plaie fraichement recousue se rouvrit.

-Va mourir ! Hurla-t-elle avant de s’évanouir.
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Helari
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MessageSujet: Re: [Récit] Emprisonnée   Lun 05 Avr 2010, 16:48

Lorsqu’elle se réveilla, la Moniale était allongée dans sa cellule, Idrial, adossé au mur la regardait d’un air inquiet. Elle avait été recousue et on lui avait enveloppé la poitrine dans un tissu serré, pour ses côtes.
Une prisonnière, c'est ce qu'elle était. Voilà certainement plusieurs jours qu'elle était enfermée, enfin, c'est ce qu'elle supposait, d'après les repas qu'elle avait eu. Ils lui feraient endurent n'importe qu'elle souffrance pour obtenir une réponse. Seulement, ces monstres faisaient fausse route, Helari en était sûre. Malgré cela, elle savait qu'elle allait souffrir, et cela l'effrayait. Il n'y avait aucun moyen de s'enfuir, aucun moyen d'affronter l'ennemi. Elle était prise au piège, seule et sans défenses. Elle en était même arrivée à se demander si elle survivrait à cela, si cela valait la peine d'essayer de lutter dans l'espoir d'être un jour libérée. D’abord le pieu, maintenant avec une côte brisée, quel serait leur prochaine invention pour la torturer ? Elle n’en avait pas la moindre idée, mais elle se doutait que plus elle résisterai, plus ils la feraient souffrir.

-Ça va aller ? demanda le Guerrier.

-On va faire avec…

-Que voulaient-ils ?

-Des informations, sur les Sylvecimes. Ils sont en plein délire !
s’exclama la Moniale.

-Il faudra que vous m’expliquiez un jour ce que sont les Sylvecimes, j’ai du mal à comprendre…

-C’est un domaine, une grande forêt, je fais partie d’un groupe de gardiens, et nous veillons sur les habitants des Sylvecimes, un peuple très ancien,
dit-elle rapidement, comme s’il s’agissait de la révélation d’une évidence.

-Et les morts vivants vous ont attaqué, c’est ça ?

-Exactement…Ils m’ont demandé où nous cachions le cadavre d’une liche dont je ne connais pas l’existence. C’est n’importe quoi !


Leur discussion fut une fois de plus interrompue. La porte s’ouvrit et une voix qu’Helari commençait à bien connaitre se fit entendre :

-C’est l’heure Sorcière, l’heure d’avouer, l’heure de mettre fin aux supplices…

-Non,
déclara fermement Idrial. Vous ne pouvez pas continuer à la torturer, vous allez la tuer à force !

-Mais…c’est l’honneur que reçoivent les prisonniers qui ne coopèrent pas.

-Je ne vous laisserai pas la remmener.

-Mais votre avis m’importe peu…
murmura sournoisement le Traînard.

-Je sais où est enterrée la Liche, au Sylvecimes. Laissez la tranquille, et je vous dirais tout. Emmenez-moi à sa place.

-Non !
s’exclama Helari. Vous êtes fou !

-Pas plus que vous Helari,
rétorqua le Guerrier. Alors ? Acceptez-vous ma proposition, dit-il à l’autre.


-Mhhhmmm….Je reviens.

La porte se referma. Helari, déconcertée, prit aussitôt la parole :

-Mais ! Vous cherchez les ennuis vous ! Que croyez vous qu’ils vont vous faire une fois qu’ils auront compris que vous ne savez rien du tout ! Ils ne vont certainement pas vous remercier de votre collaboration et vous permettre de rentrer chez vous ! Ce que vous avez fait est stupide !

-Peu importe, au moins, vous avez un moment de répit. Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais m’en sortir.

-Que savez-vous de ce dont ils sont capables ? Il faut vraiment avoir le cerveau creux pour agir ainsi !

-Je ne vous demande pas votre avis.


La porte se rouvrit.

-C’est d’accord, mais attention, n’essayez rien, vous risqueriez de le regretter, déclara le Traînard en plaçant les chaines autour des poignets d’Idrial. En avant !
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Helari
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MessageSujet: Re: [Récit] Emprisonnée   Lun 05 Avr 2010, 17:07

La porte se referma, laissant Helari seule avec ses pensées. Ce brave Guerrier allait mourir bêtement. Et c’était sa faute.
Elle était à bout, désemparée. Incapable de faire quoi que ce soit, elle s’abandonna à la peur. Où était-elle exactement ? Jamais elle ne le saurait. Elle qui pensait finir paisiblement sa vie aux Sylvecimes. La réalité était bien différente, elle mourrait dans la noirceur de cette prison, sans jamais avoir pu revoir quoi que ce soit, sans que personne ne le sache. Elle avait froid, était anéantie, méconnaissable. Le teint livide de fatigue et de peur, l’allure morne, le visage encore abîmé par les coups qu’elle avait reçu.
Le peut de nourriture qu’on lui apportait ne suffisait plus à tenir le compte des journées passées ici. Le temps paraissait inflexible et long, et cependant, tout semblait aller si vite. Peut-être était-elle enfermée depuis quelques jours seulement ? Une semaine ? Deux au maximum peut-être. Impossible à dire.
Ce moment d’abattement fut soudainement interrompu, on vint la chercher quelques minutes après le départ d’Idrial. Le grincement de la porte lui glaça le sang.

-C’est l’heure de faire une petite sortie, murmura la voix familière du Traînard.

-Et avec un cadeau en plus, murmura une autre voix.

Peu à peu, Helari cessait d’avoir mal aux côtes et récupérait un semblant de vue. Il ne s’agissait pour le moment que de voir tout noir et trouble, le temps que ses yeux s’accommodent à la pauvre luminosité de l’endroit. On lui passa les chaines autour des poignets.

-Allez, on avance, direction le spectacle.

Helari suivi les deux formes qui étaient de plus en plus détaillées. Celui qui tenait les chaînes, le Traînard, ressemblait un peu aux clercs damnés que l’ont pouvait voir en Tyrie, en plus évolué. Il était une sorte d’homme tout maigre, voire même squelettique, vêtu d’un ensemble de tissus rapiécés noirs, qui flottaient avec légèreté derrière lui. Ses membres étaient recouverts de contusions, et son crâne chauve semblait cabossé. Sur ses épaules étaient posées de nombreuses chaines qui trainaient par terre, produisant un bruit caractéristique de sa présence. L’un de ses bras maintenait les chaines en place sur son épaule, l’autre en tenait une, qui était reliée aux mais de la Moniale.
L’autre était un Mort-vivant, aussi hideux et effrayant que ses congénères. Sa main gauche tenait fermement une petite baguette, à en croire la tension des muscles de sa main, il semblait s’attendre à une tentative de fuite de la Moniale. Mais elle était bien trop faible pour tenter quoi que ce soit, surtout que l’endroit devait être infesté de créatures prêtes à lui bondir dessus.
Ils passèrent une porte et montèrent un escalier avant d’arriver dans une petite salle où les attendaient plusieurs morts-vivants. Cette salle était installée comme un promontoire, avec une grande ouverture qui donnait vue sur une autre petite pièce, qui ne contenait qu’une table en métal.

-Ah ! Bonjour, déclara l’un des occupants de la salle, qui semblait être celui qui l’avait interrogée sur les Sylvecimes. On va commencer par prendre une petite précaution, il serait dommage que vos braillements nous empêchent de profiter pleinement du divertissement.

Il fit signe à l’un de ses nécromants, qui grâce à un maléfice, rendit Helari aphone.

-Maintenant, approchez, tenez, asseyez vous ici, dit-il en lui désignant une belle chaise avec un haut dossier. D’ici, vous pourrez avoir une bonne vue d’ensemble. C’est bon, on peut commencer, dit-il à son voisin.

Un mouvement attira l’attention d’Helari, quelqu’un entrait dans la petite salle sous elle. C’était Idrial, flanqué de deux grosses brutes qui l’approchèrent de la table, et y attachèrent une de ses mains la paume vers le plafond. Les monstres se placèrent ensuite de chaque côté de la table, marteau en main. Un mort vivant entra et vint se placer face à Idrial.

-Je vous écoute, déclara-t-il sèchement.

-Que voulez-vous savoir ?

-Tout ce que vous savez ! Dites moi où est la liche, et l’interrogatoire prendra fin.

-Et bien…en faite, c’est assez complexe,
dit Idrial, qui arrêta de parler.

-Qu’attendez-vous ? Continuez !

-La liche est enterrée aux Sylvecimes.

-Je sais ça, je veux des détails.

-Je ne vis pas aux Sylvecimes depuis très longtemps…sans une bonne carte, je suis incapable de vous dire clairement où est enterré votre cadavre.

-Je me contenterai de vos explications, vous devrez faire sans votre carte. Indiquez-moi seulement dans quelle zone chercher, où attaquer. Nous faudra-t-il chercher dans le Slyn ?

-Eh bien, si ce livre peut vous aider, oui, vous pouvez chercher des informations dedans, mais personnellement, je ne pense pas que vous trouverez quoi que ce soit dans un livre,
essaya le Guerrier, qui n’avait aucune idée de ce que pouvait être le Slyn.

-D’accord. Bien. C’est comment les Sylvecimes ? Demanda sournoisement le mort vivant.

-Bah, comme toute grande forêt, c’est plein d’arbres ! Il y a une petite bute que j’aime bien grimper pour garder la forme, la colline du Gallet Vert.

-Dommage pour toi,
déclara le mort vivant qui leva son bras droit. Allez-y.

La brute qui était à droite de la table abattit son marteau sur la main d’Idrial, qui hurla de douleur. Ses jambes fléchirent, il était à genoux, le bras en l’air, la main toujours fixée sur la table. Helari avait fait un bond sur sa chaise en voyant le coup être porté. Idrial se releva laborieusement, son interrogateur leva son autre bras et dit :

-A votre tour maintenant, assurez-vous qu’elle soit bien cassée.

L’autre monstre frappa à son tour la main d’Idrial, qui hurla de plus belle.
En haut, dans la salle d’observation, le nécromant qui avait retiré sa voix à Helari ricanait. Tous ceux qui entouraient la Moniale arboraient un sourire, dévoilant leur pauvre dentition ou même directement le fond de leur bouche.

-Peut-être nous diriez vous la vérité si l’on continuait à briser ce pauvre malheureux ?

Helari, dont la voix n’était toujours pas revenue, ne bougea pas.
En bas, le mort vivant déclara :

-Bien, vous avez essayé de nous duper, mais nous ne sommes pas aussi idiots que vous semblez le croire ! Détachez-le, et faites-en ce que vous voulez ! S’exclama-t-il avant de sortir de la salle.

Helari s’était levée pour regarder, le Guerrier qui était un peu affolé regardait partout, et finit par croiser son regard. Sa main se libéra, il la plaqua contre son torse comme si c’était un nouveau né et s’écarta des deux monstres, décidé à essayer de résister.
La Moniale, qui avait remarqué son intention ne perdit pas de temps. Avant que le Traînard ait eu le temps de réagir et de tirer sur ses chaines, elle saisi sa chaise, et la fit passer par l’ouverture. L’objet se brisa contre le sol, offrant au Guerrier une panoplie d’armes.

Idrial se retrouva seul face aux deux grosses brutes. Il attrapa le plus grand débris de chaise et s’élança sur l’un d’eux. Son arme, peu dangereuse, ne fit que l’érafler, et il eu tout juste le temps de reculer pour éviter un coup de massue. Dans un mouvement circulaire que lui-même ne maîtrisait pas, le Guerrier arriva à atteindre un œil de la créature, qui hurla de rage. L’instant d’après, il fut frappé à la tête et tomba au sol. Maintenu en place, il ne pouvait plus rien faire. Du haut de la salle, un mort-vivant s’exclama :

- Merci pour le divertissement ! Réfléchissez plus la prochaine fois, même si il n’y en aura pas. Allez, enchainez-le dans la cellule du souterrain, hurla-t-il aux gros taureaux. Qu’il n’en sorte jamais ! Il y pourrira, mourir de faim lui apprendra qu’il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.

Helari n’eut pas le temps de réfléchir à l’utilité de son geste, les morts vivants qui l’entouraient s’étaient levés. Elle fut projetée au sol, attrapée, puis trainée jusqu’à sa cellule.
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